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Evan tout puissant

Affiche Evan Tout-Puissant (Evan almighty)Sortie aujourd’hui d’un énième nanar à la sauce Bible Belt, « Evan Tout Puissant » (Evan Almighty). Autant le premier de la série avec un Jim Carrey toujours aussi déjanté pouvait s’apprécier, autant celui-ci déçoit, tant par la minceur de son scénario, que par la performance inexistante de Steve Carell qui tient le rôle d’Evan.

L’intrigue (on devrait plus parler d’argument) tient en peu de choses : Dieu (toujours interprété, sans conviction excessive, par Morgan Freeman), ordonne à Evan, un congressiste nouvellement élu, de construire une arche. D’abord réticent, Evan se met au boulot, sous l’oeil goguenard et incrédule des caméras, et malgré les injonctions contraires de son parrain au congrès, Long, (John Goodman, qui dans ses quelques scènes relève un tant soit peu le niveau).

Le ressort comique est donné par la transformation progressive d’Evan en Noé de pacotille et par le fait qu’il est suivi partout (jusque dans les chambres du congrès), par toutes les bestioles censées prendre place à bord de l’arche.

Dégoulinant de bien-pensance, baveux de politiquement correct, sirupeux au possible, Evan Tout-Puissant nous conseille de ne jamais douter de Dieu (qui a toujours raison hein, faut pas déconner c’est Dieu tout de même) et de nous abandonner sans restriction à Sa Sagesse Infinie pour nous voir au final gratifié d’un bon point en attendant de le rejoindre à Sa Droite (on se demande ce qu’il y a à gauche de Dieu pour que personne ne veuille y aller… (« – Et alors toi ? – Oh ben schuis à gauche de Dieu.. – Taiiiiin la zoooooone »).

Bien sur tout est bien qui finit bien, la famille unie, les méchants (Goodman) punis, la catastrophe évitée, le spectateur délesté d’une dizaine d’euros qu’il aurait pu investir dans un bon bouquin à la place.

Enfin vous faites comme vous voulez mais à votre place, j’attendrais la semaine prochaine et j’irais plutôt voir Boarding Gate. D’accord c’est pas une comédie, mais quand est-ce que vous avez été déçus par un film d’Assayas vous ?

Ceux qui viennent ici chercher la réponse à la question « en combien de temps Evan construit l’Arche » peuvent encore chercher… ailleurs, je n’en ai foutrement aucune idée (il devait finir le 22 septembre à midi si ça peut vous aider)

Captivity, Motel, les 4 Fantastiques et le Surfer d’Argent

L’été, jadis désert cinématographique consacré aux reprises et autres festivals, est devenu depuis quelques années le terrain privilégié des sorties de grosses et moins grosses productions américaines aux qualités pour le moins inégales.

Dans les deux semaines qui viennent sortent trois nanars de la plus belle eau : Motel (Vacancy), cette semaine, Captivity, et les 4 fantastiques et le Surfer d’Argent la semaine prochaine .

Le serial-killer, jadis thème provocant et provocateur et accessoirement générateur de gros sous, est devenu un poncif rabâché un peu partout. Cette fois c’est Roland Joffé qui s’y colle avec Captivity.

CarptivityDe Joffé, on ne peut pas dire qu’il soit mauvais, loin de là, il nous a quand même pondu Mission et La Déchirure (The Killing Fields), et là, il nous sort cette espèce de thriller minable qui fait appel aux plus bas instinct des spectateurs (tiens je cite la fiche mise à jour d’allociné :

Captivity est son second thriller : il y fait appel à la jeune Elisha Cuthbert, rendue célèbre par son rôle de Kim Bauer dans la série 24, et lui fait subir toute une gamme de sévices corporels

Si ce n’est pas carrément de l’appel du pied ça. Âmes sensibles, je vous rassure tout de suite, notre héroïne s’en sort vivante, à peine égratignée et les méchants sont punis. Quant aux sévices suscités, ils apparaissent subliminalement sur des écrans de TV que le tueur déguste sans doute en prélude à ce qu’il se prépare à infliger à la pauvre héroïne. Rien de ragoutant, mais ça reste supportable. Simplement, l’intrigue est téléphonée, les acteurs pas franchement bon, on peut sans doute donner un vague bon point à ce film pour sa photographie et ses éclairages, mais c’est à peu près tout.

VacancyMotel (Vacancy), surfe sur le thème des snuff movies. Un soir, un couple plus très uni se déroute dans la campagne, et se voit forcé de s’arrêter dans un motel vide (où la première choses qu’ils entendent sont des hurlement effrénés de femme en détresse dans l’arrière bureau du réceptionniste inquiétant au possible.

