Humeur

Des tricheurs, des menteurs, des voleurs, des prévaricateurs et des obsédés sexuels

Mr-Smith-goes-to-Washington

La classe politique, dans son ensemble, s’ébaubit « Quoi comment le citoyen, les force vives de la nation, les électeurs s’abstiendraient ? Mais diantre qu’est-ce qui peut bien motiver ce désintérêt pour notre travail désintéressé, l’abnégation au quotidien dont nous faisons montre dans les épreuves douloureuses que nous traversons sur les bancs de l’assemblée et du Sénat ? Tiens, rien que l’autre jour Raffarin m’a piqué la dernière crème brûlée sous le nez à la cantine de l’assemblée, c’est dire tout de même comme c’est dur pour nous! ».

Bon je paraphrase un peu, mais vous voyez l’idée. Le politique, innocent comme l’agneau, s’étonne, au point que d’aucuns (je ne cite personne mais je pense à un député écolo qui cherchait à sortir de l’ombre) voudraient établir l’obligation de voter, fustiger l’abstentionniste, les coller au pilori et les bombarder de tomates pourries, les dénoncer à la vindicte populaire, leur raser la tête (Ok ok je m’emporte encore, mais vous voyez l’idée là aussi).

Et là, je voudrais rétorquer à nos amis dont c’est le métier de nous gouverner (déjà que ce soit un métier, passé quasiment de père en fils ça me chatouille de travers quelque part, y’a pas eu une espèce de protestation populaire y’a un peu plus de deux siècles à ce propos ?), je voudrais leur opposer donc ces quelques mots :

« Eh Pomme, si tu faisais ton boulot consciencieusement au lieu de te remplir les fouilles, de lutiner la gazelle ou de réfléchir à comment tu pourrais bien bourrer les urnes sans te faire prendre la main dans le sac, si t’agissais pour tes administrés au lieu de pour ton ton compte en banque, la nouvelle Jaguar de ta femme, le loyer que tu paies fictivement à une boite domiciliée à Vaduz pour ton modeste 36 pièces à Agadir.

Si t’arrêtais juste un peu de tous nous prendre pour des imbéciles ou des moutons pendant que tes mioches fréquentent les rallyes et le lycée Henry IV où ils apprendront l’esprit de caste.

Si au lieu de nous pourrir la vie en vendant ta voix (celle que NOUS t’avons donnée, le mandat que tu détiens en NOTRE nom) aux lobbies les plus offrants, qu’il soient pharmaceutiques, du divertissement, de l’armement, du nucléaire de l’alimentation ou de la surveillance, tu commençais à la place à réfléchir honnêtement à des solutions pour nous la rendre plus douce la vie, moins pénible.

Si tu nous démontrais, par tes actes, pas par tes postures bravaches devant les caméras de télé, que tu as à cœur nos intérêts et pas ceux de Monsanto ou de coca-cola, si tu venais de temps en temps poser ton gros cul bouffi par la bonne chère que tu t’enfiles à longueur de temps dans les bonnes cantines parisiennes, sur les bancs de l’Assemblée ou du Sénat pour voter en ton âme et conscience contre les lois scélérates que les gouvernements successifs nous imposent, fort de l’indifférence générale et des consignes du parti, alors ouais, peut être nous chatouillerait à nous autres de nouveau le désir d’exercer nos droits civiques (oui, droit au passage ducon, du genre, j’ai le droit, de vouloir – ou pas – voter pour ta face de raie). »

En d’autres termes, vous l’aurez compris je souffre, et pas que moi – non parce que si ce n’était que moi, ce serait pas grave, on me diagnostiquerai névrosé, on me foutrais dans un asile, on jetterais la clé et voilà, problème réglé. Mais nan, là c’est un peux dur de foutre 51 % des électeurs à l’asile ou en taule.. (remarque il faudrait en construire plein, ça relancerait l’emploi. Allez mon flamby, je te fais même pas payer le brevet sur l’idée, c’est cadeau) mais je digresse et je m’égare, qu’est-ce que je disais déjà ? Ah oui – Je souffre, donc, d’une grave crise de confiance dans la classe politique, toutes obédiences confondues hein, de Méluche à Marine, je jette dans le même sac.

