Élection, piège à cons

Dimanche on y retourne. Presque un an après que mes compatriotes aient porté aux nues élyséennes le nabot que l’on sait (et nabot pas seulement au physique le petit monsieur), je suis toujours fumasse, et assez d’accord avec Badiou sur le fait que les élections sont dans nos démocraties occidendales un miroir aux alouettes. Je vais y aller quand même, mais cette fois, quitte à voter à gauche, j’irais voter carrément à gauche.

C’est donc — au moins au premier tour, après je voterai contre Panafieu — au Parti des Travailleurs qu’ira mon suffrage. Ces gens n’ont aucune chance d’être élus, professent en matière d’économie des opinions brindezingues, prônent la rupture totale d’avec l’UE (ben voyons..) et sont légèrement plus radicaux que Cohn-Bendit à 20 balais quand son gros cul mou ne hantait pas encore la députation européenne.

Mais… leur prospectus électoral (on s’étonne qu’il ne soit pas ronéotypé) reprend ce passage de la déclaration du comité central de la garde nationale de la Commune de Paris du 25 mars 1871 : (y’a 137 ans tout de même les mise en gras sont de moi).

CITOYENS,
Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre vie, souffrant des mêmes maux.

Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables.

Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un beau discours, à un effet oratoire ou à un mot spirituel. Évitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère.

Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux ci de se présenter.

CITOYENS,
Nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèreront jamais comme vos maitres.

Je ne veux pas dire mais des gens qui se réclament de la Commune de Paris, j’adhère. Il auront de la chance s’ils font 1 % cela dit, n’empêche qu’en ces temps d’exhibitionnisme outrancier de la richesse décomplexée, de chasse aux immigrés, de rafles, de retour des camps et de la déportation, ça fait comme une bouffée d’air frais.

 

La voix de son maître

Je regarde très peu la télévision, vraiment très peu, mais enfin ça m’arrive. Une fois n’est pas coutume, là j’avais envie de voir comment les chaînes d’infos nationales (le 13 haures sur la 2 en l’occurence) allaient traiter les dérapages du nain au salon de l’agriculture, et à propos de sa tentative de coup de force sur sa loi inique.
C’est assez simple : rien, pas un mot, silence radio, non-événement, ça n’est pas arrivé.
Bon, je retourne écouter la BBC parce que « radio Paris ment, radio Paris ment, radio Paris est allemand »

« Je suis le président je fais ce que je veux, na !»

Finalement le « Casse toi pauvre con » du nain, n’est peut-être pas si maladroit qu’il y parait à première vue. L’info qui m’avait échappée avant, c’est que notre fuhrer président a décidé de passer outre la décision du conseil constitutionnel refusant d’appliquer la rétroactivité à la loi sur la « rétention de sûreté » (qui en soi est déjà une belle saloperie).

Dans ce contexte, alors qu’il se retrouve attaqué de toutes part (et avec juste raison) sur ce point, il est intéressant de noter qu’il se permet alors un écart langagier qui est sûr de faire la une des diverses rédactions, masquant peut-être la levée de bouclier contre sa décision digne du guide suprême d’une quelconque république bananière.

Le nain a prouvé maintes fois qu’il est le maître du rideau de fumée… Mais la fumée, ça a un inconvénient, ça vient souvent avec le feu, et j’aurais tendance à dire que ça crame un peu dans tous les coins en ce moment…

L’élégance éternelle du bouffon de l’Elysée

A l’heure qu’il est la vidéo est partout sur le net… je vais pas vous l’infliger. C »est sur le site du Parisien, si vous voulez la voir.

Mais je me marre. C’est le même mec qui veut remettre la morale et l’instruction civique sur les bancs des écoles, donner des leçons de respect et de politesse qui s’autorise ce genre d’écart de langage public.

Gageons que ce matin, il doit y avoir un paquet de candidats UMP aux municipales qui cherchent un moyen de se désolidariser complètement du nain (sans en avoir trop l’air, parce qu’après il faudra quand même se le manger encore un peu plus de quatre ans, et que le nain, c’est bien connu, est vindicatif et rancunier).

