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Récréation 7 : Diplomatie dans la cuisine

Aujourd’hui, une récréation, une vvraie, avec la délicieuse scène de la cuisine dans les Tontons Flingueurs. Celle là tout le monde l’a vue, et revue, mais ça reste quand même une énhaurme pièce d’anthologie. Je vous laisse déguster…

Récréation 6 : Des escaliers à Paris

Jean-Marc Barr n’a pas fait que Le Grand Bleu dans sa carrière, il s’est essayé également avec un certain talent à la réalisation, et s’est même une fois conformé au Dogme95 dans Lovers, un film de 1999 avec Elodi Bouchez (qui est une des actrices françaises que je préfère. Dans cette scène, Jeanne (Elodie Bouchez) et Dragan (Sergei Trifunovic) se disent adieu comme ce dernier, immigré clandestin, va être expulsé.  Puis Jeanne remonte chez elle, et le choc de la séparation s’abat progressivement sur elle… Sans doute une des scènes d’adieu les plus chhargée en émotion que j’ai vu au ciné.

On notera qu’en 1999, le problème des expulsions et des drames humains qu’elles génèrent était déjà d’actualité. Et depuis ça n’a fait qu’empirer…

Récréation 4 : Un tour à Broadway

Celle là est tirée de All That Jazz de Bob Fosse (1979). La scène s’intitule Air-Rotica, Elle est assez longue (9 minutes) et commence comme une scène de revue tout à fait classique, jusqu’après les deux premières minutes ou le producteur remarque « May be we just lost the Family audience », et un peu plus loin « Now Sinatra will never record it ».

Récréation 3 : Un détour par le Maroc

Aujourd’hui, encore un film en noir et blanc, mais bon sang quel film… Deux scènes rien que pour lui, la première, Ingrid Bergman réclame « As Time Goes By », et dans la seconde, tout la clientèle de Rick’s chante la Marseilaise. Deux scènes qui m’ont toujours donné la chair de poule. (Et j’aurais pu vous sortir « We’ll always have Paris » ou « I think this is the beginning of a beautiful friendship », mais bon, c’eut été peut être un peu excessif.

Récréation

Après tout pour nombre d’entre vous, c’est les vacances, on va donc se faire quelques scènes mythiques, juste pour le plaisir (du moins celles que je peux trouver sur Youtube). Et aujourd’hui un extrait de Bande à Part, ou Claude Brasseur, Anna Karina, et Samy Frey, nous font une très belle démonstration chorégraphique.

La roue du temps s’est arrêtée.

On ne peut pas dire que ce soit une nouvelle fraîche, mais je ne l’ai apprise qu’hier en surfant à la recherche de tout autre chose (des informations sur TOR, the onion router, recherche qui m’a sorti le site de TOR books au passage), Mais voilà, Robert Jordan est mort.

Pour pas mal d’entre vous, je suppose que ça ne signifie pas grand chose, mais chez les lecteurs de fantasy, et particulièrement ceux qui suivaient la série « The Wheel of Time », c’est une nouvelle dévastatrice.

The Wheel of Time, c’est 11 tomes (en anglais, la traduction chez Rivages est découpée en deux tomes par tome d’origine) à ce jour d’environ 1200 pages chacun, d’une histoire aux ramifications particulièrement complexes, avec des douzaines de personnages, des intrigues secondaires, des convergences, parfois sur plusieurs tomes, et un rythme de publication suffisamment espacé pour qu’il soit nécessaire de tout reprendre du début lors de la parution d’un nouvel opus.

Pour un lecteur, même boulimique, The Wheel of time, ce sont des dizaines d’heures émerveillées, à tourner les pages en se demandant ce qui pourrait bien encore se passer. Je sais que la comparaison est galvaudée, mais sérieusement, je n’ai rien lu d’aussi riche dans le domaine de la fantasy depuis Tolkien (et de la fantasy, j’en ai lu pas mal, merci :)).

Et donc, j’y ai passé des heures, guettant la parution du prochain, du moins jusqu’au dixième tome, un peu lassé de reprendre l’histoire en son entier à chaque fois, et songeant que j’allais attendre la parution du dernier épisode pour enfin tout relire de bout en bout.

Seulement maintenant, on ne connaîtra jamais le fin mot de l’histoire, à moins que TOR, l’éditeur de Jordan, ne cède à la pression des fans et ne fasse rédiger par un quelconque tâcheron un dernier roman à partir des notes que celui-ci pourrait avoir laissées.

Ça pourrait apporter un sentiment de conclusion, mais c’est un peu comme le dernier film de Kubrick, monté par un autre, on veut le voir, mais ça laisse tout de même un sentiment d’inachevé, voire de trahison de l’oeuvre.

Quoi qu’il en soit, Robert Jordan a tenu au moins une promesse, celle d’écrire jusqu’à ce qu’on cloue son cercueil.