Et pour répondre a l’édito de Charlie de cette semaine (ouais le cafetier de la brasserie où je déjeune s’est abonné après les attentats alors je le lis de nouveau) ce n’est pas l’utilité de mon vote que je met en question. C’est le fait que voter pour qui que ce soit de ces empaffés me dégoûte profondément.

Bon de là à cautionner un Chouard, petit maître de l’a peu-près, y’a aussi un gouffre genre le grand Canyon hein ? Me faite pas dire ce que je ne pense pas. Mais mon abstention (outre le fait que ça me permet de zoner en pantoufles un dimanche sans avoir à mettre le nez dehors, j’ai pas honte), c’est aussi une déclaration : j’ai tellement perdu confiance dans le système que même voter blanc, ça me hérisse.

Est-ce que j’ai une solution, une alternative ? une idée même vague de comment sortir de ce merdier ? Non, aucune. Mais je commence à être plus que sérieusement agacé dirons-nous.

(Vous noterez que je n’ai cité personne, hein ? Pour les détails croustillants de qui prévarique ou de qui viole qui, reportez vous aux entrefilets de 3e page de vos canards habituels, au Canard Enchaîné, à MediaPart à Reflets, et à deux trois autres, n’importe quel jour de la semaine, ou à peu près)

 

Trois mois à peine pour tirer la chasse sur l’état de droit

Trois mois à peine pour tirer la chasse sur l’état de droit

C’est le temps qu’il aura fallu à nos chers élus pour passer de « je suis Charlie » à « faisons fermer leur gueule à ceux qui osent l’ouvrir ».

Le 16 janvier dernier, un peu moins d’une semaine après les attaques et la tempête médiatique corollaire, je prédisais que nos gouvernants allaient s’en donner à cœur joie à coups de lois liberticides. On le voyait venir gros comme une maison. Tristement ça n’a pas manqué. On commence par une loi qui autorise le blocage administratif des sites considérés (pas ‘jugés’ par un juge avec la possibilité de se défendre, ‘considérés’, par une autorité administrative auto-désignée comme seul juge, seul recours) comme terroristes. On ne laisse même pas passer un peit mois qu’on cherche à étendre le blocage aux sites tenant des propos ‘antisemitistes et/ou racistes’, et certains mouillent déjà leur slip à l’idée de ‘bloquer les propos injurieux envers les élus’.

Et puis derrière on nous concocte une ‘loi renseignement’ qui permettra de faciliter, là encore sans l’intervention d’un juge, la surveillance instantanée des présumés terroristes. La remise des clés de chiffrement, l’installation de backdoors dans les applications sont parmi les mesures annoncées…

Il va falloir combien de temps pour étendre celle loi là à la surveillance généralisée de tout un chacun sans recours aucun ? Trois ans ? Ttois mois ? Trois semaines ?

On a encore, pour combien de temps on s’interroge, le droit de s’en indigner, de protester, de mettre à notre niveau en place des mesures pour contrer cet espionnage constant de nos vies.

Ne vous étonnez pas si dans l’année suivent des lois pour interdire ou limiter l’usage de VPN, l’interdiction de chiffrer son disque dur via VeraCrypt, le blocage des sites qui proposent des logiciels de chiffrement, l’interdiction d’utiliser TOR, l’obligation d’utiliser le résolveur DNS de son fournisseur d’accès (voire le DNS unique du gouvernement hein, pourquoi pas) à l’exclusion de tout autre.

Bientôt un email envoyé chiffré avec GPG vous vaudra la mise au gnouf, Guantanamo style, avec des gus en noir qui débarquent en pleine nuit, te collent un capuchon sur la tête et t’embarquent pour une taule discrète. (D’accord je pousse peut-être le bouchon là, mais….)

Nous assistons petit à petit à la mise en place, chez nous et chez nos voisins d’état policiers, et les choses s’accélèrent. Le mouvement ne date pas d’hier, on le sent venir depuis une douzaine d’années. C’est juste que maintenant les technologies pour donner aux gouvernements les moyens de contrôle parviennent à maturation et sont prêts à être déployés à vraiment grande échelle.

Ceci au fond ne fait rien, juste un billet de (mauvaise) humeur.

