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Film Noir, animation hard-boiled

Film noir - PosterVoilà au moins un film qui annonce la couleur. Film Noir est un film d’animation, une coproduction serbo-américaine (oui, je sais je fais toujours des gorges chaudes des films serbo-croates en les citant comme exemple de film obscurs), qui n’est pas sans rappeler Renaissance, de Christian Volkmann.

Disons le tout de suite, Film Noir n’est pas un film pour les enfants, meutres, enquêtes dans les milieux SM,  et autre joyeusetés vous inciteraient plutôt à planquer le DVD hors de portée de main des chères têtes blondes.

C’est aussi un pur film de genre, dans la lignée du Grand Sommeil par exemple. Le héros se réveille sous le signe d’Hollywood dans les hauteurs de Los Angeles, un flic mort à ses pieds, un flingue dans sa main, une blessure à la tête, et totalement amnésique. Le voici donc parti à la recherche de son identité, et plus il avance dans son enquête, moins il apprécie la personne qu’il se révèle être, un dealer de drogue sadique, au passé chargé, dont il semble qu’il soit poursuivi à la fois par un détective privé, recherché par la police et sous l’effet d’un contrat sur sa personne lancé par un mystérieux commanditaire.

Autant dire que les jours suivants ne vont pas être de tout repos pour l’amnésique, et que retrouver sa mémoire perdue le conduire à bien des déconvenues, mais aussi lui permettra quelques rencontres intéressantes.

Soyons clair, Film noir, dont la sortie en France n’est pas annoncée (bien qu’il ait figuré au Festival d’animation à annecy), n’est pas un grand film, mais si vous vous sentez d’humeur pour un bon film d’action, doté d’un scénario qui emprunte aux classiques, sans pour autant tomber dans le plagiat, Film Noir, malgré quelques invraisemblances scénaristiques (le héros se retrouve par moment dans des situations ou il ne peut pas avoir d’argent sur lui à la suite d’événements que je ne vais pas vous dévoiler, et malgré tout, achète des choses), devrait vous séduire.

Pour mettre la main dessus, je vous laisse vous reporter à vos sources habituelles 🙂

Récréation 6 : Des escaliers à Paris

Jean-Marc Barr n’a pas fait que Le Grand Bleu dans sa carrière, il s’est essayé également avec un certain talent à la réalisation, et s’est même une fois conformé au Dogme95 dans Lovers, un film de 1999 avec Elodi Bouchez (qui est une des actrices françaises que je préfère. Dans cette scène, Jeanne (Elodie Bouchez) et Dragan (Sergei Trifunovic) se disent adieu comme ce dernier, immigré clandestin, va être expulsé.  Puis Jeanne remonte chez elle, et le choc de la séparation s’abat progressivement sur elle… Sans doute une des scènes d’adieu les plus chhargée en émotion que j’ai vu au ciné.

On notera qu’en 1999, le problème des expulsions et des drames humains qu’elles génèrent était déjà d’actualité. Et depuis ça n’a fait qu’empirer…

Récréation 4 : Un tour à Broadway

Celle là est tirée de All That Jazz de Bob Fosse (1979). La scène s’intitule Air-Rotica, Elle est assez longue (9 minutes) et commence comme une scène de revue tout à fait classique, jusqu’après les deux premières minutes ou le producteur remarque « May be we just lost the Family audience », et un peu plus loin « Now Sinatra will never record it ».

Récréation

Après tout pour nombre d’entre vous, c’est les vacances, on va donc se faire quelques scènes mythiques, juste pour le plaisir (du moins celles que je peux trouver sur Youtube). Et aujourd’hui un extrait de Bande à Part, ou Claude Brasseur, Anna Karina, et Samy Frey, nous font une très belle démonstration chorégraphique.

Ça mouline en ce moment chez moi

Extrait du film « Once », ce petit bijou de chanson, enfin moi je trouve :

Je me le passe en boucle en ce moment. Pour une fois que je tombe pour un tube, ne venez pas me chier une pendule 🙂

Paranoiak (Disturbia)

Poster Paranoiak (Disturbia) - 1013x1500Sortie ce 22 août de Paranoiak (Disturbia).

Contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, tout n’est pas mauvais dans ce film, qui réussit, à entretenir un certain suspense, même si, comme quasiment toutes les productions hollywoodienne, il ne fait aucun doute, que les bons vont gagner à la fin. (Bon sang, comme j’aimerais de temps en temps que les méchants s’en sortent, mais il semble qu’Hollywood n’aie pas appris la leçon d’Usual Suspects et continue inlassablement à nous resservir la même soupe, les bons sont récompensés de leurs efforts et les méchants toujours punis (de préférence de façon violente)).

De ce point de vue, Disturbia ne fait pas exception à la règle, mais a au moins le mérite de nous offrir un arrière-plan et des motivations au héros.

Le film s’ouvre sur une scène paisible de partie de pêche entre un père et son fils, qui s’achève par la mort du père dans un accident de voiture lors de leur retour. Perturbé par cet accident, Kale (Shia LaBeouf) sombre dans une dépression adolescente qui culmine un an plus tard lorsqu’il se jette sur son professeur d’espagnol. Le professeur porte plainte, et notre héros se retrouve confiné chez lui, porteur d’un bracelet électronique qui l’empêche de s’éloigner de plus plus de 30 mètres des limites de sa maison.

Rapidement mort d’ennui, Kale, après avoir exploité toutes les possibilités qui s’offrent à un teenager coincé chez lui (pizza, internet, jeux vidéo, TV…) commence à se lancer dans le voyeurisme domestique, et muni de paires de jumelles entreprend d’observer son voisinage, surtout motivé par l’apparence de sa nouvelle voisine Ashley (Sarah Roemer) dont il finit par faire la connaissance et qui se prend à son tour au jeu. C’est alors qu’ils s’aperçoivent que le comportement de leur voisin, Mr. Turner (David Morse), est quelque peu étranges, et qu’il pourrait bien être un tueur en série…

Basé grosso-modo sur le même argument que Fenêtre sur Cour le film souffre, à mon sens de l’orientation teenager que lui ont donné les scénaristes, et la romance naissante entre Kale et Ashley n’est pas des plus convaincantes. En revanche, la montée du suspense est efficace, et les apparitions de l’élégant Mr Turner au sein même de la maison de Kale, en compagnie de sa mère (Carrie-anne Moss, cantonnée ici à un rôletrès secondaire), sans qu’on sache s’il soupçonne déjà le jeune homme de l’espionner sont des plus inquiétantes.

D.J. Caruso dont le nom vous dira surement quelque chose si vous avez suivi « The Shield » à la TV dans la mesure où il en est un des réalisateurs principaux, filme l’histoire sinon avec inspiration, du moins avec compétence.

L’un dans l’autre, dans la misère estivale qui sévit, Paranoiak est un bon petit polar sans prétention qui vous tiendra (un peu) en haleine, sans trop vous surprendre. Si vous avez deux heures à perdre, vous pourriez faire pire que d’aller le voir.

(Mais sinon aujourd’hui il y a Boarding Gate, d’Olivier Assayas qui sort aussi. Je ne l’ai pas vu, donc pas d’avis pour le moment, et malgré qu’on m’en ait dit un peu de mal, je suis toujours tenté, j’ai un faible pour les films d’Assayas)

Evan tout puissant

Affiche Evan Tout-Puissant (Evan almighty)Sortie aujourd’hui d’un énième nanar à la sauce Bible Belt, « Evan Tout Puissant » (Evan Almighty). Autant le premier de la série avec un Jim Carrey toujours aussi déjanté pouvait s’apprécier, autant celui-ci déçoit, tant par la minceur de son scénario, que par la performance inexistante de Steve Carell qui tient le rôle d’Evan.

L’intrigue (on devrait plus parler d’argument) tient en peu de choses : Dieu (toujours interprété, sans conviction excessive, par Morgan Freeman), ordonne à Evan, un congressiste nouvellement élu, de construire une arche. D’abord réticent, Evan se met au boulot, sous l’oeil goguenard et incrédule des caméras, et malgré les injonctions contraires de son parrain au congrès, Long, (John Goodman, qui dans ses quelques scènes relève un tant soit peu le niveau).

