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Trois mois à peine pour tirer la chasse sur l’état de droit

Trois mois à peine pour tirer la chasse sur l’état de droit

C’est le temps qu’il aura fallu à nos chers élus pour passer de « je suis Charlie » à « faisons fermer leur gueule à ceux qui osent l’ouvrir ».

Le 16 janvier dernier, un peu moins d’une semaine après les attaques et la tempête médiatique corollaire, je prédisais que nos gouvernants allaient s’en donner à cœur joie à coups de lois liberticides. On le voyait venir gros comme une maison. Tristement ça n’a pas manqué. On commence par une loi qui autorise le blocage administratif des sites considérés (pas ‘jugés’ par un juge avec la possibilité de se défendre, ‘considérés’, par une autorité administrative auto-désignée comme seul juge, seul recours) comme terroristes. On ne laisse même pas passer un peit mois qu’on cherche à étendre le blocage aux sites tenant des propos ‘antisemitistes et/ou racistes’, et certains mouillent déjà leur slip à l’idée de ‘bloquer les propos injurieux envers les élus’.

Et puis derrière on nous concocte une ‘loi renseignement’ qui permettra de faciliter, là encore sans l’intervention d’un juge, la surveillance instantanée des présumés terroristes. La remise des clés de chiffrement, l’installation de backdoors dans les applications sont parmi les mesures annoncées…

Il va falloir combien de temps pour étendre celle loi là à la surveillance généralisée de tout un chacun sans recours aucun ? Trois ans ? Ttois mois ? Trois semaines ?

On a encore, pour combien de temps on s’interroge, le droit de s’en indigner, de protester, de mettre à notre niveau en place des mesures pour contrer cet espionnage constant de nos vies.

Ne vous étonnez pas si dans l’année suivent des lois pour interdire ou limiter l’usage de VPN, l’interdiction de chiffrer son disque dur via VeraCrypt, le blocage des sites qui proposent des logiciels de chiffrement, l’interdiction d’utiliser TOR, l’obligation d’utiliser le résolveur DNS de son fournisseur d’accès (voire le DNS unique du gouvernement hein, pourquoi pas) à l’exclusion de tout autre.

Bientôt un email envoyé chiffré avec GPG vous vaudra la mise au gnouf, Guantanamo style, avec des gus en noir qui débarquent en pleine nuit, te collent un capuchon sur la tête et t’embarquent pour une taule discrète. (D’accord je pousse peut-être le bouchon là, mais….)

Nous assistons petit à petit à la mise en place, chez nous et chez nos voisins d’état policiers, et les choses s’accélèrent. Le mouvement ne date pas d’hier, on le sent venir depuis une douzaine d’années. C’est juste que maintenant les technologies pour donner aux gouvernements les moyens de contrôle parviennent à maturation et sont prêts à être déployés à vraiment grande échelle.

Ceci au fond ne fait rien, juste un billet de (mauvaise) humeur.

Charlie, ou comment ça pue de la gueule.

charb par  thierry ehrmann

Charb par Thierry Ehrmann

Alors voilà, ça y est on l’a enfin notre 11 septembre à nous. Depuis le temps que les américains nous faisaient chier avec leur grand deuil national, et qu’on avait rien à leur répliquer, qu’il nous manquait ce magnifique prétexte pour enfin faire voter les “lois qui s’imposent” et faire fermer leur sale gueule à tous ces gauchistes au nom de l’union nationale et de la liberté d’expression (tiens faire fermer ça gueule à quelqu’un au nom de la liberté d’expression, c’est un peu contradictoire, mais bon, on ne va pas s’arrêter à ces détails).

Putain, ces affreux terrorislamiste, quelle belle occaze. On va enfin pouvoir imposer les lois dont on rêve depuis des années, foutre une bonne fois un terme à la liberté, imposer les caméras de surveillance (pardon, les mesures de vidéoprotection) jusque dans les chiottes. Droite et gauche tous unis mouillent leur slip en bavant à l’idée.