Une semaine ordinaire en Sarkoland

Le conseil constitutionnel retoque la loi sur la rétention de sureté. Ah on se dit que ça pourrait-être une bonne chose, mais non. En fait la rétroactivité voulue par le nain et sa ministre de l’injustice est déclarée inconstitutionnelle, mais pas la loi. Et donc, la taule sans jugement pour ces gens qui pourraient commettre un crime. Le Canard Enchainé de cette semaine relève que la dite loi s’inspire d’un dispositif similaire en Allemagne, toujours en vigueur, et signé par personne d’autre que le chancelier Adolf Hitler. L’exemple vient de haut…

A propos de sureté, il est toujours question de porter de 32 jours à 18 mois la durée de mise en rétention pour les « étrangers en situation illégale ». Si ça ne vous fait pas bondir, moi ça m’interpelle. Il est tout bonnement question de foutre en taule sans jugement non pas des criminels dangereux, mais des gens parfaitement innocents (vous m’excuserez de penser que d’être un étranger sans-papier, ça ne fait pas de vous automatiquement un délinquant). Le silence de l’opposition (quelle opposition ?) sur le sujet est assourdissant. Camps, vous avez dit camps ?

Sarkoland sort ses muscles à Villiers-le Bel, ça a été commenté en long en large et en travers. Ce qu’on a moins commenté, c’est la réaction de Michèle Alliot-Marie et de son affidée, procureure du Val-d’Oise, Marie-Thérèse de Givry, qui a déclaré que la photo, publiée dans Match, de policiers retournant un plumard avec un gus en slip et menotté «portait gravement atteinte à la dignité humaine». On veut bien la croire. Mais on se demande, c’est de montrer la photo qui est indigne pour l’humain hein ? Pas de foutre le souk dans un apprtement à 6 heures du matin et de menotter les gens en slip ? (En tout cas, y’a des chances que le photographe se fasse virer de Match, vu la sympathie déclarée de l’hebdo pour le nain). A suivre…

Une stat marrante relevée dans Libé : entre 1995 et 2005 on note que 35% des immigrés détenteurs d’un emploi le sont aussi d’un diplôme d’études supérieures, alors que les natifs détenteurs d’un emploi ne sont que 17% dans ce cas… (on ne dit pas si les immigrés en question on trouvé un boulot en rapport avec leurs compétences où s’ils sont plongeurs au Fouquet’s).

Xavier Darcos présente les nouveaux programmes pour l’école primaire. Retour de l’instruction civique et de la morale à l’école. Faudra se lever devant le drapeau, le buste de Marianne, et la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » (c’est pas « Travail Famille Patrie » la devise à la mode ?). Franchement quand on voit la liberté bafouée par des lois déjà votées ou en préparation comme ci-dessus, l’égalité entre les potes de Bolloré et le reste du monde, et le merveilleux élan de fraternité qui porte nos amis au gouvernement dans leurs actions quotidiennes, on se dit qu’ils ont pas honte de vouloir donner des leçons sur le sujet à nos mômes.

Je vous passe la polémique sur la Shoah et les gamins, rideau de fumée sarkozyste, juste une note : et la mémoire des mômes assassinés indirectement par la France au Rwanda on colle pudiquement un mouchoir dessus ? Et celle des victimes du massacre d’octobre 1961 ? Ou les fusillades massives de soldats de la guerre de 14 ?

« Les sectes ne sont pas un problème » selon la directrice de cabinet du nain. Ben voyons…

Un militant de RESF condamné pour outrage au nain (c’était la semaine dernière, mais j’ai accumulé un peu de retard). Il avait comparé la politique de son ministère lorsqu’il était encore à l’intérieur, à celle de Pétain sous Vichy. Fort de son impunité (le président à le droit d’attaquer en justice, mais ne peut, lui, être pousuirvi), le nain à déclenché les foudres. On attend qu’il attaque Alain Badiou qui n’hésite pas lui non plus dans son excellent «De quoi Sarkozy est-il le nom» à comparer la politique actuelle à celle du régime pétainiste dans une démonstration brillante et fondée (d’ailleurs si vous n’avez pas lu ce bouquin, faites une petite note, moi ça m’a quelque peu rassuré sur le fait qu’il existe toujours une pensée de gauche aujourd’hui et que les lavettes du PS (toutes tendances confondues) feraient bien d’en prendre de la graine).

Et pour finir, je me demande si Rama Yade (que par ailleurs je trouve bien mignonne, mais c’est un autre débat) n’en a pas marre de jouer la bonne conscience d’un gouvernement raciste. On devrait changer son titre en « Ministre déléguée pour dire des conneries qui occuperont les journalistes pendant qu’on fait autre chose ».

