Politique

Des tricheurs, des menteurs, des voleurs, des prévaricateurs et des obsédés sexuels

Mr-Smith-goes-to-Washington

La classe politique, dans son ensemble, s’ébaubit « Quoi comment le citoyen, les force vives de la nation, les électeurs s’abstiendraient ? Mais diantre qu’est-ce qui peut bien motiver ce désintérêt pour notre travail désintéressé, l’abnégation au quotidien dont nous faisons montre dans les épreuves douloureuses que nous traversons sur les bancs de l’assemblée et du Sénat ? Tiens, rien que l’autre jour Raffarin m’a piqué la dernière crème brûlée sous le nez à la cantine de l’assemblée, c’est dire tout de même comme c’est dur pour nous! ».

Bon je paraphrase un peu, mais vous voyez l’idée. Le politique, innocent comme l’agneau, s’étonne, au point que d’aucuns (je ne cite personne mais je pense à un député écolo qui cherchait à sortir de l’ombre) voudraient établir l’obligation de voter, fustiger l’abstentionniste, les coller au pilori et les bombarder de tomates pourries, les dénoncer à la vindicte populaire, leur raser la tête (Ok ok je m’emporte encore, mais vous voyez l’idée là aussi).

Et là, je voudrais rétorquer à nos amis dont c’est le métier de nous gouverner (déjà que ce soit un métier, passé quasiment de père en fils ça me chatouille de travers quelque part, y’a pas eu une espèce de protestation populaire y’a un peu plus de deux siècles à ce propos ?), je voudrais leur opposer donc ces quelques mots :

« Eh Pomme, si tu faisais ton boulot consciencieusement au lieu de te remplir les fouilles, de lutiner la gazelle ou de réfléchir à comment tu pourrais bien bourrer les urnes sans te faire prendre la main dans le sac, si t’agissais pour tes administrés au lieu de pour ton ton compte en banque, la nouvelle Jaguar de ta femme, le loyer que tu paies fictivement à une boite domiciliée à Vaduz pour ton modeste 36 pièces à Agadir.

Si t’arrêtais juste un peu de tous nous prendre pour des imbéciles ou des moutons pendant que tes mioches fréquentent les rallyes et le lycée Henry IV où ils apprendront l’esprit de caste.

Si au lieu de nous pourrir la vie en vendant ta voix (celle que NOUS t’avons donnée, le mandat que tu détiens en NOTRE nom) aux lobbies les plus offrants, qu’il soient pharmaceutiques, du divertissement, de l’armement, du nucléaire de l’alimentation ou de la surveillance, tu commençais à la place à réfléchir honnêtement à des solutions pour nous la rendre plus douce la vie, moins pénible.

Si tu nous démontrais, par tes actes, pas par tes postures bravaches devant les caméras de télé, que tu as à cœur nos intérêts et pas ceux de Monsanto ou de coca-cola, si tu venais de temps en temps poser ton gros cul bouffi par la bonne chère que tu t’enfiles à longueur de temps dans les bonnes cantines parisiennes, sur les bancs de l’Assemblée ou du Sénat pour voter en ton âme et conscience contre les lois scélérates que les gouvernements successifs nous imposent, fort de l’indifférence générale et des consignes du parti, alors ouais, peut être nous chatouillerait à nous autres de nouveau le désir d’exercer nos droits civiques (oui, droit au passage ducon, du genre, j’ai le droit, de vouloir – ou pas – voter pour ta face de raie). »

En d’autres termes, vous l’aurez compris je souffre, et pas que moi – non parce que si ce n’était que moi, ce serait pas grave, on me diagnostiquerai névrosé, on me foutrais dans un asile, on jetterais la clé et voilà, problème réglé. Mais nan, là c’est un peux dur de foutre 51 % des électeurs à l’asile ou en taule.. (remarque il faudrait en construire plein, ça relancerait l’emploi. Allez mon flamby, je te fais même pas payer le brevet sur l’idée, c’est cadeau) mais je digresse et je m’égare, qu’est-ce que je disais déjà ? Ah oui – Je souffre, donc, d’une grave crise de confiance dans la classe politique, toutes obédiences confondues hein, de Méluche à Marine, je jette dans le même sac.

Et pour répondre a l’édito de Charlie de cette semaine (ouais le cafetier de la brasserie où je déjeune s’est abonné après les attentats alors je le lis de nouveau) ce n’est pas l’utilité de mon vote que je met en question. C’est le fait que voter pour qui que ce soit de ces empaffés me dégoûte profondément.