Il a fallu quoi ? 10 minutes entre la fusillade chez Charlie et les premières insanités germant dans la tronche des spin-doctors ? Allez je vais être généreux, un bon quart d’heure.

En attendant, martelons, martelons jusqu’à la plus totale hébétude des masses, le musulman, c’est un terroriste, c’est sur. On ne vas pas le dire comme ça bien entendu mais on va insidieusement répandre l’idée, le faire dire à d’autres, on peut enfin tout se permettre, tout justifier, on ne va pas se gêner.

Quand on aura fini d’exploiter le filon, avec du bol on aura fait admettre le code barre tatoué dans le cou et la puce RFID implantée dans le gras du bide.

Et tant pis sis les pauvres mecs qui sont morts sous les balles des autres pauvres cons exploités auraient gerbé leurs tripes à voir ce battage, on s’en fout, ils sont crevés ces bâtards, bon débarras, ils viendront pas protester, pas plus que les emmanchés qui les ont butés, ceux là on n’allait pas les parader vivants, ils auraient pu dire des trucs qui cadraient pas. Putain le doublé gagnant gagnant de rêve, On peut faire dire tout ce qu’on veux à des cadavres qu’ils soient les victimes ou les meurtriers.

Allez les gars, on peut se lâcher, les droits-de-l-hommiste n’auront qu’à la boucler, ils peuvent rien oser dire. Tu te rends compte on peut faire passer des trucs que le borgne oserait même pas murmurer en privé ?

Je vais vous dire… Toute sensation de dégoût et de malaise éprouvée à la lecture des actualités politiques (ou pas) depuis les massacres en question ne serait pas complètement fortuite.

PS : ce billet est dédicacé à cette bouffonne de Nathalie de St Cricq, qui voudrait “traiter et repérer ceux qui ne sont pas Charlie”. A cela ma bonne dame, je te rétorquerai que la liberté d’expression ça s’use que si on ne s’en sert pas.

Et aujourd’hui un petit trackback chez Seb Sauvage

Seb Sauvage, dont je suis un fervent lecteur (silencieux parce que son système de blog ne permet pas les commentaires, c’est un choix… en même temps j’imagine qu’il n’a pas envie de s’emmerder à les gérer), Seb sauvage donc, nous livre aujourd’hui une opinion intéressante sur la numérisation des livres par Google. avec laquelle je suis plutôt d’accord.
Allez lire, c’est là : http://sebsauvage.net/rhaa/index.php?2009/12/10/09/51/20-sarkozy-est-hostile-au-numerique

En Sarkoland ta gueule tu fermeras

En Sarkoland, la critique est un art qui se perd… Enfin, le droit de critiquer, voire même de simplement rapporter des faits, avérés exacts, mais qui on l’heur de déplaire au résident du château.

A la suite de la révélation par Libé des propos.. disons musclés du président à l’égard de certains de ses homologues au cours d’un déjeuner, Madame royal s’est de nouveau répandue en excuses, tandis que l’Elysée démentait à tout rompre, tout en tapant sur l’ancienne candidate à la présidentielle.

Le fond de cette polémique n’est pas finalement de savoir si le président est critiquable ou pas, ni si Ségolène va devoir continuer de multiplier les excuses qui lui assurent une existence médiatique à pas cher dans le but de ne pas disparaitre du paysage. Le fond, c’est que M. Sarkozy trouve blâmable qu’on ose le critiquer, le fait savoir en détachant la laisse de ses chiens qui ne se gênent alors pas pour se répandre en accusations puantes à l’égard de ceux qui ont osé élever la voix à son encontre.

Le fond, c’est que nous sommes (encore) dans une république (comme le président ou ceux qui rédigent ses discours n’ont de cesse de s’en glorifier), que la loi garantit la liberté d’expression, n’en déplaise au prince, que les propos rapportés ne sont pas diffamants mais le simple énoncé de l’attitude d’un homme qui a, lui, moins de respect pour la fonction de chef de l’état qu’il n’en réclame, voire n’en exige de ses sujets administrés.