Tout ça (et plein d’autres, z’avez qu’à lire un peu les journaux au lieu de vous abrutir devant la TV) en une semaine… Je me souviens d’une période où une seule de ces news aurait fait bondir. C’est l’accumulation qui assomme la conscience politique vous croyez ?

Des tics, des tocs, mais pas de pendule

des-tics-et-des-toc.jpgJe suis un abruti. Si si faut bien l’admettre, se résigner, je suis un abruti. Explication, démonstration : Hier soir, je rentre du taf après une semaine plutôt active (doux euphémisme), et je rattrape la lecture des commentaires d’epidemik (que je recommande au passage d’ailleurs, c’est bon pour la santé epidemik, la santé mentale au moins). Et là, comme un con, je laisse un commentaire sur ce post, en me réjouissant d’avoir évité le missile. Et Choléra, indigne qu’elle est, change aussi sec le dernier tag, pour le remplacer par, ouais par le mien.

Techniquement, je pourrais dire qu’elle a triché, en plus elle ne m’a même pas envoyé un mail pour me prévenir (ce qui nullifierai mon obligation de réponse, mais comme elle a ajouté un commentaire dans mon dernier billet, je m’exécute).

La règle du jeu donc, pour rappel

  • Mettre le lien de la personne qui vous tague (voir ci-dessus)
  • Mettre le règlement sur votre blog (vous êtes en train de le lire)
  • Mentionner six choses/habitudes/tics importants chez votre petite personne (ça vient, ça vient pas d’impatience)
  • Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant le lien de leur page perso (six ? tain va falloir que je me creuse)
  • Avertir directement les personnes taguées (oki, oki)

Bon ayant satisfait à toutes les préconditions, me reste qu’à jouer et à vous livrer en direct live mes honteuses petites manies.

  1. Déjà une, le petit déj, c’est café/clope. je suis un junkie du tabac, un addict du café, et il me faut les deux à hautes doses, donc matin, pas à tortiller, avant même d’aller pisser, c’est mise en marche de la cafetière (filtre) et allumage de la première cigarette. Pas la peine de songer à m’interpeller avant que la première gorgée de café n’ait atteint mon estomac, je mordrais. Pas la peine non plus d’imaginer que je sorte avant la deuxième pleine mug et la cinquième clope
  2. Dans le métro, je ramasse compulsivement tous les gratuits du jour que je peux trouver, et je parcours avidement les brèves, et compare les horoscopes (ce qui des fois me fait bien poiler)
  3. Je n’utilise ni ciseau, ni coupe-ongles pour me raccourcir les ongles, juste les dents (et nan je les ronge pas, je fais juste ça quand ils sont trop longs (et pour les orteils, comme schuis pas yogi, je me contente de tire dessus jusqu’à ce que ça vienne, de préférence après la douche quand ils sont encore ramollis)
  4. Je classe les fichiers multimédia dans mon ordi avec un soin carrément maniaque (les films par auteur, année et titre, la musique par artiste album.. et j’ai des images pour tous les illustrer (et des logiciels de cataloguage)
  5. Quand j’ai trouvé un restau pour le déjeuner, je n’en change pas avant de changer de boulot ou que ma boite déménage. (Je ne vais ailleurs que si j’ai une bonne raison ou qu’on m’invite).
  6. Je lis Libé en déjeunant, tous les jours, d’un bout à l’autre (sauf si on m’a invité ailleurs que dans ma cantine habituelle)
  7. Je prends systématiquement deux desserts (m’en fous je prends pas un gramme et je suis gaulé comme une alumette, ça énerve toutes mes copines, et il me faut bien le temps de manger le deuxième si je veux finir le libé sus-mentionné)
  8. Je lis toujours les annonces perso de Libé (« t’avais un chapeau vert, tu m’as souri à Nation, t’es descendu à Argentine, se revoir ?»), une fois j’y ai même reconnu une copine à moi qui en avait passé une (je me suis foutu d’elle pendant un mois, en m’amusant à expédier des réponses farfelues à l’adresse mail qu’elle avait laissée)

Bon ça en fait huit ça, y’a même du bonus. Et je tague:

Ca n’en fera que 5, les autres que j’aurais pu tagger n’ont pas de blog 🙂

Juno

Poster JunoJuno, est le dernier film de Jason Reitman, qui s’était déjà distingué par ailleurs par le vaguement controversé Thank you for smoking. On ne peut pas reprocher à Jason Reitman de faire des films ennuyeux, ni même de choisir des sujets faciles. Et de fait Juno est un petit film plutôt sympathique. Ellen Page, remarquée dans Hard Candy, qui incarne le rôle titre y est charmante, Jennifer Garner (dont j’ai dit par ailleurs le bien que je pense d’elle), fragile et émouvante… Qu’est-ce donc qui me fait trouver un petit arrière goût aigre-doux à ce film ?