Une semaine ordinaire en Sarkoland

Le conseil constitutionnel retoque la loi sur la rétention de sureté. Ah on se dit que ça pourrait-être une bonne chose, mais non. En fait la rétroactivité voulue par le nain et sa ministre de l’injustice est déclarée inconstitutionnelle, mais pas la loi. Et donc, la taule sans jugement pour ces gens qui pourraient commettre un crime. Le Canard Enchainé de cette semaine relève que la dite loi s’inspire d’un dispositif similaire en Allemagne, toujours en vigueur, et signé par personne d’autre que le chancelier Adolf Hitler. L’exemple vient de haut…

A propos de sureté, il est toujours question de porter de 32 jours à 18 mois la durée de mise en rétention pour les « étrangers en situation illégale ». Si ça ne vous fait pas bondir, moi ça m’interpelle. Il est tout bonnement question de foutre en taule sans jugement non pas des criminels dangereux, mais des gens parfaitement innocents (vous m’excuserez de penser que d’être un étranger sans-papier, ça ne fait pas de vous automatiquement un délinquant). Le silence de l’opposition (quelle opposition ?) sur le sujet est assourdissant. Camps, vous avez dit camps ?

Sarkoland sort ses muscles à Villiers-le Bel, ça a été commenté en long en large et en travers. Ce qu’on a moins commenté, c’est la réaction de Michèle Alliot-Marie et de son affidée, procureure du Val-d’Oise, Marie-Thérèse de Givry, qui a déclaré que la photo, publiée dans Match, de policiers retournant un plumard avec un gus en slip et menotté «portait gravement atteinte à la dignité humaine». On veut bien la croire. Mais on se demande, c’est de montrer la photo qui est indigne pour l’humain hein ? Pas de foutre le souk dans un apprtement à 6 heures du matin et de menotter les gens en slip ? (En tout cas, y’a des chances que le photographe se fasse virer de Match, vu la sympathie déclarée de l’hebdo pour le nain). A suivre…

Une stat marrante relevée dans Libé : entre 1995 et 2005 on note que 35% des immigrés détenteurs d’un emploi le sont aussi d’un diplôme d’études supérieures, alors que les natifs détenteurs d’un emploi ne sont que 17% dans ce cas… (on ne dit pas si les immigrés en question on trouvé un boulot en rapport avec leurs compétences où s’ils sont plongeurs au Fouquet’s).

Xavier Darcos présente les nouveaux programmes pour l’école primaire. Retour de l’instruction civique et de la morale à l’école. Faudra se lever devant le drapeau, le buste de Marianne, et la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » (c’est pas « Travail Famille Patrie » la devise à la mode ?). Franchement quand on voit la liberté bafouée par des lois déjà votées ou en préparation comme ci-dessus, l’égalité entre les potes de Bolloré et le reste du monde, et le merveilleux élan de fraternité qui porte nos amis au gouvernement dans leurs actions quotidiennes, on se dit qu’ils ont pas honte de vouloir donner des leçons sur le sujet à nos mômes.

Je vous passe la polémique sur la Shoah et les gamins, rideau de fumée sarkozyste, juste une note : et la mémoire des mômes assassinés indirectement par la France au Rwanda on colle pudiquement un mouchoir dessus ? Et celle des victimes du massacre d’octobre 1961 ? Ou les fusillades massives de soldats de la guerre de 14 ?

« Les sectes ne sont pas un problème » selon la directrice de cabinet du nain. Ben voyons…

Un militant de RESF condamné pour outrage au nain (c’était la semaine dernière, mais j’ai accumulé un peu de retard). Il avait comparé la politique de son ministère lorsqu’il était encore à l’intérieur, à celle de Pétain sous Vichy. Fort de son impunité (le président à le droit d’attaquer en justice, mais ne peut, lui, être pousuirvi), le nain à déclenché les foudres. On attend qu’il attaque Alain Badiou qui n’hésite pas lui non plus dans son excellent «De quoi Sarkozy est-il le nom» à comparer la politique actuelle à celle du régime pétainiste dans une démonstration brillante et fondée (d’ailleurs si vous n’avez pas lu ce bouquin, faites une petite note, moi ça m’a quelque peu rassuré sur le fait qu’il existe toujours une pensée de gauche aujourd’hui et que les lavettes du PS (toutes tendances confondues) feraient bien d’en prendre de la graine).

Et pour finir, je me demande si Rama Yade (que par ailleurs je trouve bien mignonne, mais c’est un autre débat) n’en a pas marre de jouer la bonne conscience d’un gouvernement raciste. On devrait changer son titre en « Ministre déléguée pour dire des conneries qui occuperont les journalistes pendant qu’on fait autre chose ».

Tout ça (et plein d’autres, z’avez qu’à lire un peu les journaux au lieu de vous abrutir devant la TV) en une semaine… Je me souviens d’une période où une seule de ces news aurait fait bondir. C’est l’accumulation qui assomme la conscience politique vous croyez ?