Bon de là à cautionner un Chouard, petit maître de l’a peu-près, y’a aussi un gouffre genre le grand Canyon hein ? Me faite pas dire ce que je ne pense pas. Mais mon abstention (outre le fait que ça me permet de zoner en pantoufles un dimanche sans avoir à mettre le nez dehors, j’ai pas honte), c’est aussi une déclaration : j’ai tellement perdu confiance dans le système que même voter blanc, ça me hérisse.

Est-ce que j’ai une solution, une alternative ? une idée même vague de comment sortir de ce merdier ? Non, aucune. Mais je commence à être plus que sérieusement agacé dirons-nous.

(Vous noterez que je n’ai cité personne, hein ? Pour les détails croustillants de qui prévarique ou de qui viole qui, reportez vous aux entrefilets de 3e page de vos canards habituels, au Canard Enchaîné, à MediaPart à Reflets, et à deux trois autres, n’importe quel jour de la semaine, ou à peu près)

 

Trois mois à peine pour tirer la chasse sur l’état de droit

Trois mois à peine pour tirer la chasse sur l’état de droit

C’est le temps qu’il aura fallu à nos chers élus pour passer de « je suis Charlie » à « faisons fermer leur gueule à ceux qui osent l’ouvrir ».

Le 16 janvier dernier, un peu moins d’une semaine après les attaques et la tempête médiatique corollaire, je prédisais que nos gouvernants allaient s’en donner à cœur joie à coups de lois liberticides. On le voyait venir gros comme une maison. Tristement ça n’a pas manqué. On commence par une loi qui autorise le blocage administratif des sites considérés (pas ‘jugés’ par un juge avec la possibilité de se défendre, ‘considérés’, par une autorité administrative auto-désignée comme seul juge, seul recours) comme terroristes. On ne laisse même pas passer un peit mois qu’on cherche à étendre le blocage aux sites tenant des propos ‘antisemitistes et/ou racistes’, et certains mouillent déjà leur slip à l’idée de ‘bloquer les propos injurieux envers les élus’.

Et puis derrière on nous concocte une ‘loi renseignement’ qui permettra de faciliter, là encore sans l’intervention d’un juge, la surveillance instantanée des présumés terroristes. La remise des clés de chiffrement, l’installation de backdoors dans les applications sont parmi les mesures annoncées…

Il va falloir combien de temps pour étendre celle loi là à la surveillance généralisée de tout un chacun sans recours aucun ? Trois ans ? Ttois mois ? Trois semaines ?

On a encore, pour combien de temps on s’interroge, le droit de s’en indigner, de protester, de mettre à notre niveau en place des mesures pour contrer cet espionnage constant de nos vies.

Ne vous étonnez pas si dans l’année suivent des lois pour interdire ou limiter l’usage de VPN, l’interdiction de chiffrer son disque dur via VeraCrypt, le blocage des sites qui proposent des logiciels de chiffrement, l’interdiction d’utiliser TOR, l’obligation d’utiliser le résolveur DNS de son fournisseur d’accès (voire le DNS unique du gouvernement hein, pourquoi pas) à l’exclusion de tout autre.

Bientôt un email envoyé chiffré avec GPG vous vaudra la mise au gnouf, Guantanamo style, avec des gus en noir qui débarquent en pleine nuit, te collent un capuchon sur la tête et t’embarquent pour une taule discrète. (D’accord je pousse peut-être le bouchon là, mais….)

Nous assistons petit à petit à la mise en place, chez nous et chez nos voisins d’état policiers, et les choses s’accélèrent. Le mouvement ne date pas d’hier, on le sent venir depuis une douzaine d’années. C’est juste que maintenant les technologies pour donner aux gouvernements les moyens de contrôle parviennent à maturation et sont prêts à être déployés à vraiment grande échelle.

Ceci au fond ne fait rien, juste un billet de (mauvaise) humeur.

Le doux visage de la tyrannie

Depuis plusieurs mois, je me tais. C’est une forme de lassitude qui est venue insidieusement, s’est glissée en moi sans que je m’en rende bien compte. C’est qu’on a tous une capacité d’indignation au-delà de laquelle, lorsqu’elle est atteinte, ne reste que la résignation.

A quoi bon en effet s’insurger, tous les jours à propos d’une nouvelle injustice, d’un nouveau scandale ? Le bruit qu’on fait ne sert plus a rien, il ne reste pas d’oreilles pour l’entendre, que ce soit celle de nos représentants, ou celles de nos concitoyens.