Le ressort comique est donné par la transformation progressive d’Evan en Noé de pacotille et par le fait qu’il est suivi partout (jusque dans les chambres du congrès), par toutes les bestioles censées prendre place à bord de l’arche.

Dégoulinant de bien-pensance, baveux de politiquement correct, sirupeux au possible, Evan Tout-Puissant nous conseille de ne jamais douter de Dieu (qui a toujours raison hein, faut pas déconner c’est Dieu tout de même) et de nous abandonner sans restriction à Sa Sagesse Infinie pour nous voir au final gratifié d’un bon point en attendant de le rejoindre à Sa Droite (on se demande ce qu’il y a à gauche de Dieu pour que personne ne veuille y aller… (« – Et alors toi ? – Oh ben schuis à gauche de Dieu.. – Taiiiiin la zoooooone »).

Bien sur tout est bien qui finit bien, la famille unie, les méchants (Goodman) punis, la catastrophe évitée, le spectateur délesté d’une dizaine d’euros qu’il aurait pu investir dans un bon bouquin à la place.

Enfin vous faites comme vous voulez mais à votre place, j’attendrais la semaine prochaine et j’irais plutôt voir Boarding Gate. D’accord c’est pas une comédie, mais quand est-ce que vous avez été déçus par un film d’Assayas vous ?

Ceux qui viennent ici chercher la réponse à la question « en combien de temps Evan construit l’Arche » peuvent encore chercher… ailleurs, je n’en ai foutrement aucune idée (il devait finir le 22 septembre à midi si ça peut vous aider)

Captivity, Motel, les 4 Fantastiques et le Surfer d’Argent

L’été, jadis désert cinématographique consacré aux reprises et autres festivals, est devenu depuis quelques années le terrain privilégié des sorties de grosses et moins grosses productions américaines aux qualités pour le moins inégales.

Dans les deux semaines qui viennent sortent trois nanars de la plus belle eau : Motel (Vacancy), cette semaine, Captivity, et les 4 fantastiques et le Surfer d’Argent la semaine prochaine .

Le serial-killer, jadis thème provocant et provocateur et accessoirement générateur de gros sous, est devenu un poncif rabâché un peu partout. Cette fois c’est Roland Joffé qui s’y colle avec Captivity.

CarptivityDe Joffé, on ne peut pas dire qu’il soit mauvais, loin de là, il nous a quand même pondu Mission et La Déchirure (The Killing Fields), et là, il nous sort cette espèce de thriller minable qui fait appel aux plus bas instinct des spectateurs (tiens je cite la fiche mise à jour d’allociné :

Captivity est son second thriller : il y fait appel à la jeune Elisha Cuthbert, rendue célèbre par son rôle de Kim Bauer dans la série 24, et lui fait subir toute une gamme de sévices corporels

Si ce n’est pas carrément de l’appel du pied ça. Âmes sensibles, je vous rassure tout de suite, notre héroïne s’en sort vivante, à peine égratignée et les méchants sont punis. Quant aux sévices suscités, ils apparaissent subliminalement sur des écrans de TV que le tueur déguste sans doute en prélude à ce qu’il se prépare à infliger à la pauvre héroïne. Rien de ragoutant, mais ça reste supportable. Simplement, l’intrigue est téléphonée, les acteurs pas franchement bon, on peut sans doute donner un vague bon point à ce film pour sa photographie et ses éclairages, mais c’est à peu près tout.

VacancyMotel (Vacancy), surfe sur le thème des snuff movies. Un soir, un couple plus très uni se déroute dans la campagne, et se voit forcé de s’arrêter dans un motel vide (où la première choses qu’ils entendent sont des hurlement effrénés de femme en détresse dans l’arrière bureau du réceptionniste inquiétant au possible.

Franchement, ces deux là ne vont jamais au cinéma, n’ont jamais maté un polar de leur vie, parce que, malgré tous les signaux conventionnels, ils prennent une chambre. S’ensuit ce qui doit s’ensuivre, poursuite effrénée, peur pour leur vie, faux espoirs et coup de théâtre bidon.