Franchement, ces deux là ne vont jamais au cinéma, n’ont jamais maté un polar de leur vie, parce que, malgré tous les signaux conventionnels, ils prennent une chambre. S’ensuit ce qui doit s’ensuivre, poursuite effrénée, peur pour leur vie, faux espoirs et coup de théâtre bidon.

Là encore la fin des méchants est douloureuse et méritée (c’est les méchants hein ?), le couple désuni redécouvre son amour et tout est bien qui fini bien. Le seul vraiment bon moment de ce film : le générique de début, graphiquement inventif.

Fantastic Four The Rise of the Silver SurferEt pour finir, ma déception personnelle : Les 4 Fantastiques et le Surfer d’Argent. Lorsque j’étais gamin, j’étais un fan de comics américains, ceux de la Marvel, traduits par une maison lyonnaise. Strange, Fantask, sont des titres qui ont nourri mon imaginaire à l’époque (oui je sais je n’étais pas difficile). Quoiqu’il en soit, bien que sachant à peu près à quoi m’attendre, je ne résiste toujours pas à regarder ces films de super-héros, bourrés d’effets spéciaux, qui sont souvent là pour faire oublier la pauvreté de l’intrigue. Les seuls que j’aie trouvé à peu près réussis et conformes à l’esprit des BD originales jusqu’alors sont les deux premiers X-Men réalisés par Bryan Singer (qui s’est malheureusement désintéressé du 3e confié à cette espèce de tâcheron sans âme qu’est Brett Rattner, avec le pauvre résultat que l’on sait).

Le Surfer d’Argent c’était quand même quelque chose, un être vraiment à part dans la mythologie Marvel. Un héros d’une folle élégance, au service du mal, déchiré (et un peu pleurnichard, il faut l’avouer), qui ose défier son maître, ému par le destin des terriens. Un appel entendu par le dit maître qui le condamne toutefois à l’exil sur la planète qu’il a si bien défendue.

Et là… Ben on nous a pondu un nanar, un autre.. (le premier Fantastic Four n’était pas génial, mais celui-là plonge dans des abysses). Le Surfer est inexistant (on a beau savoir que le personnage n’est qu’une création en image de synthèse, on pouvait s’attendre à mieux, d’autres personnages artificiels s’en sont bien mieux tirés par ailleurs, et toute l’intrigue tourne finalement autour du mariage de Reed et de sa dulcinée (Jessica Alba, plastique irréprochable, actrice au mieux médiocre). Quelques moments amusants quand les uns et les autres échanges leurs super-pouvoirs intentionnellement, mais ça ne suffit pas à faire un film, loin de là.

L’un dans l’autre donc une revue de trois films pour lesquels il n’est vraiment pas indispensable d’aller casquer 10 euros en salle.

Dure semaine

Identification d’une femmeIngmar Bergman, Michelangelo Antonioni, sans oublier Michel Serrault, dure semaine pour le cinéma. En moins d’une semaine, trois figures marquantes du ciné des années 60 et au-delà ont tiré leur révérence. Certes, il ne tournaient plus, ou au compte-goutte (le dernier Bergman, Saraband en 2003, le dernier film d’Antonioni, Par delà les nuages, en 1995, en collaboration avec Wenders), mais leur disparition laisse tout de même un vide, pas facile à combler.

 

J’ai eu l’affiche d’Identification d’une femme dans mon salon durant quelques années. Elle a disparu, elle aussi, au cours d’un de mes nombreux déménagements.

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, moi en tout cas, ça me frappe, mais la mort d’une grande figure du ciné, n’est presque jamais unique, le plus souvent, il s’agit de séries, quelques grands noms, qui s’éteignent comme des bougies trop vite soufflées, dans un intervalle de temps très court, une semaine, parfois deux. Alors, en ce moment, je retiens mon souffle, de peur que la série ne s’allonge.

Et puis ce soir, je vais revoir Professione: Reporter avec Nicholson, et peut être bien Ville portuaire (Hamnstad) un Bergman d’avant le Septième Sceau, mon petit hommage privé.

Land of the Blind

Land of the Blind

Vu que la sortie de ce film est notée « prochainement » depuis un an et plus, on finit par se demander s’il sera distribué en France et c’est carrément dommage, parce que c’est un bon film, qui n’est pas sans rappeler des univers totalitaires à la « 1984 ». Enfin, le méchant dans ce film, c’est Donald Sutherland, qui au début est un prisonnier politique dans un empire imaginaire, gardé par le personnage interprété par Ralph Fiennes, qui finira par lui prêter son concours pour abattre (très littéralement) le gouvernement en place.