Nous sommes entrés dans une période très noire de notre histoire, et lorsque je dis cela c’est en pesant mes mots.

Le nazisme, le fascisme, le stalinisme, le franquisme et autres dictatures du vingtième siècle avaient au moins un avantage : le mal, pur et sans fard, ne se donnait pas la peine de se cacher. Les tyrans, sûrs de leur bon droit, y avançaient sans état d’âme massacrant à tour de bras, emprisonnant leurs opposants, usant de la torture, de la coercition, du meurtre et du génocide comme un moyen, efficace, de contrôler les masses.

Il est vrai que lorsque le moindre écart peut vous conduire à vous faire jeter du haut d’un hélicoptère pour servir de nourriture au requins, ou dans un camp de rééducation par le travail où vous finirez inéluctablement ou presque mort d’épuisement et de faim, vous avez tendance à mesurer vos paroles.

Tous, nous sommes bien heureux de vivre à une période et dans des contrées où ce type de barbarisme n’a plus court. Les occidentaux, dans leur grande majorité on renoncé à massacrer ouvertement leurs contemporains. C’est tant mieux me direz vous. Ouf tout ça est derrière nous et bon débarras !

C’est que, nos gouvernants sont civilisés.. Et quand je parle de nos gouvernants, je n’évoque pas forcément les politiciens. Civilisés, et hautement intelligents. On a bien compris de toutes parts (sauf chez quelques réfractaires) que le génocide c’est inefficace, le meurtre et l’emprisonnement politique assez mal vu dans l’ensemble, et surtout, c’est contre-productif : si on massacre une population on se prive d’une force de travail, si l’on emprisonne sans discernement les opposants, on suscite l’indignation, voire un climat de révolte parmi ceux qui les soutiennent.

Et du reste, pourquoi en effet adopter des méthodes qui n’auront pour résultat au final que de générer davantage d’opposants, de donner du grain à moudre à ceux qui ne sont pas d’accord voire, de leur faire prendre les armes ? Si l’occident désapprouve les méthodes de la junte Philippine, ce n’est pas tant par vertu que parce qu’elle donne un mauvais exemple.

Chez nous (et je parle au sens large des « démocraties » modernes) on a bien réalisé que ces méthodes sont au final plus coûteuses que celles qui se sont mises en places depuis quelques dizaines d’années.

Si l’on veut contrôler la plèbe, point n’est besoin de la battre, il suffit de la décerveler.

Lorsqu’on remplace dans l’esprit commun un idéal de liberté, de croissance de l’individu, d’échanges, de solidarité par une volonté de possession, un triomphe de l’individualisme, un repli sur soi-même ou sur sa petite communauté, on n’a plus besoin de chaînes ou de barbelés. Les chaines sont alors dans les esprits de tout un chacun.

On crée artificiellement des besoins, qui occupent l’esprit de tout le monde, et se garantit ainsi qu’occupé, le peuple ne songera pas à la révolte.

Certes, on sait bien que ça ne suffit pas, il reste toujours une poignée de mécontents. Et à ceux-là on donne aussi du grain à moudre. Loin de limiter comme on pourrait le craindre, la liberté d’expression, on la noie dans le bruit, et tant pis si un scandale gênant surgit de temps à autre, ça ne durera que le temps qu’on l’étouffe sous un bruit médiatique encore plus violent.

Bien sûr il ne sera pas question de tolérer les vrai opposants, ceux qui pourraient gêner le cours des affaires, mais pour ceux là, on pourra toujours créer un délit, les taxer de terrorisme, les piéger d’une façon ou d’une autre et les livrer à la vindicte populaire.

Dans le fond, en France, même si les méthodes de ce gouvernement laissent à désirer, nous avons de la chance : Le petit Nicolas est un maladroit, un énervé, un impulsif, un enfant colérique et capricieux dont l’autoritarisme incontrôlé dessert les buts. Il nous construit gentiment un état policier, à coup de novlangue, de décrets impopulaires, de lois plus ou moins scélérates, bâclées sans vraie réflexion sur leurs effets désirés à long terme.

Nicolas gouverne comme un empereur romain, comme une junte Philippine : il est dans la réaction, pas dans la réflexion. Certes, l’agitation perpétuelle, le sens du « JE fais quelque chose » (pour vos retraites, pour la protection contre les pédonazis, pour la sécurité, pour ..) donne de la matière aux médias mais au fond ce type ne restera qu’une petite tache sans importance dans le cours de l’histoire aussi oublié que le défunt René Coty.