La Voie Humide de Coralie Trinh Thi au Diable Vauvert

La Voie Humide de Coralie Trinh Thi au Diable VauvertEn fait de voie, c’est une voix que j’ai découvert à la lecture de ce bouquin, une dont la pureté est pour le moins prenante.

Parler de pureté à propos d’une ex-actrice de porno, ça peut prêter à sourire, et pourtant Coralie Trinh Thi, se livre ici sans concession aucune, sans autosatisfaction.

Le sentiment dominant que je retire à la lecture de ce livre, c’est d’avoir entendu quelqu’un se livrer avec la sincérité la plus absolue, ne laissant dans l’ombre ni ses failles, ni ses souffrances ni ses légitimes motifs de fierté.

Le style est fluide, le ton âpre parfois, et je me suis surpris à plus d’une reprise à m’arrêter sur un paragraphe particulièrement touchant et à le relire plusieurs fois d’affilée pour en tirer tout le sel. Je ne parle pas là des nombreuses descriptions à caractère sexuel qui émaillent toute la première moitié du livre, où elle décrit son ascension et sa carrière dans le X. Du reste, toute cette partie n’est pas sans intérêt, bien au contraire, on y découvre un petit monde plutoôt convivial dans l’ensemble, avec des gens admirables et des têtes de noeud (pardon), mais l’essentiel est encore ailleurs : comment cette jeune femme vit et ressent cette ascension, cette notoriété toute neuve, l’incompréhension des uns l’opprobre des autres face à des choix qu’elle a fait en toute conscience et assume pleinement.

On y trouve aussi une critique acerbe des médias, du star system, et des formules qui parfois font redoutablement mouche telles que : «le buzz : une stratégie de promotion de pointe, du marketing sournois consistant à faire courir des rumeurs aguichantes dans des milieux utiles». Ou bien, plus loin, à propos de la promo de Baise-moi le film qu’elle a co-réalisé avec Virginie Despentes (et que je n’ai pas vu, mais ça ne saurait tarder) :

«Les mass media sont des produits de consommation, ils racontent des histoires et créent des personnages, pour vendre de la peur et de la haine.
Mais on appelle cela: l’information. Leur seul but est de générer de l’argent par le jeu des taux d’audience télévisuelle, des publicités, du nombre d’abonnés… Montée de l’insécurité, sectes, drogues, jeux vidéo, tournantes :tout est bon. Chaque année la montagne tue, la mer tue, la piscine tue (!), autant de déclinaisons possibles d’une simplissime évidence : la vie tue. Est-il possible que personne ne leur ait dit cela ? Dans le meilleur des cas, on blame la simple paresse intellectuelle du journaliste qui fait son travail, et non un métier et qui doit rendre un sujet accrocheur dans l’urgence, pour recevoir un salaire. Tristement humain. Dans la majorité des cas, il s’agit de malhonnêteté intellectuelle avérée. La peur fait vendre. Mais on asservit la masse par la peur, et les médias collaborent avec un zèle abject. Le porno pervertit la jeunesse, dégrade l’image de la femme, incite au viol et provoque les tournantes… Tous ces journalistes engagés dans une mission, chiens du censeur et du fasciste, du pitoyable branleur au dangereux manipulateur, qui osent dénoncer la pornographie comme le pire des maux de notre société, ils me donnaient des envies de massacre
»

Pour la petite histoire, j’ai lu le paragraphe qui précède dans le métro le matin en allant au taf, et j’ai poussé quelque chose comme un «Wahouuh ! » retentissant accompagné d’un grand sourire, qui m’a valu quelques regards inquisiteurs de la part de mes voisins de rame…

Mon regret à la lecture de ce livre, est de n’être pas familier avec les arcanes du Tarot, qui en forment l’architecture sous-jacente, et en conséquence une grande partie du symbolisme m’a échappé. Cela dit, ce n’est pas indispensable pour savourer de bout en bout ce livre, où, quelque soit votre sexe, je parie bien que vous pourrez à un moment ou à un autre vous identifier et ressentir les réactions de l’auteur aux expériences qu’elle a vécues.

Allez tiens je vous mache même le boulot : on le trouve à la FNAC pour 19 € et c’est vraiment pas cher payé pour un ouvrage de cette qualité.

et sinon, le myspace de l’auteur http://www.myspace.com/lavoiehumide 

 

Littell sort un nouveau bouquin

Les-BienveillantesSi vous n’avez pas lu « Les Bienveillantes » tant pis pour vous, vous avez manqué un bouquin extraordinaire dont l’atmosphère délétère vous prend à la première page pour ne vous lacher qu’a la dernière (et il y en a un paquet des pages…).

 

Toutefois, une chance de vous rattraper vous est donnée, avec « Le sec et l’humide », le nouvel opus de Jonathan Littell. Et, petits veinards, non seulement celui-ci ne fait qu’une centaine de pages, mais en plus, il est illustré de photos, ce qui devrait vous aider à passer tout ces longs passages en petits caractères.

 

Ça sort en novembre chez Gallimard. Si d’ici là vous avez un service de presse sous la main, je suis preneur.

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