Le fond c’est que M. Sarkozy, pour intelligent qu’il soit, pour beau parleur qu’il se révèle, est doté d’un tempérament qui lui fait souvent parfois oublier la modération dont le tenant de sa fonction devrait savoir faire preuve dans ses propos, et qu’il a ensuite l’audace la candeur de s’étonner qu’on puisse désapprouver ses manières.

pov’ chou va…

Black-Out

HADOPI - Le Net en France : black-out

Mes visiteurs habituels (je veux dire ce qui n’ont pas tapé « bébé chinois qui fument à poil » dans gougeule) auront noté le changement de couleur du blog. La raison en est que je suis le mouvement de black-out préconisé par la quadrature du net. (détails dans le lien… dossier complet et note de synthèse à transmettre à votre député (voir billet précédent) ci-dessous)

Télécharger le dossier complet (PDF) / la note de synthèse (2p PDF)

On peut aussi signer la pétition de SVM

On lira aussi avec intérêt Les 10 Bonnes raisons de dire non à HADOPI, un article de Guillaume Chapeau pour Numerama

Rejoindre le groupe Facebook « Pétition contre Hadopi« 

Création et internet (Hadopi) Inciter son député à voter contre

Il est important de ne pas laisser passer encore un projet de loi liberticide aux ramifications bien plus larges qu’elles ne le semblent, puisqu’il prépare le terrain pour un filtrage généralisé de l’internet, une censure d’état de fait.

En tant que citoyens, et électeurs, nous avons un moyen de pression simple : écrire à nos députés.

D’abord on trouve son député sur la quadrature ou bien sur le site de l’assemblée nationale par une recherche de circonscription ou bien par liste alphabétique et ensuite on lui rédige un courrier électronique.

readwrite web propose un modèle de lettre qu’on peut trouver ici. Pour ma part, j’ai rédigé la mienne à Jean Marie Le Guen, en m’inspirant de celle de framaweb, et en reprenant diverses sources (la quadrature du Net, diverses notes glanées ici et là (toutes sources qui invitent à être citées et même reprises).

En voici le texte :

Objet : Opposition au projet de Loi création et Internet (HADOPI)

Monsieur le député,

Vous avez été élu député de ma circonscription, et, à ce titre, je me permets de vous adresser ma requête :
Vous allez être appelé à voter, au mois de mars prochain, une loi proposée par le gouvernement appelée ‘Création et Internet’, plus connue sous le nom de loi Hadopi.

Je tiens par la présente à vous faire part de mon opposition radicale à cette loi promue essentiellement par les lobbies des industries de la culture.

Est-il besoin de rappeler que le rédacteur du rapport à l’origine de ce projet de loi n’est autre que Denis Olivennes alors PDG de la FNAC (et se demander par là même ou se situe le conflit d’intérêt) ?
Faut-il vraiment insister sur les chiffres imprécis, biaisés ou fantaisistes cités par Mme Albanel pour justifier de la promotion de ce projet de loi liberticide ?

Doit-on accepter une loi qui bafoue d’entrée de jeu les principes fondamentaux de notre démocratie comme la présomption d’innocence ?  En effet le projet de loi « Création et Internet » introduit de graves questions de respect des
libertés individuelles :

  • Les droits de la défense à un procès équitable et à une procédure contradictoire sont bafoués. Il n’est pas possible de contester les accusations de l’HADOPI, ni même la sanction avant que celle-ci ne soit prononcée.
  • L’HADOPI peut accéder à toutes les données de connexion des utilisateurs stockées par les FAI, sans aucun contrôle de l’autorité judiciaire. Ce pouvoir d’exception d’accès à des données personnelles n’existe temporairement que pour les unités anti-terroristes.
  • Risque de double peine : l’infraction de « non-sécurisation de l’accès » pourra s’ajouter à des poursuites pour contrefaçon.