L’influence en revanche des groupement d’intérêts qui le poussent lui et d’autres au travers du monde, elle, ne va pas cesser demain de se faire sentir.

Chez nous, demain ça se traduira probablement par une marionnette plus intelligente aux manettes de la législature, et probablement par l’ablation insidieuse et plus fondamentale de notre capacité de révolte, d’indignation, jusqu’à ce qu’enfin nous tendions volontairement nos poignets aux tyrans pour qu’ils nous enchaînent, et ce après nous être arraché nous-mêmes les yeux et bouché les oreilles.

La dictature camarade, de nos jours elle est photoshopée sur papier glacé, elle crache de l’euro-million en guise de rêves, elle distribue des paillettes éblouissantes sur tes écrans, elle invente tes besoins, elle t’empêche de penser, de réfléchir en parasitant ton « temps de cerveau disponible ».

Et si tu as besoin de t’indigner, ne ‘inquiète pas, il y aura toujours un terroriste, une mère congeleuse de bébé voire, quelle chance, une catastrophe naturelle pour retenir ton attention et exiger de ton député qu’il fasse quelque chose. Ton cerveau, distrait, occupé, n’aura jamais le temps de réfléchir aux raisons qui font que bien que toutes les conditions de ton bonheur soient réunies tu te sentes si malheureux, si inadéquat au fond de toi.

Au soir de ta mort, il ne te restera qu’à regretter alors de n’avoir pas vécu comme Sénèque l’enseignait et d’avoir gâché chacun de tes jours a des broutilles, tandis que se perpétuera sur tes descendants l’emprise des doux tyrans.

En Sarkoland ta gueule tu fermeras

En Sarkoland, la critique est un art qui se perd… Enfin, le droit de critiquer, voire même de simplement rapporter des faits, avérés exacts, mais qui on l’heur de déplaire au résident du château.

A la suite de la révélation par Libé des propos.. disons musclés du président à l’égard de certains de ses homologues au cours d’un déjeuner, Madame royal s’est de nouveau répandue en excuses, tandis que l’Elysée démentait à tout rompre, tout en tapant sur l’ancienne candidate à la présidentielle.

Le fond de cette polémique n’est pas finalement de savoir si le président est critiquable ou pas, ni si Ségolène va devoir continuer de multiplier les excuses qui lui assurent une existence médiatique à pas cher dans le but de ne pas disparaitre du paysage. Le fond, c’est que M. Sarkozy trouve blâmable qu’on ose le critiquer, le fait savoir en détachant la laisse de ses chiens qui ne se gênent alors pas pour se répandre en accusations puantes à l’égard de ceux qui ont osé élever la voix à son encontre.

Le fond, c’est que nous sommes (encore) dans une république (comme le président ou ceux qui rédigent ses discours n’ont de cesse de s’en glorifier), que la loi garantit la liberté d’expression, n’en déplaise au prince, que les propos rapportés ne sont pas diffamants mais le simple énoncé de l’attitude d’un homme qui a, lui, moins de respect pour la fonction de chef de l’état qu’il n’en réclame, voire n’en exige de ses sujets administrés.

Le fond c’est que M. Sarkozy, pour intelligent qu’il soit, pour beau parleur qu’il se révèle, est doté d’un tempérament qui lui fait souvent parfois oublier la modération dont le tenant de sa fonction devrait savoir faire preuve dans ses propos, et qu’il a ensuite l’audace la candeur de s’étonner qu’on puisse désapprouver ses manières.

pov’ chou va…

Black-Out

HADOPI - Le Net en France : black-out

Mes visiteurs habituels (je veux dire ce qui n’ont pas tapé « bébé chinois qui fument à poil » dans gougeule) auront noté le changement de couleur du blog. La raison en est que je suis le mouvement de black-out préconisé par la quadrature du net. (détails dans le lien… dossier complet et note de synthèse à transmettre à votre député (voir billet précédent) ci-dessous)

Télécharger le dossier complet (PDF) / la note de synthèse (2p PDF)

On peut aussi signer la pétition de SVM

On lira aussi avec intérêt Les 10 Bonnes raisons de dire non à HADOPI, un article de Guillaume Chapeau pour Numerama

Rejoindre le groupe Facebook « Pétition contre Hadopi« 

Création et internet (Hadopi) Inciter son député à voter contre

Il est important de ne pas laisser passer encore un projet de loi liberticide aux ramifications bien plus larges qu’elles ne le semblent, puisqu’il prépare le terrain pour un filtrage généralisé de l’internet, une censure d’état de fait.

