Politique

Ite missa est ?

Ouaip, la messe est dite. Chez moi, nous somme 190 (sur un peu plus de 49 000 suffrages exprimés), à avoir donné notre voix à Florent Gallaire, qui bat tout de même (de peu) le candidat L.O.

Le candidat PS est en tête du ballotage, c’est bien un des rares. La chose qui m’a frappé lorsque je je suis allé voter, c’est surtout l’absence de queue. Ils étaient où hier les citoyens ? Quasiment 40% d’abstention. Qu’est-ce qui s’est passé ? Trop sonnés par la présidentielle on n’a pas jugé utile à gauche de se déplacer ? Dégoutés par les batailles internes du PS ? (Et y’a de quoi, certes…). C’était une raison pour rester couché sur le côté en regardant hébêtés, passer le train de la droite ?

On peut espérer, dimanche prochain, le sursaut, le « ohla… trop c’est trop », pour ma part j’y crois pas plus que ça, mais ça n’empêche pas d’espérer. N’oublions pas que l’assemblée, ce n’est pas que des députés dans l’hémicycle qui votent des lois, c’est aussi une kyrielle de commissions de travail qui préparent ces lois et leurs éventuels amendements.

Et si dans ces commissions ne peut se faire entendre que la voix de la droite, je prédit (sans trop de risque de me gourrer, jschuis pas madame soleil d’accord, mais y’a des signes qui trompent pas) des jours sombres aux « petits, aux sans-grade ».

Bon, reste toujours l’exil possible du côté de Reus mais franchement mon espagnol n’est pas terrible… 🙂

C’est reparti pour un tour, enfin deux.

Premier tour des législatives ce matin. Après la gueule de bois consécutive à la présidentielle, je ne crois plus trop à une victoire de la gauche, et je ne suis pas le seul.

Je vote PS, avec constance, et parfois conviction, depuis 1981. Mais là, je suis lassé des déchirements internes, des piques que s’envoient les uns et les autres, des batailles pour ramasser les miettes. Mieux que des éléphants, c’est un troupeau de hyènes se disputant une charogne plus trop fraîche que m’évoquent les caciques du parti.

Alors, c’est décidé, ce matin je vais aller voter pour autre chose. Ni LO, ni la LCR, engoncés l’un et l’autre dans leurs idéologies, mais le candidat « Nouvelle Vague » (cherchez pas sur Google, le nom de leur mouvement est très joli, mais comme mot-clé, ils auraient pu difficilement trouver pire pour se faire référencer), Florent Gallaire (ouais maintenant vous savez dans quelle circonscription j’habite)

Gallaire a 25 ans, un des leaders du mouvement anti-CPE. Il a fort peu de chances de l’emporter, mais son programme a le mérite de la fraicheur, et si lui et d’autres de son acabit réussissaient à entrer à l’assemblée, ça aurait le mérite de foutre un bon coup de pied dans la fourmilière.

On aspire tous au changement à la tête de l’Etat, et dans le fond, si on veut que ça change, la bonne idée serait peut-être de commencer par donner leur chance à des gens qui veulent le changement, pas encore aux mêmes politicards de métiers dont le seul souci est de préserver leur situation et leurs privilèges.

Le monde est fou, mais des fois il est drôle

Ariel SantamariaY’a pas à dire le monde est fou, mais certaines infos sont plus réjouissantes que d’autres. En espagne, il faut croire qu’ils ont un faible pour les allumés, en tout cas ça semble être le cas selon cette dépêche de Reuters, reprise un peu partout qui nous apprends qu’Ariel Santamaria, un ancien postier candidat d’un petit parti indépendant vient de se faire élire au conseil municipal de Reus, une ville d’une centaine de millier d’habitants tout de même, située à une centaine de kilomètres de Barcelone.

Ce monsieur, qui animait ses meetings habillé en Elvis Presley, et dont je trouve quant à moi qu’il a des faux airs du regretté Coluche, a pour programme, selon Reuters de « transformer le parc de la ville en piscine nudiste, repeindre l’hôtel de ville en rose, de planter de la marijuana dans les parcs publics et d’équiper les policiers locaux avec des équipements GPS leur permettant de localiser les gens ayant besoin d’un briquet lorsqu’ils roulent un joint».

Après quasiment un an de campagne présidentielle acharnée chez nous (et le triste résultat que l’on sait), à quelques jours du premier tour des législatives, je trouve cette info rafraîchissante. Il reste pas si loin de chez nous des terres d’asiles pour le cas où la vie en Sarkoland deviendrait par trop insupportable dans les mois qui viennent.