Ah, c’est peut-être l’argument en fait : une fille de 16 ans, décidée à perdre sa virginité, se retrouve enceinte, et plutôt que de se débarrasser de l’encombrante conséquence, décide de garder le bébé et de le donner à une famille désireuse de l’adopter. On la suit donc depuis ses premiers tests de grossesse jusqu’à l’accouchement.

Et curieusement tout se passe bien :

  • l’annonce à ses parents se fait sans le moindre drame, à peine s’ils tiquent,
  • la famille adoptive qu’elle trouve en trois secondes dans une petite annonce de gratuit, est aisée, et elle se découvre avec eux nombre d’affinités,
  • c’est à peine si sa grossesse se remarque au lycée qu’elle fréquente, (du reste, aucune scène pénible d’ostracisme quelconque n’y est montrée explicitement, à peine si elle évoque qu’on la regarde bizarrement)
  • et d’ailleurs c’est à peine si elle est malade, prends du poids ou subit les petits inconvénient dûs à son état, restant pimpante tout du long,
  • et enfin, le père de son bébé, finalement un bon garçon, s’avère être son véritable amour.

En somme, on voudrait nous laisser penser, qu’une grossesse à 16 ans, ce n’est pas si grave, que l’avortement, n’est pas une solution envisageable (il n’y a qu’a voir la scène de la clinique au début du film, où elle est reçue dans un lieu respirant la saleté par une réceptionniste aux allures de punk et multiples piercings).

Je veux bien qu’on me prenne pour un abruti au cinéma, c’est même le principe, s’immerger dans une fiction, même invraisemblable, et en tirer plaisir. Mais on ne me fera pas croire une seconde que ce film n’est pas sous-tendu par une propagande subtile en faveur des mouvements pro-life, ce qui a le don de m’agacer prodigieusement. Pas tellement les pro-life en soit, ils ont leurs opinions, grand bien leur fasse, mais la propagande assénée en sous-main, dans un film, je le répète, tout à fait regardable dans le genre comédie dramatique légère et bien enlevée. J’aime bien être prévenu lorsque je vais voir un film qui défend des opinions politiques, pas me faire prendre par surprise.

Revue d’entrefilets

Trouvé dans Métro ce matin un reportage (enfin un reportage de Métro, c’est à dire un article qui fait deux fois la taille d’une brève dans Libé) sur les résultats d’une enquête menée sur Internet par la RATP, concernant les améliorations que les usagers souhaiteraient voir apporter aux transports en communs de la région parisienne.

bebe-fumeur.jpgDans le lot :

  • Apprendre aux mamans à ne pas laisser leur bébé pleurer pendant le trajet (c’est sur elles n’ont qu’à les étouffer avec un coussin)
  • interdire de fumer sous les abribus.

Méfiez-vous braves gens, le bébé rejoint le fumeur aux rangs des nuisances…

A propos de fumeurs, justement, une poignée (selon la police, les organisateurs n’étaient pas assez nombreux pour compter) a manifesté sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Comme quoi, on peut-être fumeur et con à la fois, comme si ça allait changer quoique ce soit de manifester à 12 contre une loi déjà passée, appliquée et largement médiatisée et plébiscitée. Quand on a perdu, on serre les dents et on passe à autre chose. (Comme de manifester pour le droit de fumer sous les abribus, faut pas pousser quand même) .