Charlie, ou comment ça pue de la gueule.

charb par  thierry ehrmann

Charb par Thierry Ehrmann

Alors voilà, ça y est on l’a enfin notre 11 septembre à nous. Depuis le temps que les américains nous faisaient chier avec leur grand deuil national, et qu’on avait rien à leur répliquer, qu’il nous manquait ce magnifique prétexte pour enfin faire voter les “lois qui s’imposent” et faire fermer leur sale gueule à tous ces gauchistes au nom de l’union nationale et de la liberté d’expression (tiens faire fermer ça gueule à quelqu’un au nom de la liberté d’expression, c’est un peu contradictoire, mais bon, on ne va pas s’arrêter à ces détails).

Putain, ces affreux terrorislamiste, quelle belle occaze. On va enfin pouvoir imposer les lois dont on rêve depuis des années, foutre une bonne fois un terme à la liberté, imposer les caméras de surveillance (pardon, les mesures de vidéoprotection) jusque dans les chiottes. Droite et gauche tous unis mouillent leur slip en bavant à l’idée.

Il a fallu quoi ? 10 minutes entre la fusillade chez Charlie et les premières insanités germant dans la tronche des spin-doctors ? Allez je vais être généreux, un bon quart d’heure.

En attendant, martelons, martelons jusqu’à la plus totale hébétude des masses, le musulman, c’est un terroriste, c’est sur. On ne vas pas le dire comme ça bien entendu mais on va insidieusement répandre l’idée, le faire dire à d’autres, on peut enfin tout se permettre, tout justifier, on ne va pas se gêner.

Quand on aura fini d’exploiter le filon, avec du bol on aura fait admettre le code barre tatoué dans le cou et la puce RFID implantée dans le gras du bide.

Et tant pis sis les pauvres mecs qui sont morts sous les balles des autres pauvres cons exploités auraient gerbé leurs tripes à voir ce battage, on s’en fout, ils sont crevés ces bâtards, bon débarras, ils viendront pas protester, pas plus que les emmanchés qui les ont butés, ceux là on n’allait pas les parader vivants, ils auraient pu dire des trucs qui cadraient pas. Putain le doublé gagnant gagnant de rêve, On peut faire dire tout ce qu’on veux à des cadavres qu’ils soient les victimes ou les meurtriers.

Allez les gars, on peut se lâcher, les droits-de-l-hommiste n’auront qu’à la boucler, ils peuvent rien oser dire. Tu te rends compte on peut faire passer des trucs que le borgne oserait même pas murmurer en privé ?

Je vais vous dire… Toute sensation de dégoût et de malaise éprouvée à la lecture des actualités politiques (ou pas) depuis les massacres en question ne serait pas complètement fortuite.

PS : ce billet est dédicacé à cette bouffonne de Nathalie de St Cricq, qui voudrait “traiter et repérer ceux qui ne sont pas Charlie”. A cela ma bonne dame, je te rétorquerai que la liberté d’expression ça s’use que si on ne s’en sert pas.

Le doux visage de la tyrannie

Depuis plusieurs mois, je me tais. C’est une forme de lassitude qui est venue insidieusement, s’est glissée en moi sans que je m’en rende bien compte. C’est qu’on a tous une capacité d’indignation au-delà de laquelle, lorsqu’elle est atteinte, ne reste que la résignation.

A quoi bon en effet s’insurger, tous les jours à propos d’une nouvelle injustice, d’un nouveau scandale ? Le bruit qu’on fait ne sert plus a rien, il ne reste pas d’oreilles pour l’entendre, que ce soit celle de nos représentants, ou celles de nos concitoyens.

Nous sommes entrés dans une période très noire de notre histoire, et lorsque je dis cela c’est en pesant mes mots.

Le nazisme, le fascisme, le stalinisme, le franquisme et autres dictatures du vingtième siècle avaient au moins un avantage : le mal, pur et sans fard, ne se donnait pas la peine de se cacher. Les tyrans, sûrs de leur bon droit, y avançaient sans état d’âme massacrant à tour de bras, emprisonnant leurs opposants, usant de la torture, de la coercition, du meurtre et du génocide comme un moyen, efficace, de contrôler les masses.