Reus en TaragonneJe soupçonne que les prix de l’immobilier à Reus ne devraient pas tarder à grimper du fait de l’émigration massive de réfugiés français, d’autant que la ville n’a pas l’air laide…

Et comme je suis pas chien, j’ai fouillé un petit peu et trouvé des images d’Ariel Santamaria en campagne. Ça vaut le coup d’oeil 🙂

et en prime une tite chanson :

Nantis, réjouissez-vous, la campagne continue

Allez, hop, le nain vous offre un petit cadeau. Rien de très surprenant en fait. Les législatives pointent leur nez, il convient de conforter l’électorat dans le sentiment qu’ils ont eu bien raison d’élire le champion toutes catégories des bourgeois de toutes obédiences. (Ne me dite pas que le bobo du XIe ou du XIVe arrondissement qui vient justement de se payer un F5 n’est pas content des petits cadeaux fiscaux qu’on lui fait, même s’il a le coeur à gauche, son portefeuille, lui, sait où il vote).

Pendant ce temps-là on n’entend plus parler des Don Quichotte, y’a toujours pas un poil de HLM de plus à Neuilly. Ah et puis tiens on nous promet une hausse de l’immobilier, conséquence logique des cadeaux régaliens du nain.

Ça me fait penser, l’autre jour j’ai vu une annonce placardée au pied d’une résidence pas plus luxueuse que ça : « à vendre parking : 38 000 € » (Si, comme moi, l’euro vous semble toujours un peu abstrait et que vous avez du mal à vous faire une idée, 38 000 € ça fait dans les 250 000 francs). Trente-huit mille euros, pour garer une bagnole à l’année ? Je me demande si l’acheteur pourra obtenir une réduction d’impôts sur le garage de son 4×4…

Coïncidence ou contradiction ?

Lu hier dans libé un article sur le conseil d’état qui vient d’annuler une décision de la CNIL qui empêchait les sociétés d’auteurs de mettre en place des dispositifs de surveillance de masse afin de repérer les internautes qui téléchargent illégalement de la musique.

Loin de moi l’idée de relancer le débat sur le sujet, il a été exploré en long en large et en travers, notamment lors du vote de la loi DAVSI, Non ce que je trouve amusant, c’est que le même libé, un peu plus loin consacrait tout un article aux Sopranos et qu’en guise de note de bas de page on peut y lire :

En France, Canal Jimmy vient de finir la diffusion de la première partie de la saison 6, et entamera à la rentrée la seconde, avec les ultimes épisodes. Pour les plus impatients, il est relativement aisé de télécharger la série sur Internet.

 

(sur l’article en ligne, c’est à gauche dans un petit cartouche « »Plus… »).

Et donc, c’est moi, ou bien l’auteur nous invite clairement à aller faire un tour sur notre site de P2P illégal préféré pour aller y chercher les derniers épisodes ? Je sais bien que Libé n’a jamais été spécialement favorable à la loi DAVSI, mais là, ils devraient faire gaffe à leurs fesses.

Et à part ça, que le Conseil d’État se réveille juste après l’élection du nain pour promouvoir la mise en place de mesures qui autorisent une surveillance massive du réseau, quelles qu’en soit les fins, et que la CNIL se voie infliger un tel camouflet, ça a tendance à me faire froid dans le dos. Et après on va aller s’indigner de la main mise des autorités chinoises sur leur portion de l’Internet, alors qu’on est en train de construire des outils de surveillance tout aussi potentiellement dangereux.

Bienvenue en Sarkoland 🙂

Ça tabasse en Sarkoland

Lu hier dans Libé cet article, le énième récit de l’expulsion d’un sans-papiers. Ce qui me frappe là-dedans, ce n’est pas tant la violence policière, somme toute banalisée de nos jours, c’est la peur de l’image manifestée par ces mêmes policiers.

La disproportion des moyens mis en oeuvre pour retrouver la personne qui avait filmé la scène et serait donc à même plus tard de témoigner. Quoi ? la PAF craindrait-elle qu’on puisse lui reprocher ses méthodes ? La violence employée ne se justifierait-elle pas qu’il faille éliminer les preuves de son utilisation ?

Et puis la hargne de ces mêmes policiers, à trouver un « meneur » et à essayer d’engager des poursuites. Aujourd’hui, témoin, c’est une activité dangereuse. Oser dire les dérives d’une administration dont le rôle premier est de protéger les gens, ça peut vous mener au tribunal. Pour le moment, il y a encore la case tribunal. A quand l’envoi direct en taule sans passer par la case départ ?

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