En tant que citoyens, et électeurs, nous avons un moyen de pression simple : écrire à nos députés.

D’abord on trouve son député sur la quadrature ou bien sur le site de l’assemblée nationale par une recherche de circonscription ou bien par liste alphabétique et ensuite on lui rédige un courrier électronique.

readwrite web propose un modèle de lettre qu’on peut trouver ici. Pour ma part, j’ai rédigé la mienne à Jean Marie Le Guen, en m’inspirant de celle de framaweb, et en reprenant diverses sources (la quadrature du Net, diverses notes glanées ici et là (toutes sources qui invitent à être citées et même reprises).

En voici le texte :

Objet : Opposition au projet de Loi création et Internet (HADOPI)

Monsieur le député,

Vous avez été élu député de ma circonscription, et, à ce titre, je me permets de vous adresser ma requête :
Vous allez être appelé à voter, au mois de mars prochain, une loi proposée par le gouvernement appelée ‘Création et Internet’, plus connue sous le nom de loi Hadopi.

Je tiens par la présente à vous faire part de mon opposition radicale à cette loi promue essentiellement par les lobbies des industries de la culture.

Est-il besoin de rappeler que le rédacteur du rapport à l’origine de ce projet de loi n’est autre que Denis Olivennes alors PDG de la FNAC (et se demander par là même ou se situe le conflit d’intérêt) ?
Faut-il vraiment insister sur les chiffres imprécis, biaisés ou fantaisistes cités par Mme Albanel pour justifier de la promotion de ce projet de loi liberticide ?

Doit-on accepter une loi qui bafoue d’entrée de jeu les principes fondamentaux de notre démocratie comme la présomption d’innocence ?  En effet le projet de loi « Création et Internet » introduit de graves questions de respect des
libertés individuelles :

  • Les droits de la défense à un procès équitable et à une procédure contradictoire sont bafoués. Il n’est pas possible de contester les accusations de l’HADOPI, ni même la sanction avant que celle-ci ne soit prononcée.
  • L’HADOPI peut accéder à toutes les données de connexion des utilisateurs stockées par les FAI, sans aucun contrôle de l’autorité judiciaire. Ce pouvoir d’exception d’accès à des données personnelles n’existe temporairement que pour les unités anti-terroristes.
  • Risque de double peine : l’infraction de « non-sécurisation de l’accès » pourra s’ajouter à des poursuites pour contrefaçon.

Doit-on voter une loi, dont la ministre qui la défend reconnait elle même ses difficultés d’application et son obsolescence inévitable dans les mois qui suivront sa mise en oeuvre ? Alertée dès l’été 2008  par une note de la CGTI (commission générale des technologies de l’information) la ministre de la culture n’a pu trouver de réponse satisfaisante à ces questions d’obsolescence:

« les versions les plus récentes des clients P2P offrent des possibilités de dissimulation des adresses et des contenus : tel est le cas notamment d’Azureus (Bittorrent) et d’eMule (cases à cocher et téléchargements d’un plug-in I2P : Invisible Internet Project) ; d’autres projets sont en phase de développement (comme Anomos) ou simplement annoncés « 

N’y a-t-il pas une utilisation plus urgente dans des secteurs plus fondamentaux comme la santé ou l’éducation des deniers de l’état ?

D’autre part, si les lobbies de l’industrie culturelle ont trouvé des oreilles attentives en France, il n’en va pas de même dans le reste de l’Europe :

Le vote de la résolution basée projet de rapport Medina qui contenait en autres des dispositions extrêmement restrictives comme :

  • Riposte graduée : le rapport recommande la « riposte graduée » contre le partage de fichiers sans autorisation dans toute l’Europe, y compris la coopération des FAI sur dénonciation des industries du divertissement (points 31, 37).
  • Filtrage des contenus d’Internet : les recommandations demandent le déploiement de technologies de filtrage d’Internet « à des buts d’identification et de reconnaissance […] en vue de distinguer plus facilement les produits légaux des produits piratés », contredisant la nature même d’Internet (point 35).
  • Responsabilité des fournisseurs d’accès à Internet : le rapport « invite à la réflexion sur la responsabilité des fournisseurs d’accès à Internet dans le combat contre le piratage » et comprend comme objectif de rendre les fournisseurs d’accès à Internet responsables des contenus publiés par leurs utilisateurs (points 32, 36, 37).
  • Opposition aux exceptions au droit d’auteur : ses conclusions sur les exceptions au droit d’auteur anticipent les résultats de la consultation publique lancée par la Commission Européenne sur le « Droit d’auteur dans la société de l’information » et annoncent que toute réforme de la directive de 2001 sur le droit d’auteur est indésirable, que le régime existant des exceptions au droit d’auteur l’est aussi, et qu’il n’est pas nécessaire d’introduire de nouvelles exceptions. Cette position archaïque sape la créativité, l’interopérabilité et l’innovation (points 3, 20, 23, 25).

vient d’être reporté sine die par le Parlement Européen, et sera probablement abandonné.