Il est vrai que lorsque le moindre écart peut vous conduire à vous faire jeter du haut d’un hélicoptère pour servir de nourriture au requins, ou dans un camp de rééducation par le travail où vous finirez inéluctablement ou presque mort d’épuisement et de faim, vous avez tendance à mesurer vos paroles.

Tous, nous sommes bien heureux de vivre à une période et dans des contrées où ce type de barbarisme n’a plus court. Les occidentaux, dans leur grande majorité on renoncé à massacrer ouvertement leurs contemporains. C’est tant mieux me direz vous. Ouf tout ça est derrière nous et bon débarras !

C’est que, nos gouvernants sont civilisés.. Et quand je parle de nos gouvernants, je n’évoque pas forcément les politiciens. Civilisés, et hautement intelligents. On a bien compris de toutes parts (sauf chez quelques réfractaires) que le génocide c’est inefficace, le meurtre et l’emprisonnement politique assez mal vu dans l’ensemble, et surtout, c’est contre-productif : si on massacre une population on se prive d’une force de travail, si l’on emprisonne sans discernement les opposants, on suscite l’indignation, voire un climat de révolte parmi ceux qui les soutiennent.

Et du reste, pourquoi en effet adopter des méthodes qui n’auront pour résultat au final que de générer davantage d’opposants, de donner du grain à moudre à ceux qui ne sont pas d’accord voire, de leur faire prendre les armes ? Si l’occident désapprouve les méthodes de la junte Philippine, ce n’est pas tant par vertu que parce qu’elle donne un mauvais exemple.

Chez nous (et je parle au sens large des « démocraties » modernes) on a bien réalisé que ces méthodes sont au final plus coûteuses que celles qui se sont mises en places depuis quelques dizaines d’années.

Si l’on veut contrôler la plèbe, point n’est besoin de la battre, il suffit de la décerveler.

Lorsqu’on remplace dans l’esprit commun un idéal de liberté, de croissance de l’individu, d’échanges, de solidarité par une volonté de possession, un triomphe de l’individualisme, un repli sur soi-même ou sur sa petite communauté, on n’a plus besoin de chaînes ou de barbelés. Les chaines sont alors dans les esprits de tout un chacun.

On crée artificiellement des besoins, qui occupent l’esprit de tout le monde, et se garantit ainsi qu’occupé, le peuple ne songera pas à la révolte.

Certes, on sait bien que ça ne suffit pas, il reste toujours une poignée de mécontents. Et à ceux-là on donne aussi du grain à moudre. Loin de limiter comme on pourrait le craindre, la liberté d’expression, on la noie dans le bruit, et tant pis si un scandale gênant surgit de temps à autre, ça ne durera que le temps qu’on l’étouffe sous un bruit médiatique encore plus violent.

Bien sûr il ne sera pas question de tolérer les vrai opposants, ceux qui pourraient gêner le cours des affaires, mais pour ceux là, on pourra toujours créer un délit, les taxer de terrorisme, les piéger d’une façon ou d’une autre et les livrer à la vindicte populaire.

Dans le fond, en France, même si les méthodes de ce gouvernement laissent à désirer, nous avons de la chance : Le petit Nicolas est un maladroit, un énervé, un impulsif, un enfant colérique et capricieux dont l’autoritarisme incontrôlé dessert les buts. Il nous construit gentiment un état policier, à coup de novlangue, de décrets impopulaires, de lois plus ou moins scélérates, bâclées sans vraie réflexion sur leurs effets désirés à long terme.

Nicolas gouverne comme un empereur romain, comme une junte Philippine : il est dans la réaction, pas dans la réflexion. Certes, l’agitation perpétuelle, le sens du « JE fais quelque chose » (pour vos retraites, pour la protection contre les pédonazis, pour la sécurité, pour ..) donne de la matière aux médias mais au fond ce type ne restera qu’une petite tache sans importance dans le cours de l’histoire aussi oublié que le défunt René Coty.

L’influence en revanche des groupement d’intérêts qui le poussent lui et d’autres au travers du monde, elle, ne va pas cesser demain de se faire sentir.