Doit-on voter une loi, dont la ministre qui la défend reconnait elle même ses difficultés d’application et son obsolescence inévitable dans les mois qui suivront sa mise en oeuvre ? Alertée dès l’été 2008  par une note de la CGTI (commission générale des technologies de l’information) la ministre de la culture n’a pu trouver de réponse satisfaisante à ces questions d’obsolescence:

« les versions les plus récentes des clients P2P offrent des possibilités de dissimulation des adresses et des contenus : tel est le cas notamment d’Azureus (Bittorrent) et d’eMule (cases à cocher et téléchargements d’un plug-in I2P : Invisible Internet Project) ; d’autres projets sont en phase de développement (comme Anomos) ou simplement annoncés « 

N’y a-t-il pas une utilisation plus urgente dans des secteurs plus fondamentaux comme la santé ou l’éducation des deniers de l’état ?

D’autre part, si les lobbies de l’industrie culturelle ont trouvé des oreilles attentives en France, il n’en va pas de même dans le reste de l’Europe :

Le vote de la résolution basée projet de rapport Medina qui contenait en autres des dispositions extrêmement restrictives comme :

  • Riposte graduée : le rapport recommande la « riposte graduée » contre le partage de fichiers sans autorisation dans toute l’Europe, y compris la coopération des FAI sur dénonciation des industries du divertissement (points 31, 37).
  • Filtrage des contenus d’Internet : les recommandations demandent le déploiement de technologies de filtrage d’Internet « à des buts d’identification et de reconnaissance […] en vue de distinguer plus facilement les produits légaux des produits piratés », contredisant la nature même d’Internet (point 35).
  • Responsabilité des fournisseurs d’accès à Internet : le rapport « invite à la réflexion sur la responsabilité des fournisseurs d’accès à Internet dans le combat contre le piratage » et comprend comme objectif de rendre les fournisseurs d’accès à Internet responsables des contenus publiés par leurs utilisateurs (points 32, 36, 37).
  • Opposition aux exceptions au droit d’auteur : ses conclusions sur les exceptions au droit d’auteur anticipent les résultats de la consultation publique lancée par la Commission Européenne sur le « Droit d’auteur dans la société de l’information » et annoncent que toute réforme de la directive de 2001 sur le droit d’auteur est indésirable, que le régime existant des exceptions au droit d’auteur l’est aussi, et qu’il n’est pas nécessaire d’introduire de nouvelles exceptions. Cette position archaïque sape la créativité, l’interopérabilité et l’innovation (points 3, 20, 23, 25).

vient d’être reporté sine die par le Parlement Européen, et sera probablement abandonné.

Le 16 février, le Contrôleur européen de la protection des données a publié un avis sur la révision de la directive européenne 2002/22/CE (qui fait partie du paquet télécom). Une partie importante du rapport est consacrée aux mécanismes de « three-strike approach » qui sont le modèle de la loi Création et Internet.

« Dans une lettre datée du 2 février 2009 à M. Malcolm Harbour, rapporteur de la directive « Service Universel », le contrôleur a exprimé ses inquiétudes sur les implications pour les données personnelles de la surveillance systématique de l’internet qui est un élément inhérent aux approches de riposte graduée. Il a aussi mis en question le fait de confier le rôle de gardien des droits fondamentaux à des organismes privés (comme les détenteurs de droits ou les FAI), plutôt qu’aux autorités judiciaires ». Le contrôleur invite également les organismes législatifs à réintroduire l’amendement 138 et d’autres dispositions protectrices des droits que le Conseil a supprimés après leur adoption en première lecture au parlement.

Un nouveau dépôt de l’article 138 au parlement ne semble faire aucun doute.