Le 16 février, le Contrôleur européen de la protection des données a publié un avis sur la révision de la directive européenne 2002/22/CE (qui fait partie du paquet télécom). Une partie importante du rapport est consacrée aux mécanismes de « three-strike approach » qui sont le modèle de la loi Création et Internet.

« Dans une lettre datée du 2 février 2009 à M. Malcolm Harbour, rapporteur de la directive « Service Universel », le contrôleur a exprimé ses inquiétudes sur les implications pour les données personnelles de la surveillance systématique de l’internet qui est un élément inhérent aux approches de riposte graduée. Il a aussi mis en question le fait de confier le rôle de gardien des droits fondamentaux à des organismes privés (comme les détenteurs de droits ou les FAI), plutôt qu’aux autorités judiciaires ». Le contrôleur invite également les organismes législatifs à réintroduire l’amendement 138 et d’autres dispositions protectrices des droits que le Conseil a supprimés après leur adoption en première lecture au parlement.

Un nouveau dépôt de l’article 138 au parlement ne semble faire aucun doute.

Votre temps est compté, je n’en doute pas, et vous n’êtes pas nécessairement informé de toutes les graves implications et contradictions relative à ce projet de loi, comme la mise en place de « listes blanches » de sites autorisés dans les point d’accès public (un Internet approuvé et autorisé par l’état ne vous semble-t-il pas dangereux ?). l’obligation pour les internautes désireux de se protéger des conséquences de cette loi d’installer à leur domicile des « logiciels de sécurisation » payants, là encore approuvés par l’état

La liste est longue…

Aussi, monsieur le député, lors du vote de cette loi, en tant que citoyen et électeur, je vous invite à vous prononcer contre

Cordialement,
mon nom

Bien sûr le texte de celle lettre est en Creative Commons et vous pouvez le repiquer pour vous en inspirer dans votre email à votre député.

Si votre député fait partie de la majorité parlementaire, c’est d’autant plus important de le cibler. La gauche votera probablement contre par principe (encore qu’il faille se méfier), mais si on peut gagner quelques voix de droite c’est d’autant mieux.

Le retour du Paquet Telecom

Deux petites choses à remarquer aujourd’hui :

D’abord, seb sauvage qui signale que le petit Nicolas, qui veut obliger les fournisseur d’accès à bloquer les sites de pornographie infantile. Qui va oser protester contre cette louable intention hein ? Sauf qu’on sait comment ça commence, on fait voter une loi sous prétexte de protéger les mômes, et au final on se retrouve avec un instrument de censure trop tentant pour ne pas l’utiliser à toutes les fins de blocage des gens qui dérangent.

D’autre part, la Quadrature du net, ne baisse pas les bras, et nous alerte sur les nouveaux amendements glissés en douce dans le Paquet Telecom (décidement, celui là nous cause bien des affres). Je vous recommande particulièrement la lecture de ce billet et des scénarii possibles si ces amendements étaient adoptés.

Ce qui est inquiétant c’est quand on combine les intentions de censure déclarées de certains gouvernement (aux rangs desquels le nôtre figure en très bonne place), avec la possibilité offerte aux FAI de restreindre les accès au niveau le plus bas de la couche réseau. (si ton fournisseur limite de facto les protocoles auxquelles ton offre d’accès te permet d’accéder, tu risque d’avoir des problèmes pour contourner les censures camarade, un peu comme si, non content d’ériger un mur autour de toi, on te ligotais pieds et mains pour être sûr que tu grattes pas le mortier avec les ongles).

Le porte-parole ferait bien de la fermer des fois

Lu hier dans Libé une citation de Frédéric Lefebvre à propos d’un projet de loi que pour ma part je trouve quelque peu scélérat :

La dénonciation est un devoir républicain

On pourrait dire à ce monsieur que ses déclarations sont réminiscentes d’une époque où il ne faisait pas bon vivre, mais on se doute qu’il le sait déjà.