Chez nous, demain ça se traduira probablement par une marionnette plus intelligente aux manettes de la législature, et probablement par l’ablation insidieuse et plus fondamentale de notre capacité de révolte, d’indignation, jusqu’à ce qu’enfin nous tendions volontairement nos poignets aux tyrans pour qu’ils nous enchaînent, et ce après nous être arraché nous-mêmes les yeux et bouché les oreilles.

La dictature camarade, de nos jours elle est photoshopée sur papier glacé, elle crache de l’euro-million en guise de rêves, elle distribue des paillettes éblouissantes sur tes écrans, elle invente tes besoins, elle t’empêche de penser, de réfléchir en parasitant ton « temps de cerveau disponible ».

Et si tu as besoin de t’indigner, ne ‘inquiète pas, il y aura toujours un terroriste, une mère congeleuse de bébé voire, quelle chance, une catastrophe naturelle pour retenir ton attention et exiger de ton député qu’il fasse quelque chose. Ton cerveau, distrait, occupé, n’aura jamais le temps de réfléchir aux raisons qui font que bien que toutes les conditions de ton bonheur soient réunies tu te sentes si malheureux, si inadéquat au fond de toi.

Au soir de ta mort, il ne te restera qu’à regretter alors de n’avoir pas vécu comme Sénèque l’enseignait et d’avoir gâché chacun de tes jours a des broutilles, tandis que se perpétuera sur tes descendants l’emprise des doux tyrans.

Grand calme

Vous avez remarqué comme c’est calme ici depuis quelques temps (voire quelques mois…) ?

Cela dit ça me titille de republier un peu. Ce ne sont pas les raisons de s’énerver qui manquent. Ce qui manque un peu tout de même c’est la motivation.

A force de voir chaque jour des scandales plus énormes les uns que les autres émailler la vie politique, des lois stupides proposées dans le feu de l’actualité, d’autres plus insidieusement liberticides, ou outrageusement clientélistes se glisser à la faveur d’un amendement obscur, on fini par se sentir blindé, voire quelque peu dégoûté. Et c’est un tort. Le dégoût conduit au silence, et c’est à la faveur du silence que nos gouvernants peuvent se sentir tout permis. Bref il serait temps que la majorité silencieuse se remette à l’ouvrir.

Le principe de précaution… et ses effets pervers

On vit une drôle d’époque.. Je m’en faisait l’autre jour la réflexion, faite à la fois d’avancées technologiques sans précédent dans tous les domaines et d’une trouille rampante digne des grandes peurs de l’an mil (et accessoirement de l’an 2000) face à ces avancées justement.

Remarquez, l’histoire récente (et un peu moins récente, que les moins de 20 ans me pardonnent) aurait tendance à donner raison à ceux qui préconisent la précaution.. Que ce soir la thalidomide, l’amiante, certaines substances n’ont pas eu que des effets bénéfiques sur l’ensemble de la société, c’est le moins qu’on puisse en dire.

Cependant, il y a un grand pas, qu’à mon avis nos sociétés sont en train de franchir, de la précaution à la frilosité. Qu’il s’agisse d’empêcher les gens de s’établir dans des zones potentiellement inondables, de bioéthique, de dangerosité supposée ou redoutée à tort ou à raison de malades mentaux, l’opinion publique ou plutôt ceux qui professent de la faire et de la défaire, voudrait qu’on applique dans tous les cas de figure possible le principe de précaution, qu’on n’envisage surtout pas la mise sur le marché d’un médicament, d’une substance, au motif qu’on ne connait pas les conséquence qu’elle pourrait engendrer à 10, 20 ans voire deux siècles de là. qu’on ne sait pas si une tempête pourrait frapper telle ou telle zone dans 3 mois ou 3 siècles.

C’est après tout en un sens assez louable. Qui ne voudrait se sentir en sécurité ?… Ah sécurité, voilà le mot qui fâche.. Car au fond ce « principe » n’est que l’expression d’une peur, pire même de la peur d’une chose qui pourrait ne même pas affecter ceux qui l’éprouvent.

L’emmerdement c’est que la peur est un marché.. pour les politiciens qui l’exploitent..( peur de mourir avant de partir en retraite, peur du voisin, du jeune, de l’étranger, du voleur de ton emploi ou de l’incendiaire de ta voiture), pour les médias qui en font leurs choux gras, y compris ceux que j’aurais tendance à considérer comme plus respectables que d’autres.