Votre temps est compté, je n’en doute pas, et vous n’êtes pas nécessairement informé de toutes les graves implications et contradictions relative à ce projet de loi, comme la mise en place de « listes blanches » de sites autorisés dans les point d’accès public (un Internet approuvé et autorisé par l’état ne vous semble-t-il pas dangereux ?). l’obligation pour les internautes désireux de se protéger des conséquences de cette loi d’installer à leur domicile des « logiciels de sécurisation » payants, là encore approuvés par l’état

La liste est longue…

Aussi, monsieur le député, lors du vote de cette loi, en tant que citoyen et électeur, je vous invite à vous prononcer contre

Cordialement,
mon nom

Bien sûr le texte de celle lettre est en Creative Commons et vous pouvez le repiquer pour vous en inspirer dans votre email à votre député.

Si votre député fait partie de la majorité parlementaire, c’est d’autant plus important de le cibler. La gauche votera probablement contre par principe (encore qu’il faille se méfier), mais si on peut gagner quelques voix de droite c’est d’autant mieux.

Le retour du Paquet Telecom

Deux petites choses à remarquer aujourd’hui :

D’abord, seb sauvage qui signale que le petit Nicolas, qui veut obliger les fournisseur d’accès à bloquer les sites de pornographie infantile. Qui va oser protester contre cette louable intention hein ? Sauf qu’on sait comment ça commence, on fait voter une loi sous prétexte de protéger les mômes, et au final on se retrouve avec un instrument de censure trop tentant pour ne pas l’utiliser à toutes les fins de blocage des gens qui dérangent.

D’autre part, la Quadrature du net, ne baisse pas les bras, et nous alerte sur les nouveaux amendements glissés en douce dans le Paquet Telecom (décidement, celui là nous cause bien des affres). Je vous recommande particulièrement la lecture de ce billet et des scénarii possibles si ces amendements étaient adoptés.

Ce qui est inquiétant c’est quand on combine les intentions de censure déclarées de certains gouvernement (aux rangs desquels le nôtre figure en très bonne place), avec la possibilité offerte aux FAI de restreindre les accès au niveau le plus bas de la couche réseau. (si ton fournisseur limite de facto les protocoles auxquelles ton offre d’accès te permet d’accéder, tu risque d’avoir des problèmes pour contourner les censures camarade, un peu comme si, non content d’ériger un mur autour de toi, on te ligotais pieds et mains pour être sûr que tu grattes pas le mortier avec les ongles).

Le porte-parole ferait bien de la fermer des fois

Lu hier dans Libé une citation de Frédéric Lefebvre à propos d’un projet de loi que pour ma part je trouve quelque peu scélérat :

La dénonciation est un devoir républicain

On pourrait dire à ce monsieur que ses déclarations sont réminiscentes d’une époque où il ne faisait pas bon vivre, mais on se doute qu’il le sait déjà.

On attends avec impatience qu’il propose de remplacer « Liberté, égalité, fraternité » par « travail, famille, patrie » aux frontons des mairies, ce serait dans la ligne….

La machine à faire mouiller les publicitaires

Panneau Numéri-Flash à la station Opéra. D.R.Tous ceux qui ont lu de la science-fiction un peu assidument sont tombés un jour ou l’autre sur un bouquin où le héros débarque d’un astroport quelconque et se fait agresser par une publicité envahissante, en général sous forme d’hologramme, qui s’accroche à ses basques.

La bonne nouvelle, c’est qu’on en est pas encore là. La mauvaise, d’un autre côté, c’est que la RATP, toujours à la pointe de la technologie quand il s’agit de rafler du blé, un peu moins quand il s’agit de réguler le trafic de la ligne 13 (mais je m’égare), s’apprête à déployer d’ici la fin 2009 de nouveau panneaux publicitaires intelligents.

Pour citer le communiqué de presse :

Constitué d’un écran LCD Full HD Samsung de 70 pouces (90cmx160cm), le Numéri-Flash est :

révolutionnaire et avant-gardiste car il offre de multiples possibilités en termes de diffusion : contenus sous forme d’images fixes ou animées et par la suite des images 3D.

intelligent, car il intègre bon nombre de fonctions performantes :

  • Diffuse des boucles de messages séparément, par groupe de mobiliers ou en réseau,
  • intègre des fonctions de diagnostic de pannes et de réparations automatiques,
  • intègre des capteurs qui régulent la température, l’hygrométrie, les chocs,
  • émet une alerte en cas de vibrations ou de chocs violents.