On attends avec impatience qu’il propose de remplacer « Liberté, égalité, fraternité » par « travail, famille, patrie » aux frontons des mairies, ce serait dans la ligne….

Foutages de gueules

Toujours dans la série des choses qui m’agacent. Qu’est-ce que je peux être agacé depuis un moment…

Bataille de chiffres au PS.

Déjà qu’en France, l’opposition n’était plus qu’un terme pratique pour la droite histoire de perpétuer l’idée fallacieuse que nous vivons dans une démocratie, voilà que le seul parti politique de taille suffisamment conséquente pour pouvoir espérer mettre un jour un terme au règne sans partage du néolibéralisme nous joue la pièce lamentable que l’on sait. Putain, quels cons !

Vous pensez qu’avec ces conneries on en a pas fini avec les empaffés qui nous gouvernent ? Vous avez raison.

La main droite te taxe, la main gauche t’embastille.

Dans la série des trucs pénibles à avaler, il y a toujours la loi HADOPI, passée en procédure d’urgence histoire qu’elle soit adoptée avant le vote définitif de l’Europe qui via l’amendement 138 au Paquet Télécom a rejeté à 88% l’idée qu’on puisse couper l’accès à internet à quelqu’un en dehors de toute procédure judiciaire. Ça ne grandit pas le nain, monté au créneau personnellement sur ce coup là.
Mais si ça ne suffisait pas voilà que la Commission pour la copie privée ou Commission d’Albis,  qui fixe les rémunérations  pour le droit à la copie privée propose une augmentation de 15% de la taxe sur les produits électroniques (DVD vierges, clés USB, badadeurs multimédia et autres disques externes), au prétexte que ces produits serviraient essentiellement à stocker des fichiers piratés.

J’aimerai comprendre la logique.. D’un côté on cherche à nous taxer l’utilisation d’outils de stockage pour compenser le manque à gagner soi-disant dû au piratage (manque à gagner qui reste à prouver, nonobstant les déclarations grandiloquantes des sociétés d’auteurs et autres lobbies de l’industrie du divertissement), de l’autre on veut mettre fin à la copie illégale en votant des loi qui légitiment la surveillance de nos actes par des société privées en dehors de tout cadre judiciaire.

De deux chose l’une : soit la loi Hadopi est votée et devient efficace, dans ce cas la copie de contenus protégés devient inexistante, et les raisons de l’augmentation cette taxe deviennent caduques, soit il est impossible de mettre fin à la copie de contenus protégé, la taxe a bien une raison d’être, mais dans ce cas, l’adoption de la loi Hadopi n’est qu’une mascarade.

Vous avez le sentiment qu’on se fout de votre gueule ? Vous avez raison.

Travailler plus longtemps pour pas gagner moins.

Après le vidage de substance de la durée légale du travail à 35 heures, notre bien aimé gouvernement entends nous faire travailler jusqu’à notre mort ou presque. Cumuls de boulots, prolongation jusqu’à 70 balais… Rappelons qu’en France l’espérance de vie moyenne pour les hommes est de 77 ans, pour les femmes, de 84. Et qu’il s’agit d’une moyenne.
Personnellement, je ne me sens pas de me la jouer comme Molière, et de mourir en scène. Mais évidemment si tu fais bosser les gens jusqu’au jour de leur mort, ça résoud d’une certaine façon le problème du déficit des caisses de retraites.

Vous êtes comme moi, vous avez le sentiment qu’on nous mène à l’abattoir ? Vous avez raison.

La guerre ça tue

Notre mini président exprime sa « profonde émotion » à l’annonce de la mort d’un adjudant en Afghanistan et dénonce les « méthodes lâches et barbares » des « terroristes ». Ben ouais. On envoie des gens faire la guerre et après on s’étonne qu’il y ait des pertes et que l’ennemi se laisse pas gentiment buter sur place.

En cherchant bien, on devrait pouvoir retrouver des communiqués qui dénoncent la lacheté et la barbarie des terroristes, émanant d’à peu près n’importe quelle autorité en guerre contre un groupe réduit… La propagande ça ne change guère de méthode, quels que soient ceux qui controlent les média à un instant donné.

Vous avez l’impression qu’on vous jette de la poudre aux yeux ? Ouais, vous avez raison.

Des trucs qui m’agacent.

En janvier dernier, interrogé sur le pouvoir d’achat des français et le moyen de financer une politique destinée à en redonner un peu à ses compatriotes, le locataire de l’Elysée, récemment auto gratifié d’une augmentation de ses revenus de plus de 150%, avouait, faussement candide: « mais ou voulez-vous que je prenne l’argent, les caisses sont vides ».