La peur institutionnalisée, fait vendre, fait voter « dans le bon sens », redonne du peps à une popularité politique déclinante. Qu’on agite le chiffon rouge de l’insécurité, et madame Michu s’empresse de trembler, et d’approuver qu’en haut lieu on se préoccupe d’elle.

Sauf que bien sur en haut lieu, on s’en fout de madame Michu. Ce dont on ne se fout pas c’est de son bulletin de vote, et lui faire peur dans un premier temps, et dans un second temps prétendre « résoudre le problème » à grand effets de manches et d’annonce est une des méthodes favorite des démagogues de tous bords.

Mais ce fameux « principe », n’est pas utilisé que par les politiques, loin s’en faut. Telle association revendiquera au nom du « principe de précaution » qu’on interdise telle ou telle avancée technologique. Pas plus tard qu’il y a quelques mois, les bibliothécaires parisiens se sont mis en grève au prétexte que les spots WiFi leur engendraient des migraines (à mon sens très certainement psychosomatiques) et la mairie de Paris a du reculer leur généralisation.

En son temps, le train aussi a été victime du « principe de précaution ». Nombre de voix s’élevaient contre les vitesses excessives des locomotives (à cette époque on devait tout de même friser le 40 km/h) qui allaient causer des dommages irrémédiables aux passagers.

Le principe de précaution, c’est la peur de l’inconnu, l’expression du repli sur soi, sur le connu. Si l’humanité l’avait appliqué depuis ses débuts dans son ensemble, on en serait encore à bouffer du steak de mammouth au fond d’une caverne confortable (non qu’il n’y ait pas quelque bon sens à désirer une vie simple).

Alors, bien sûr qu’avant la mise sur le marché de tel nouveau médicament, la généralisation d’une technologie, il convient de mener quelques études sérieuses (et indépendantes, parce qu’un tiers payé par ceux-là mêmes qui veulent commercialiser une nouveauté ne rendra jamais un rapport objectif, ou celui-ci sera enterré par le commanditaire) sur les conséquences éventuelles, on ne veut certainement pas revoir des horreurs du type Thalidomide. Mais une fois celles-ci menées honnêtement sans conclusion définitive dans un sens ou dans l’autre doit-on enterrer un progrès simplement parce qu' »on ne sait jamais » ?

Les anachorètes commencent à me les brouter menu

Photo by Alejandro (creative commons)

On va encore dire, à raison du reste, que je m’énerve pour rien, mais je commence sérieusement à me fatiguer d’être assailli à tous les coins de rue par des pub jouant sur le malaise et la culpabilité sous-jacente de celui à qui on les inflige. La dernière en date pour du jambon moins salé c’est moins salé, donc « plus de plaisir ».

Je voudrais bien tenir le petit con de créatif qui a pondu ce concept. D’abord qu’est-ce qu’il en sait si mon plaisir à moi, c’est pas de faire disparaitre mon jambon ou mes frites sous une couche de sel épaisse comme celle du lac salé, justement ?

Mais plus insidieusement on m’indique quelque part que le sel c’est mauvais pour ma santé, qu’il faut que je bouffe 5 fruits et légumes par jour (eh pomme t’as de la chance si j’en bouffe 5 par an…), que je mange équilibré et nanana et nananère.

Puritain de la santé, t’as déjà réussi à me faire cesser de cloper au troquet, tu voudrais maintenant que j’y mange du céleri branche. Sache le bien mon coco, t’es pas au bout de tes peines. Pas que je fasse de la résistance, mais juste que je n’en ai rien à battre. Le bio j’ignore (jvois pas pourquoi je vais payer 20% plus cher une salade bio qui a pour moi le même gout qu’une salade transgénique standardisée), les incitations à ménager mon corps, avec ce que je m’enfile dans les poumons à longueur de journée tu t’imagines que je vais faire gaffe à ce que je me fourre dans le gosier ?

Mais la répétition et l’omniprésence du message commencent sérieusement à me faire chier. Et encore, j’ai du bol, je regarde pas la TV, je suis au moins épargné de ce côté là.