Pour la première fois, un média est conçu et installé avec son dispositif de mesure d’audience intégré. Le système est continu, seconde après seconde, 365 jours par an.

Ces aimables machins sont donc conçus pour renvoyer en permanence de l’information sur l’audience de telle ou telle pub, en temps réel à leur régie publicitaire. Et ce n’est pas tout, à terme, en passant devant ils enverront également des messages de pub ou des coupons de réduction vers votre portable, via des fonction Bluetooth. Les capteurs d’audiences, eux, sont capables de déterminer avec précision vers quelle partie de la publicité affichée l’attention du passant est attirée.

Déjà, ce profilage, ça m’agace un poil. Mais projetons nous un peu dans la tête du marketroïde de base… On a des capteurs d’un côté, des passants tous munis d’une carte à puce RDIF de l’autre (le fameux passe Navigo, devenu la norme dès le mois de janvier 2009). Maintenant, si on compile des données statistiques en temps réel, qu’on peut repérer par quoi un passant donné, identifié par sa puce Navigo, a été le plus attiré, en théorie, on pourrait afficher une pub individualisée à chaque passant (ou groupe de passants), et lui envoyer directement sur son portable un message personnalisé pour répondre à ses centres d’intérêt.

Bon, bon d’accord, je me projette, c’est de la science-fiction et je suis paranoïaque… Enfin dans les bouquins de SF sus-cité, je crois me souvenir qu’on pouvait se procurer des dispositifs anti-pub envahissantes, pour combattre ces saletés. Serait temps que quelqu’un se mette à les développer, je flaire une niche à occuper 🙂

Je crois que je n’aime pas Anne Humbert.

Trois avocats conversant par Daumier Epidemik est un blog que je lis régulièrement depuis sa création, et sur lequel je ne taris pas d’éloges, tant par la qualité des billets, rédigés par un collectif d’auteurs variés, que par l’humour grinçant qui s’en dégage au fil des pages et des commentaires.

Seulement voilà, l’humour grinçant, ça ne convient pas à tout le monde, et ses victimes manquent parfois singulièrement de fair-play. Pour preuve, Anne Humbert, qui fut rédactrice en chef de LadiesRoom, cible de quelques piques dans les pages du blog sus-cité, plutôt que de rétorquer par le même biais a choisi la voie judiciaire pour faire retirer des billets la citant d’Epidemik.

Certes, on peut concevoir que la dame se sente blessée, victime d’une critique injustifiée, mais était-il nécessaire d’en arriver aux mises en demeures, aux menaces de poursuites, à l’acharnement judiciaire ?

On sait que l’exemple vient de haut, notre président n’hésitant pas à se couvrir de ridicule en poursuivant des fabricants de jouets à son effigie, une journaliste peut se sentir dans son droit de demander le retrait d’un texte la concernant. Cependant on peut aussi trouver la réaction disproportionnée. Les prétoires sont déjà suffisamment encombrés sans qu’il soit besoin d’y ajouter les griefs du premier venu qui s’est fait quelque peu malmener par voie de presse. Il existe une chose nommée « droit de réponse », qui en l’occurence, à mon sens, eut été bien suffisante, et qui, si on le manie avec un tant soit peu de brio (et n’oublions pas que le métier d’Anne Humbert est d’écrire), peut retourner les rieurs dans votre camp.

Mme Humbert n’a pas choisi visiblement d’exercer ce droit, préférant la menace et la censure, ce n’est pas à son honneur, et, sans la connaître ni préjuger des qualités humaines dont elle fait peut-être preuve par ailleurs, je dirais qu’au vu de ces actes, je crois que je n’aime pas Anne Humbert.

Pour plus d’infos, reportez vous à ces billets :

Epidemik mis en demeure pour une phrase

De l’affectation et du préjudice

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