Dans Libé :

  • J’apprends la mort de George Habache (82 ans), le fondateur du Front Populaire de Libération de la Palestine. Habache est mort sans voir la Palestine libérée, triste pour lui, même si je n’ai aucune sympathie pour les méthodes qu’il a employées pour parvenir à ses fins.
  • Christine Albanel annonce une loi anti piratage pour l’été. Histoire de «sauver» la filière de la musique. Comme si on pouvait sauver quoique ce soit dans le business de la distribution musicale. Ces imbéciles s’entêtent à vouloir faire perdurer un modèle de distribution moribond au lieu de s’adapter. (Qui a dit Darwin ?). En attendant allez faire un tour sur Jamendo, ou sur Deezer pour voir émerger des modèles de distribution qui préfigurent l’avenir dans ce domaine.
  • L’union européenne, pas en reste de mesures de contrôle, prépare un registre électronique des entrées et sorties du territoire de l’UE, pour juguler l’immigration illégales des étrangers qui restent au dela de la durée de leur visa. A quand le tatouage d’un code barre pour les touristes ?

 

Les dictateurs meurent souvent dans leur lit…

The Great DictatorAppris aujourd’hui la mort de Suharto, 86 ans, qui s’en va rejoindre la cohorte de ses collègues qui l’ont précédé. 86 balais pépé, et tout son pouvoir de nuisance intact.

Ça semble être une longue tradition, le dictateur meurt vieux. Franco (83 ans), Eyadéma (70 ans, un jeunot), Pinochet (91 ans) , Kim Il Sung (82 ans), Mao Zedong (83 ans), Fidel Castro (81 ans) , qui ne devrait pas tarder à suivre, même s’il a l’indécence de s’accrocher, Salazar (81 ans), Khomeini (87 ans), pour ne citer que les plus notoires.

Non seulement ces types sont nuisibles, mais en plus il le sont longtemps (et encore, je ne parle même pas des papes de l’église catholique, putain Jean-Paul II qu’est-ce que j’ai pu attendre qu’il crève ce vieux pourri, mais le pape, c’est comme le dictateur, ca s’accroche).

Quand même, on se demande comment tous ces vieillards réussissent à tenir si longtemps. Vous croyez que les survivants autoriseraient des recherches médicales ?

On va pas sortir le champagne non plus, des empaffés il en reste un certain nombre à s’accrocher, sans compter ceux qui prennent la relève, mais c’est toujours un salaud de moins, faut pas cracher sur les petits bonheurs.

Boucheries à l’affiche.

Frontière(s)Frontière(s) est un thriller d’horreur sorti voici quelques jours, dont les affiches inondent mon parcours pour me rendre au taf.

Pour ma part, je n’ai rien contre le gore au cinéma, c’est un sous-genre qui a fait ses preuves, avec des films parfois étonnants à l’instar de Trouble Every Day ou la série déjantée des Saw. Je ne suis pas client, j’éprouve même un certain malaise à leur vision lorsqu’il m’en tombe un par hasard sous le nez, mais je ne critique ni leurs faiseurs, ni leur public.

Là toutefois, ce n’est pas du film dont je veux parler, je ne l’ai pas vu, mais de l’affiche. Reprenant un procédé cher à « Voici », qui a fait de la publication des jugements à son encontre une forme de publicité, l’équipe chargée du marketing à la production d’Europacorp, la boite de Luc besson, nous a extrait un avis de la commission de classification (les gens qui décident si votre film est tout public ou pas) pour en faire le thème dominant de son affiche. On y insiste lourdement sur le réalisme des scènes de boucheries (au pluriel, notez-bien).

Et c’est bien là ce qui me gratte à contresens du poil. On fait la promo du film en flattant la curiosité la plus vile de l’éventuel spectateur, un peu comme lorsqu’on exécutait les condamnés à mort en place publique sous l’oeil torve d’un public excité par le sang. Et ça ne dérange personne . Pas la moindre association bien-pensante qui ne menace le film d’un procès, pas le plus petit entrefilet qui mentionne le côté malsain de cette forme de publicité. Rien, nada, néant.

Qu’on se souvienne de l’interdiction de Baise-moi, des ennuis de Costa-Gavras à propos de l’affiche d’Amen. Là ma foi, il y avait du cul-béni pour s’offusquer, de la bonne bourgeoisie chrétienne offensée, mais apparemment, la grenouille de bénitier n’est pas dérangée par l’apologie de la violence.

Je m’interroge sur l’état de santé mentale d’une société qui prône librement le massacre sur ses murs pour en faire un argument de vente sans que quiconque s’en émeuve. (Et rien que de me poser la question, jvais encore me faire traiter de gauchiste)

6 of 11
2345678910