Pour ma part, je n’ai rien contre les gens qui veulent prendre soin d’eux, au travers de leur bouffe, du sport, de l’absence de tabac et autres pratiques destinées à leur conserver la jeunesse et la santé. Ils peuvent bien se torturer tant qu’ils veulent des toutes les façons qui leur plaisent dans l’espoir de parvenir à l’age de la retraite (bonne chance, à l’allure ou c’est repoussé tous les ans, le temps qu’ils y arrivent faudra être bicentenairre) en pétant la forme, je m’en tamponne royalement le coquillard.  Mais là où ça me gonfle c’est quand on essaie de me fourguer le lot en prétendant que c’est la seule « bonne » manière.

Je suis désolé mais non. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de vivre, il n’y a que les choix qu’on opère, et j’ai fait les miens merci. Aussi j’aimerai que ces témoins de Jéhovah au petit pied cessent d’essayer de me refourguer leurs bibles sanitaires ou de prétendre que j’irais dans l’enfer métaphorique des petits vieux obèses et cancéreux parce que je ne respecte pas le dogme.

Non mais c’est vrai quoi, à ce rythme on va bientôt se refiler le cassoulet en contrebande à Barbès.

I’ll be gone 500 miles…

J’ai ça dans la tête depuis trois jours, pas de raison que je ne vous en fasse pas profiter..


The City of New Orleans

by Steve Goodman
Arlo Guthrie Singing

Enjoy 🙂


Riding on the City of New Orleans,
Illinois Central Monday morning rail
Fifteen cars and fifteen restless riders,
Three conductors and twenty-five sacks of mail.
All along the southbound odyssey
The train pulls out at Kankakee
Rolls along past houses, farms and fields.
Passin’ trains that have no names,
Freight yards full of old black men
And the graveyards of the rusted automobiles.

CHORUS:
Good morning America how are you?
Don’t you know me I’m your native son,
I’m the train they call The City of New Orleans,
I’ll be gone five hundred miles when the day is done.

Dealin’ card games with the old men in the club car.
Penny a point ain’t no one keepin’ score.
Pass the paper bag that holds the bottle
Feel the wheels rumblin’ ‘neath the floor.
And the sons of pullman porters
And the sons of engineers
Ride their father’s magic carpets made of steel.
Mothers with their babes asleep,
Are rockin’ to the gentle beat
And the rhythm of the rails is all they feel.

CHORUS

Nighttime on The City of New Orleans,
Changing cars in Memphis, Tennessee.
Half way home, we’ll be there by morning
Through the Mississippi darkness
Rolling down to the sea.
And all the towns and people seem
To fade into a bad dream
And the steel rails still ain’t heard the news.
The conductor sings his song again,
The passengers will please refrain
This train’s got the disappearing railroad blues.

Good night, America, how are you?
Don’t you know me I’m your native son,
I’m the train they call The City of New Orleans,
I’ll be gone five hundred miles when the day is done.

Réflexions d’un pirate

PiratePersonnellement je veux bien payer les artistes… Pas les intermédiaires qui font un métier de les exploiter, et d’exploiter à l’autre bout de la chaine le consommateur. Tant qu’on aura pas une rémunération digne de ce nom des créateurs, et non pas des gens qui leur bouffent la laine sur le dos, je continuerai à télécharger et à partager profusément et de façon tout à fait illégale, sans la moindre mauvaise conscience. S’il faut pour ça crypter ma ligne, anonymiser mon IP, tunneler sur du SSH, passer par des VPN, je vais pas me gêner.

Si Claude Chabrol en personne vient me taper 10 balles parce que j’ai regardé les Biches, je cracherai pas à lui donner. Si le distributeur vient me demander la même chose, c’est mon pied dans les burnes du robot corporatiste qui les réclame.