Devenu un héros de la révolution, Fiennes commencera à avoir des doutes sur les méthodes employées par le nouveau pouvoir, au point de devenir très rapidement étiqueté comme « traître à la révolution » et traité comme tel.

Enfermé dans un camp de prisonniers, soumis à la torture, autant physique que psychologique, Fiennes, va entâmer la une longue descente aux enfers qui ne prendra fin qu’avec la fin de la révolution, plusieurs années plus tard.

La fin pourtant, n’est pas si heureuse que cela, et bien des vicissitudes attendront encore cet homme avant qu’il ne trouve enfin une sorte de paix…

Les acteurs jouent superbement, le drame qui se nouent lentement, sur plusieurs années, superbe.. La photo et les décors, magnifiques (le soin apporté en particulier aux fausses images d’archives, genre « Pathé Ciné » des années 30). On se demande franchement pourquoi un film comme ça, qui a vraiement tout pour faire, peut-être pas un tabac, mais du moins une belle carrière en salle, ne sort pas (même en DVD ici)

Et on loue le fait qu’il existe des voies détournées pour pouvoir apprécier ce petit chef d’oeuvre qui resterait autrement quelque part au fond des tiroirs d’un distributeur comme tant d’autre films moins chanceux.

C’est la fête

La Fête du Cinéma 2007 - AfficheTous les ans à cette époque, c’est la fête du cinéma. Et je veux pas dire, mais c’est aussi un peu la mienne. Je ne suis pas spécialement fan des queues de 7 kilomètres qu’on trouve devant les salles à cette occasion, mais c’est tout de même un des rares moments dans l’année où on peut littéralement se goberger de productions inégales sans pour autant se ruiner.

A environ 10 euros la place, sur Paris du moins, faut dire qu’aller au ciné, ça devient un peu un luxe. Alors, une fois l’an, je me lâche, et je me fait un non stop dans les salles.

D’habitude, j’ai une vague idée de ce que je vais aller voir, par les bandes annonces qui ont pu me tirer l’oeil ça et là, mais cette année, mes finances catastrophiques ont fait que je ne suis pas entré dans une salle (du moins en payant) depuis pas mal de temps, et donc je ne suis pas trop au fait de l’actu des sorties, du moins les sorties films moins spectaculaires que ceux pour lesquels des affiches nous sollicitent dans le métro et sur les colonnes Morris.

À priori, le dernier Breillat, « Une vieille Maitresse », me semble une bonne idée, ainsi que « Zodiac », le dernier film de David Fincher, le dernier Barbet Schroeder, « l’avocat de la terreur » (Je suis un inconditionnel de Schroeder, depuis des années…).

Je me laisserait bien tenter aussi par « Ecoute le Temps » avec Emilie Dequenne, qui depuis Rosetta, fait une carrière inégale mais n’en reste pas moins une bonne actrice.

Evidemment, il y a « À L’intérieur » avec Béatrice Dalle que je persiste, contre vents et marées à trouver que c’est l’une des actrices les plus sympathiques du cinéma français (et ceux qui ne sont pas d’accord, c’est leur droit, mais c’est mon blog, je dis ce que je veux).

Ah, si, « London to Brighton », dans la série des petits films que MK2 distribue et qu’il faut se précipiter dessus parce que ça reste en général pas plus d’une semaine à l’affiche. (Un peu plus chez MK2, qu’il faut quand même saluer, parce que c’est tout de même le seul gros distributeur à donner leur chance à de petits films qui n’ont aucun espoir de box-office – En pleine fête du cinoche les années passée, j’ai même réussi à être quasi tout seul dans la salle – et que si MK2 n’existait pas on serait condamnés aux grosses prods à fort potentiel (Pirates, Bronzés et autres super-héros), non que je les boude systématiquement mais j’aime bien la diversité).

Bref, en ce samedi, je suis un peu comme le gamin moyen devant la vitrine du marchand de bonbons à qui on dit, vas-y, prends ce que tu veux… C’est dur de se décider… Et je vais probablement changer encore 17 fois d’avis avant de prendre ma place qans la queue.

Faussaire (The Hoax)

The Hoax A noter dans les sorties du mercredi 13 juin : Faussaire (The Hoax), un film de Lasse Hallström, (Ma vie de chien, Gilbert Grape, Le chocolat…) avec Richard Gere, Alfred Molina et Julie Delpy dans un second rôle).