Dix petits mois plus tard, à la faveur de la crise dont des journalistes télévisés aux mines d’enterrement nous rebattent les oreilles, le même président sort de ses chaussettes un joli bas de laine de 360 milliards d’euros. Vous me direz, organiser le sauvetage de la finance en perdition, c’est quelque peu plus important mon bon monsieur que de redonner les moyens à Ferdinand Dupont d’acheter un pot de sauce tomate industriel pour agrémenter ses nouilles quotidiennes.

Pour faire passer la pilule, on nous jure qu’on va moraliser tout ça, que les parachutes dorés c’est fini, que les riches ne vont plus se goinfrer injustement, qu’on va refonder le capitalisme. J’adore quand on me prend aussi ouvertement pour un con…

Pendant ce temps là, Brice Hortefeux, vieux pote du nain sus-cité, après être allé jouer en Afrique les VRP de la politique d’exclusion française, se félicite, dans les pages de Direct-Soir, quotidien gratuit du groupe Bolloré, dont on se souvient que le PDG avait prêté un yacht au petit Nicolas histoire de se reposer dignement des fatigues de sa campagne présidentielle, Brice Hortefeux donc se félicite d’avoir su imposer l’unanimité aux 27 dans le nouveau « pacte d’immigration » européen. Au menu, allez on va pas mégoter : la guerre aux pauvres d’ailleurs. (je résume, je schématise et je suis de mauvaise foi, mais moins que ces hypocrites).

Remarque côté étranger, y’a les uns et y’a les autres… Marina Petrella, par exemple, ex-brigadiste rouge rangée des voitures a du rendre grâce au ciel d’être entrée dans la famille du président par l’intermédiaire de Carla… Ça lui a épargné le sort de Cesare Battisti, en fuite au Brésil, victime du déni de parole de l’état. Je suis content pour elle, sur le principe la virer comme une malpropre pour la renvoyer crever en Italie aux mains d’un appareil judiciaro/politique revanchard, c’était pas joli joli. Mais qu’elle doive ça au népotisme affiché du nain, c’est quand même un peu puant.

Et puis évidemment, aujourd’hui la Boutin présentait son projet de loi au Sénat, qui aurait pu être sous-titré « Comment sauver Neuilly de la loi SRU ».  Il paraitrait que les sénateurs envisagent de lui faire revoir sa copie, pour une fois on ne va pas se plaindre.

A gauche ? Ah ben rien, à gauche on ferme sa gueule comme d’habitude. Le PS est toujours déchiré par son absence de projet et sa guéguerre des chefs, Besancenot englué dans l’histoire Rouillan qu’il essaie de faire oublier (tiens Rouillan, un ex terroriste qui lui n’est PAS de la famille par alliance du président, et qui vient de se faire sommairement supprimer son régime de semi-liberté au prétexte que dans une interview il n’avait pas exprimé de regrets sur ses actions passées…), les autres, marginaux ou inaudibles, noyés dans le grand brouhaha de la Crise (avec un c majuscule hein ?).

Ah si, deux trucs qui m’ont quand même bien fait marrer:

Albanel qui s’est fait enterrer son projet de phagocytage de la MC93 par la Comédie Française, par les propres comédiens du Français, qui lui ont gentiment fait savoir de s’assoir desssus parce qu’il refuseraient de cautionner l’enterrement d’un des fleurons du théâtre français. (Ça ça m’aurait fait mal aux seins qu’elle réussisse, la MC 93, je lui doit personnellement quelques belles émotions).

Et la réponse de José Manuel Barroso à Nicolas Sarkozy à propos de sa lettre intempestive au lendemain du vote de la commission européenne sur le Paquet Télécom, dont l’amendement 138 enterre au niveau européen le projet de loi de riposte graduée, soutenu par les lobbies du disque et du ciné. Le nain était monté au créneau personnellement en demandant à ce que l’amendement 138 (approuvé par 88% des députés européens quand même, merci au passage de vos courriels à ceux-ci), soit purement et simplement supprimé. Et Barroso qui lui a répondu en substance « ben euh mais…pas question. On est encore en démocratie ».

Aux dernières nouvelles le calendrier de la loi sur la riposte graduée a été avancé afin qu’elle soit votée avant que le Paquet Telecom ne soit définitif… Ben voyons.

Allez c’est tout pour aujourd’hui, la suite dans vos quotidiens habituels 🙂

1 of 4
1234