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Récréation 6 : Des escaliers à Paris

Jean-Marc Barr n’a pas fait que Le Grand Bleu dans sa carrière, il s’est essayé également avec un certain talent à la réalisation, et s’est même une fois conformé au Dogme95 dans Lovers, un film de 1999 avec Elodi Bouchez (qui est une des actrices françaises que je préfère. Dans cette scène, Jeanne (Elodie Bouchez) et Dragan (Sergei Trifunovic) se disent adieu comme ce dernier, immigré clandestin, va être expulsé.  Puis Jeanne remonte chez elle, et le choc de la séparation s’abat progressivement sur elle… Sans doute une des scènes d’adieu les plus chhargée en émotion que j’ai vu au ciné.

On notera qu’en 1999, le problème des expulsions et des drames humains qu’elles génèrent était déjà d’actualité. Et depuis ça n’a fait qu’empirer…

Land of the Blind

Land of the Blind

Vu que la sortie de ce film est notée « prochainement » depuis un an et plus, on finit par se demander s’il sera distribué en France et c’est carrément dommage, parce que c’est un bon film, qui n’est pas sans rappeler des univers totalitaires à la « 1984 ». Enfin, le méchant dans ce film, c’est Donald Sutherland, qui au début est un prisonnier politique dans un empire imaginaire, gardé par le personnage interprété par Ralph Fiennes, qui finira par lui prêter son concours pour abattre (très littéralement) le gouvernement en place.

Devenu un héros de la révolution, Fiennes commencera à avoir des doutes sur les méthodes employées par le nouveau pouvoir, au point de devenir très rapidement étiqueté comme « traître à la révolution » et traité comme tel.

Enfermé dans un camp de prisonniers, soumis à la torture, autant physique que psychologique, Fiennes, va entâmer la une longue descente aux enfers qui ne prendra fin qu’avec la fin de la révolution, plusieurs années plus tard.

La fin pourtant, n’est pas si heureuse que cela, et bien des vicissitudes attendront encore cet homme avant qu’il ne trouve enfin une sorte de paix…

Les acteurs jouent superbement, le drame qui se nouent lentement, sur plusieurs années, superbe.. La photo et les décors, magnifiques (le soin apporté en particulier aux fausses images d’archives, genre « Pathé Ciné » des années 30). On se demande franchement pourquoi un film comme ça, qui a vraiement tout pour faire, peut-être pas un tabac, mais du moins une belle carrière en salle, ne sort pas (même en DVD ici)

Et on loue le fait qu’il existe des voies détournées pour pouvoir apprécier ce petit chef d’oeuvre qui resterait autrement quelque part au fond des tiroirs d’un distributeur comme tant d’autre films moins chanceux.

Fired!, une autre petite perle vue ce week-end

Fired!Dans la série les films que vous n’irez pas voir au ciné, Fired! a peut-être une petite chance de sortir en France (encore que si l’on en croit la fiche allocine.fr du film, cette chance soit des plus réduites. Rassurez-vous bon peuple, amazon est là pour vous faire découvrir cette petite perle documentaire. (à vrai dire il vous faudra patienter jusqu’au 5 juin, date de sortie officielle du DVD (zone 1) et si vous êtes trop impatients, vous pouvez toujours le chercher… ailleurs mais je vous ai rien dit).

Quoiqu’il en soit, le film commence avec sa scénariste, Annabelle Gurwitch, se faisant virer de la production d’une pièce par Woody Allen (dont je ne vais pas vous faire l’injure d’inclure un lien vers sa fiche IMDb, faut pas pousser), et plutôt que de sombrer dans la dépression notre héroïne décide d’en tirer une expérience positive. Elle commence à interroger autour d’elle ses amis comédiens, et bientôt en tire un spectacle (joué à L/A., repris à New York, annuellement avec de nouveaux intervenants), qui deviendra un livre, puis plus tard ce film.

On s’est tous fait virer un jour ou l’autre, d’une manière plus ou moins propre, plus ou moins drôle. Tout le monde est à même de ressentir ce que raconte les personnes dans ce film, parce que la même chose nous est arrivé. Mais quoique qu’amusant cette satire ne se limite pas à ça. Certaines interviews font froid dans le dos. On en apprend ainsi davantage sur les méthodes utilisées par les gens dont c’est le métier de virer les autres, voire le métier de les virer et de les rendre heureux de l’être. Ça laisse à penser…

Il y a des films qui mériteraient mieux

Poster Find LoveJe viens de voir Find Love, un film indépendant, réalisé par Erica Dunton.

Le scénario n’est pas sans rappeler celui de Brève Rencontre, un classique du genre. Deux parfaits étrangers se croisent dans une salle d’attente d’aéroport, et tombent amoureux l’un de l’autre.

Mais là où le film de David Lean avait obtenu la palme à Cannes en 1945, Find Love lui, a été présenté dans deux festivals (le Slamdance Film Festival en janvier 2006 et le RiverRun Festival en mars de la même année), puis est sorti directement en DVD au Canada. Encore une chance, cette sortie en DVD, parce que sinon, il aurait pu connaître le sort de, par exemple The pornographer : a love story, un film avec quand même Irène Jacob et Martin Donovan, qui lui, n’a même jamais eu les honneurs du STV (straight to video), et doit prendre la poussière quelque part sur les étagères d’une maison de production.

Comme quoi, même un bon casting, n’assure pas forcément la distribution. Et c’est ce qui m’agace. Ici, nous avons un petit film indépendant, avec une histoire émouvante, les émotions des personnages parfaitement capturées, une manière de filmer et de monter le film tout à fait agréable, et quelque part, des financiers décident que non, ce film ne vaut pas une sortie en salle, ni même une distribution en DVD internationale. Chaque année, ce sont le temps et les efforts, les espoirs de milliers de gens qui ont travaillé dur à la réalisation d’un film, qui partent ainsi en fumée.

En attendant, si vous voulez voir ce film là, vous pouvez le trouver sur amazon.ca et nulle part ailleurs. (bon j’admets que vous puissez aussi le trouver ailleurs mais ne comptez pas sur moi pour vous donner l’adresse exacte…)