J’ai assez claqué de blé en vinyles, puis en CD, en VHS, puis en DVD, en taxe sur des supports vierges sur lesquels on m’interdit de copier via des verrous à la con. J’en ai ras le cul qu’on me prenne pour une vache à lait, j’ai ai ma claque de voir dans les catalogues de VOD les même bouzes hollywoodiennes de 20 ans d’âge (le cinoche de série B, sauf exception, c’est pas comme le pinard, ça vieillit mal). J’en ai marre de devoir patienter jusqu’à ce que tous les intermédiaires se soient bien gavés pour avoir le droit de voir un film à la TV (que je ne regarde plus, mais pour laquelle on me réclame toujours une redevance). Ça me gonfle de devoir attendre le bon vouloir de distributeurs français pour voir au cinoche un film sorti ailleurs trois ans plus tôt. Ça me gave de voir que des films superbes ne seront jamais distribués en salle parce q’UGC et Cie auront décidé qu’il n’y a pas de public pour et préfèrent à la place te refiler une merdouille formatée selon les meilleures règles du marketing avec screen testing et autres sondages de merde au mépris des intentions de l’auteur qui sera bien forcé de revoir son montage.

Le système de distribution de la culture est vérolé, pourri jusqu’à l’os, régenté par la maximisation des profits. et soyons clairs : j’encule les profiteurs, à sec et au fer rouge.

Alors, oui, je « pirate ». Non seulement je télécharge, mais je copie et je met à disposition. Et pire : j’en suis fier. Je fait ça depuis des années, et j’ai fait des milliers (oui, j’ai bien dit milliers, au pluriel) d’heureux. Quand je refile une copie d’un docu finlandais des années trente à trois pelés et un tondu et qu’ils aiment et le disent, ça me met du baume au coeur. Quand je fait découvrir un Viénet ou un court d’Anger à quelqu’un qui ne connaissait pas je suis content. Quand une copine me demande si par hasard j’aurais pas un film japonais des années soixante encensant le bondage, et que je met la main dessus, je suis fier de moi, et trop heureux de le partager. Et c’est pas parce que la sinistre de la culture, et le nain de l’Élysée sont inféodés aux lobbies de l’industrie culturelle que je vais arrêter.

Ce que ces abrutis oublient dans l’histoire c’est l’immense plaisir qu’on peut tirer de partager. Comme quand on donne un livre qu’on aime.  Comme quand on traine un môme au musée et que ses yeux brillent.

Et j’abandonnerai sous prétexte que les couilles en or des industriels de la distribution culturelle ne sont plus assez gonflées ? Autant me demander de cesser de respirer… Soyons clairs Hadopi ne me convaindra pas d’arrêter, juste de me cacher un peu mieux, ce que je n’aurais aucune peine à faire.

Et ce qui m’emmerde dans cette loi pompeusement dénommée « Création et Internet », n’a même rien à voir avec les craintes qu’en tant que pirate assumé je pourrais avoir de me faire prendre. Non, ça a à voir avec le flicage systématique que par-ci par-là, de la Nouvelle-Zélande à la Grande Bretagne, les gouvernements modernes tentent de mettre en place. On crée médiatiquement des ennemis (pédophiles, mafieux, violeurs etc.. demandez à Frédéric Lefèvre), dans le but avoué de lutter contre eux, et dans le but autrement inavouable de contrôler la parole des gens. Hadopi n’est rien d’autre qu’une étape dans l’esprit des mafieux légaux qui régissent nos existences (et je ne parle pas là des gouvernements mais des multinationales qui les influencent).

La loi qui va passer, je vais me contenter de la violer au quotidien, et sans aucun remords, sans même le sentiment de commettre un délit. Et si d’autres du même genre lui succèdent, je chercherais tous les moyens techniques à ma disposition pour les contourner, et j’en ferais profiter mes potes.

Et toc.

Black-Out

HADOPI - Le Net en France : black-out

Mes visiteurs habituels (je veux dire ce qui n’ont pas tapé « bébé chinois qui fument à poil » dans gougeule) auront noté le changement de couleur du blog. La raison en est que je suis le mouvement de black-out préconisé par la quadrature du net. (détails dans le lien… dossier complet et note de synthèse à transmettre à votre député (voir billet précédent) ci-dessous)

Télécharger le dossier complet (PDF) / la note de synthèse (2p PDF)

On peut aussi signer la pétition de SVM

On lira aussi avec intérêt Les 10 Bonnes raisons de dire non à HADOPI, un article de Guillaume Chapeau pour Numerama

Rejoindre le groupe Facebook « Pétition contre Hadopi« 

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