Le pitch en deux mots : écrivain talentueux mais fauché, Clifford Irving (Gere), se fait refuser par une prestigieuse maison d’édition son dernier bouquin. Pressé par ses créanciers, il a alors l’idée géniale d’écrire une biographie d’Howard Hugues, le milliardaire reclus. L’ennui étant que Hugues, en ermite qu’il est devenu à cette époque n’a pas accordé une interview depuis une bonne quinzaine d’année. Qu’à cela ne tienne, il suffira de tout inventer.

Irving se lance alors dans une chasse à l’information, secondé par Richard Suskind (Alfred Molina), qui les mènera à rencontrer toutes sortes de personnages ayant jalonné la vie de Hugues. L’histoire va de rebondissement en rebondissements jusqu’à la publication finale et la découverte de la fraude.

Basé sur un fait divers célèbre, l’histoire de Clifford Irving a été auparavant évoquée dans Vérités et Mensonges, le dernier film de Orson Welles, un documentaire sur les faussaires célèbres. Irving lui même y faisant une courte apparition.

Faussaire, avec une réalisation talentueuse et des acteurs solides nous fait passer un bon moment, avec un Gere au mieux de sa forme, interprétant un Irving obsédé par le sujet de son livre au point de prendre l’aspect de Hughes, pirouettant à qui mieux mieux pour éviter à plusieurs reprises la découverte de l’arnaque qu’il a montée.

Pour l’anecdote, on notera que Gere a joué aux côtés de la véritable Nina Van Pallandt (Delpy) dans American Gigolo en 1980.

La bande annonce (en anglais)

La bande annonce en français sur allociné.fr

Coeurs Perdus

Coeurs Perdus (Lonely Hearts) - PosterHollywood n’en fini pas de se pencher sur son passé. Cette fois, c’est Todd Robinson qui s’y colle, avec Coeurs Perdus (Lonely Hearts), secondé par une solide distribution, pour une resucée des films noirs des années quarante. J’ai l’air de critiquer comme ça, mais en fait j’ai passé un excellent moment. Un flic, Travolta, brisé par le suicide de sa femme, retrouve peu à peu le goût de la chasse lorsqu’il repère presque par hasard le modus operandi de ce qui lui semble être un tueur en série.

Dès lors, son enquête tourne à l’obsession, et rien ne peut l’en détourner, surtout pas les appels à la raison de son partenaire (James Gandolfini), inquiet pour sa carrière.

Parallèlement, on suit l’évolution d’une paire de petits escrocs (Jared Leto et Salma Hayek) de leur rencontre, cocasse, à leurs premiers meurtres (franchement peu ragoûtants).

Ce sont eux que Travolta pourchasse, et tout le film converge vers l’affrontement final.

Pour un film de genre, celui-ci en casse assez peu les codes. On y retrouve une femme fatale (Salma Hayek), parfaite en psychopathe totalement déjantée qui assure son emprise sur un Jared Leto formidable dans son rôle d’arnaqueur de veuves totalement dominé par son acolyte, un flic désabusé et son partenaire, une longue chasse, ponctuée de coups de théâtres et de scènes qui empruntent au « serial-killer movie», et un final à l’aune du film.

On regrettera peut-être la réalisation, un poil trop conventionnelle, mais pour un premier film, et dans les limites du genre Todd Robinson, qui a aussi écrit le scénario, fait un boulot honnête, sinon exceptionnel. Bref, si vous avez deux heures à perdre, vous pourriez faire bien pire que d’aller voir ce film.

La bande annonce de Lonely Hearts en VO :

La bande annonce de Lonely Hearts en Version française :

Qui a dit un blog consacré au ciné ?

Evidemment, je vois beaucoup de films, et il me démange de parler de certains, C’est vrai que là, je viens d’en commenter trois de suite, et qu’il y en aura surement d’autres au fil du temps. (et c’est vrai que dans les liens sur le côté, pas mal d’entre eux sont consacrés au cinoche. Bon, et alors. J’aime ça. Trop sans doute. À la fête du cinéma, je suis à peu près capable de passer d’une salle à l’autre depuis la première jusqu’à la dernière séance trois jours de suite.

C’est du reste assez marrant. Essayez de voir dix films d’affilée, laissez passer 24 heures et voyez ce qui surnage. Avec de la chance, vous vous souviendrez d’un, peut-être de deux. Et si vous n’avez pas de bol, vous vous serez enfilé une suite de nanars sans intérêt qui n’auront eu d’autre résultat que de vous faire exploser le budget aspirine.