Là encore la fin des méchants est douloureuse et méritée (c’est les méchants hein ?), le couple désuni redécouvre son amour et tout est bien qui fini bien. Le seul vraiment bon moment de ce film : le générique de début, graphiquement inventif.

Fantastic Four The Rise of the Silver SurferEt pour finir, ma déception personnelle : Les 4 Fantastiques et le Surfer d’Argent. Lorsque j’étais gamin, j’étais un fan de comics américains, ceux de la Marvel, traduits par une maison lyonnaise. Strange, Fantask, sont des titres qui ont nourri mon imaginaire à l’époque (oui je sais je n’étais pas difficile). Quoiqu’il en soit, bien que sachant à peu près à quoi m’attendre, je ne résiste toujours pas à regarder ces films de super-héros, bourrés d’effets spéciaux, qui sont souvent là pour faire oublier la pauvreté de l’intrigue. Les seuls que j’aie trouvé à peu près réussis et conformes à l’esprit des BD originales jusqu’alors sont les deux premiers X-Men réalisés par Bryan Singer (qui s’est malheureusement désintéressé du 3e confié à cette espèce de tâcheron sans âme qu’est Brett Rattner, avec le pauvre résultat que l’on sait).

Le Surfer d’Argent c’était quand même quelque chose, un être vraiment à part dans la mythologie Marvel. Un héros d’une folle élégance, au service du mal, déchiré (et un peu pleurnichard, il faut l’avouer), qui ose défier son maître, ému par le destin des terriens. Un appel entendu par le dit maître qui le condamne toutefois à l’exil sur la planète qu’il a si bien défendue.

Et là… Ben on nous a pondu un nanar, un autre.. (le premier Fantastic Four n’était pas génial, mais celui-là plonge dans des abysses). Le Surfer est inexistant (on a beau savoir que le personnage n’est qu’une création en image de synthèse, on pouvait s’attendre à mieux, d’autres personnages artificiels s’en sont bien mieux tirés par ailleurs, et toute l’intrigue tourne finalement autour du mariage de Reed et de sa dulcinée (Jessica Alba, plastique irréprochable, actrice au mieux médiocre). Quelques moments amusants quand les uns et les autres échanges leurs super-pouvoirs intentionnellement, mais ça ne suffit pas à faire un film, loin de là.

L’un dans l’autre donc une revue de trois films pour lesquels il n’est vraiment pas indispensable d’aller casquer 10 euros en salle.

Land of the Blind

Land of the Blind

Vu que la sortie de ce film est notée « prochainement » depuis un an et plus, on finit par se demander s’il sera distribué en France et c’est carrément dommage, parce que c’est un bon film, qui n’est pas sans rappeler des univers totalitaires à la « 1984 ». Enfin, le méchant dans ce film, c’est Donald Sutherland, qui au début est un prisonnier politique dans un empire imaginaire, gardé par le personnage interprété par Ralph Fiennes, qui finira par lui prêter son concours pour abattre (très littéralement) le gouvernement en place.

Devenu un héros de la révolution, Fiennes commencera à avoir des doutes sur les méthodes employées par le nouveau pouvoir, au point de devenir très rapidement étiqueté comme « traître à la révolution » et traité comme tel.

Enfermé dans un camp de prisonniers, soumis à la torture, autant physique que psychologique, Fiennes, va entâmer la une longue descente aux enfers qui ne prendra fin qu’avec la fin de la révolution, plusieurs années plus tard.

La fin pourtant, n’est pas si heureuse que cela, et bien des vicissitudes attendront encore cet homme avant qu’il ne trouve enfin une sorte de paix…

Les acteurs jouent superbement, le drame qui se nouent lentement, sur plusieurs années, superbe.. La photo et les décors, magnifiques (le soin apporté en particulier aux fausses images d’archives, genre « Pathé Ciné » des années 30). On se demande franchement pourquoi un film comme ça, qui a vraiement tout pour faire, peut-être pas un tabac, mais du moins une belle carrière en salle, ne sort pas (même en DVD ici)

Et on loue le fait qu’il existe des voies détournées pour pouvoir apprécier ce petit chef d’oeuvre qui resterait autrement quelque part au fond des tiroirs d’un distributeur comme tant d’autre films moins chanceux.

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