Emotions

Récréation 6 : Des escaliers à Paris

Jean-Marc Barr n’a pas fait que Le Grand Bleu dans sa carrière, il s’est essayé également avec un certain talent à la réalisation, et s’est même une fois conformé au Dogme95 dans Lovers, un film de 1999 avec Elodi Bouchez (qui est une des actrices françaises que je préfère. Dans cette scène, Jeanne (Elodie Bouchez) et Dragan (Sergei Trifunovic) se disent adieu comme ce dernier, immigré clandestin, va être expulsé.  Puis Jeanne remonte chez elle, et le choc de la séparation s’abat progressivement sur elle… Sans doute une des scènes d’adieu les plus chhargée en émotion que j’ai vu au ciné.

On notera qu’en 1999, le problème des expulsions et des drames humains qu’elles génèrent était déjà d’actualité. Et depuis ça n’a fait qu’empirer…

Un dessin de Pénélope Jolicoeur

le dessin est là:

Moui, ça pue…

M’enfin en janvier 2008, faudra remplacer PMU par « la rue », vu que ce sera le dernier endroit où nous autres drogués auront encore le droit d’en griller une. Enfin… jusqu’à la prochaine loi.

Je pense que ça commencera par l’interdiction dans les jardins publics et dans un périmètre d’un kilomètre autour des lieux d’enseignement (pour pas enfumer les têtes blondes, enfin voyons, soyez raisonnable vous voudriez pas faire du mal au enfants), avant l’interdiction pure et simple dans tout lieu autre que son domicile.

Et puis la loi se durcira, et il faudra bientôt disposer d’un appareil spécial chez soi, pour être autorisé à fumer sans risquer d’enfumer ses voisins. Les cigarettes ne seront alors plus vendues que sur la production d’un certificat délivré par la préfecture de police, après vérification que l’appareillage adéquat a bien été installé.

Le permis de fumer sera alors soumis à une visite médicale (non remboursée par la SS) périodique de vous et de tous vos proches et pourra vous êtes retiré sans autre forme.

Bientôt, on établira des ZDF (Zones Domiciliaires Fumeur) loin de la périphérie des grandes villes, seuls endroit où les drogués du tabac seront autorisés à habiter (entre eux). Des contrôles seront effectués aux sorties de ces zones par des milices d’Etat chargées de s’assurer que les fumeurs n’essaient pas de faire sortir en douce le produit interdit de la zone pour en fumer une ailleurs qu’a un endroit autorisé.

Une fois ces restrictions bien entrées dans les moeurs, il deviendra simple de procéder à l’interdiction totale, et d’appliquer de lourdes peines de prison aux contrevenants, puis de rétablir la peine de mort pour les trafiquants de tabac.

Moi je m’en fous, je serais mort avant d’une des multiples affections provoquées par la consommation effrénée de l’herbe à Nicot, ayant joyeusement empuanti l’atmosphère autour de moi tout au long de mon existence, sans aucun remords ni aucun égard pour les nombreuses victime de cancer du poumon que j’aurais infectées à cause de ma répugnante habitude.

Fidèle à moi-même, je refuserais de me faire enterrer, préférant de loin la crémation, en compagnie d’un dernier paquet de cigarette qu’on aura placé sur ma requête dans mon cercueil. Je partirais alors en fumée et en cendres et mon seul regret sera alors de ne pouvoir empuantir une dernière fois ces putains de non-fumeurs qui m’auront fait chier toute ma vie.

Trois bouts de texte dans un carnet

J’allais noter le dernier bout de texte de ce post sur un carnet, ou j’ai retrouvé les deux premiers que j’avais oubliés. Voici donc, les trois d’un bloc:

Le Cri - Edward MunchLa corde pour te lier
la corde pour me pendre
seul ton amour
me retiens
au bord du précipice
l’abime hurle son appel
seuls tes mots me retiennent
eux seuls
ne disparais pas
je… n’existerais plus

(pas de date pas de titre)

 

Un autre, assez ancien également :

Le centre
dans sa tête
le centre
pas entre ses cuisses
le centre
entre ses yeux
brulant
brulants
brulée
Cendres d’imaginaire
résidus d’un désir
si chaud
si intense
si vain

(ni date ni titre non plus)

et un, très court, celui que j’allais noter et qui m’a fait retrouver les deux autres, que je dédie à M. :

Les hyènes
flairent

la chair
trop tendre
pour leurs dents
corrompues.