À propos de nanars, j’en ai récemment vu un paquet. Je les sépare en deux catégories, les franchement insauvables, et les marrants par inadvertance. Il va sans dire que ma préférence va à ces derniers, mais curieusement, je n’ai rien vu de recommandable ces temps derniers. (Et j’ai vu un paquet de grosses bouses dont l’innommable 88 minutes. (pourtant sur le papier ça promettait : Jon Avnet à la réalisation, Al Pacino dans le rôle principal, eh bien non, c’est plat, fade, ennuyeux, mal filmé, monté avec un ciseau à ongles rouillé, pas palpitant pour deux sous : n’y allez pas, moi en tous cas je suis bien content de ne pas avoir payé ma place. En plus c’est de la pub mensongère, le film dure 110 minutes, au moins 22 minutes de trop. Si vous me croyez pas vous pouvez aller voir la critique sur Mcinema. Ils lui donnent deux étoiles, je les trouve bien gentils)

Et merde voilà que je recommente un autre film, au fil d’une digression, m’enfin bon. To be continued…

Fired!, une autre petite perle vue ce week-end

Fired!Dans la série les films que vous n’irez pas voir au ciné, Fired! a peut-être une petite chance de sortir en France (encore que si l’on en croit la fiche allocine.fr du film, cette chance soit des plus réduites. Rassurez-vous bon peuple, amazon est là pour vous faire découvrir cette petite perle documentaire. (à vrai dire il vous faudra patienter jusqu’au 5 juin, date de sortie officielle du DVD (zone 1) et si vous êtes trop impatients, vous pouvez toujours le chercher… ailleurs mais je vous ai rien dit).

Quoiqu’il en soit, le film commence avec sa scénariste, Annabelle Gurwitch, se faisant virer de la production d’une pièce par Woody Allen (dont je ne vais pas vous faire l’injure d’inclure un lien vers sa fiche IMDb, faut pas pousser), et plutôt que de sombrer dans la dépression notre héroïne décide d’en tirer une expérience positive. Elle commence à interroger autour d’elle ses amis comédiens, et bientôt en tire un spectacle (joué à L/A., repris à New York, annuellement avec de nouveaux intervenants), qui deviendra un livre, puis plus tard ce film.

On s’est tous fait virer un jour ou l’autre, d’une manière plus ou moins propre, plus ou moins drôle. Tout le monde est à même de ressentir ce que raconte les personnes dans ce film, parce que la même chose nous est arrivé. Mais quoique qu’amusant cette satire ne se limite pas à ça. Certaines interviews font froid dans le dos. On en apprend ainsi davantage sur les méthodes utilisées par les gens dont c’est le métier de virer les autres, voire le métier de les virer et de les rendre heureux de l’être. Ça laisse à penser…

Il y a des films qui mériteraient mieux

Poster Find LoveJe viens de voir Find Love, un film indépendant, réalisé par Erica Dunton.

Le scénario n’est pas sans rappeler celui de Brève Rencontre, un classique du genre. Deux parfaits étrangers se croisent dans une salle d’attente d’aéroport, et tombent amoureux l’un de l’autre.

Mais là où le film de David Lean avait obtenu la palme à Cannes en 1945, Find Love lui, a été présenté dans deux festivals (le Slamdance Film Festival en janvier 2006 et le RiverRun Festival en mars de la même année), puis est sorti directement en DVD au Canada. Encore une chance, cette sortie en DVD, parce que sinon, il aurait pu connaître le sort de, par exemple The pornographer : a love story, un film avec quand même Irène Jacob et Martin Donovan, qui lui, n’a même jamais eu les honneurs du STV (straight to video), et doit prendre la poussière quelque part sur les étagères d’une maison de production.

Comme quoi, même un bon casting, n’assure pas forcément la distribution. Et c’est ce qui m’agace. Ici, nous avons un petit film indépendant, avec une histoire émouvante, les émotions des personnages parfaitement capturées, une manière de filmer et de monter le film tout à fait agréable, et quelque part, des financiers décident que non, ce film ne vaut pas une sortie en salle, ni même une distribution en DVD internationale. Chaque année, ce sont le temps et les efforts, les espoirs de milliers de gens qui ont travaillé dur à la réalisation d’un film, qui partent ainsi en fumée.

En attendant, si vous voulez voir ce film là, vous pouvez le trouver sur amazon.ca et nulle part ailleurs. (bon j’admets que vous puissez aussi le trouver ailleurs mais ne comptez pas sur moi pour vous donner l’adresse exacte…)

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