Blogosphère

Et aujourd’hui un petit trackback chez Seb Sauvage

Seb Sauvage, dont je suis un fervent lecteur (silencieux parce que son système de blog ne permet pas les commentaires, c’est un choix… en même temps j’imagine qu’il n’a pas envie de s’emmerder à les gérer), Seb sauvage donc, nous livre aujourd’hui une opinion intéressante sur la numérisation des livres par Google. avec laquelle je suis plutôt d’accord.
Allez lire, c’est là : http://sebsauvage.net/rhaa/index.php?2009/12/10/09/51/20-sarkozy-est-hostile-au-numerique

Je crois que je n’aime pas Anne Humbert.

Trois avocats conversant par Daumier Epidemik est un blog que je lis régulièrement depuis sa création, et sur lequel je ne taris pas d’éloges, tant par la qualité des billets, rédigés par un collectif d’auteurs variés, que par l’humour grinçant qui s’en dégage au fil des pages et des commentaires.

Seulement voilà, l’humour grinçant, ça ne convient pas à tout le monde, et ses victimes manquent parfois singulièrement de fair-play. Pour preuve, Anne Humbert, qui fut rédactrice en chef de LadiesRoom, cible de quelques piques dans les pages du blog sus-cité, plutôt que de rétorquer par le même biais a choisi la voie judiciaire pour faire retirer des billets la citant d’Epidemik.

Certes, on peut concevoir que la dame se sente blessée, victime d’une critique injustifiée, mais était-il nécessaire d’en arriver aux mises en demeures, aux menaces de poursuites, à l’acharnement judiciaire ?

On sait que l’exemple vient de haut, notre président n’hésitant pas à se couvrir de ridicule en poursuivant des fabricants de jouets à son effigie, une journaliste peut se sentir dans son droit de demander le retrait d’un texte la concernant. Cependant on peut aussi trouver la réaction disproportionnée. Les prétoires sont déjà suffisamment encombrés sans qu’il soit besoin d’y ajouter les griefs du premier venu qui s’est fait quelque peu malmener par voie de presse. Il existe une chose nommée « droit de réponse », qui en l’occurence, à mon sens, eut été bien suffisante, et qui, si on le manie avec un tant soit peu de brio (et n’oublions pas que le métier d’Anne Humbert est d’écrire), peut retourner les rieurs dans votre camp.

Mme Humbert n’a pas choisi visiblement d’exercer ce droit, préférant la menace et la censure, ce n’est pas à son honneur, et, sans la connaître ni préjuger des qualités humaines dont elle fait peut-être preuve par ailleurs, je dirais qu’au vu de ces actes, je crois que je n’aime pas Anne Humbert.

Pour plus d’infos, reportez vous à ces billets :

Epidemik mis en demeure pour une phrase

De l’affectation et du préjudice

Récréation 2 bis : jouer avec les mots

En allant me balader sur les blogs que je lis, je suis tombé sur un jouet très marrant qui génère des nuages à partir de tags, d’un texte quelconque ou d’un feed RSS. Voilà ce que ça peut donner par exemple si on prend mon feed en source :

on peut varier les couleurs, les polices, la disposition, le nombre de mots, etc.

Regardage de nombril

J’ai récemment refait ma liste de liens, le truc communément appelé blogroll, pour y inclure les blogs que je lis (et où je vais même parfois jusqu’à laisser un commentaire). Et à cette occasion, en (re)visitant les blogs que je voulais y mettre, je me faisais la réflexion que y’a quand même des plate-formes de blogs qui en prennent à leur aise avec les contenus qu’elles permettent de publier.

Je comprends les bloggeurs qui vendent leur cul prose pour trois centimes d’euros en écrivant des billets sponsorisés par Fleury-Michon ou la dernière marque de tampons à la mode, ce que je comprends moins c’est que nombre de gens dont l’écriture est talentueuse (non pas que les vendus sus-nommés soient dénués de talent), se galvaudent chez des hébergeurs de blogs qui truffent leurs pages de publicités qu’il n’ont pas souhaitées, rendant pour leurs afficionados la lecture parfois désagréable, voire carrément agaçante.

Une de mes amies par exemple, qui publie un blog fétichiste (nan cherchez pas il est pas dans ma liste de liens), se retrouve régulièrement afflublée de pub proposant des webcam voyeuses sur des articles qui traitent d’Aragon (c’est chez Canablog). Une bloggeuse qui commente chez Epidemik, est hébergée sur une plate forme qui ouvre carrément 4 popup (sans compter ceux que le bloqueur parvient à empêcher) à chaque clic sur un billet, voire à chaque clic accidentel en dehors d’une zone cliquable (ça c’est vraiment énervant, tu cliques sur une zone vide dans la fenêtre pour la refaire passer au premier plan et tu te chopes le site de la Redoute ou un Kelkoo quelconque en popup, et quand tu veux fermer le popup il en ouvre un autre) (C’est chez BlogSpot).

Sans compter les clauses abusives sur la propriété intellectuelle des contenus que les mêmes bloggeurs acceptent sans réfléchir (les plate-formes de TF1, de M6…).

Je comprends certes que tout le monde n’aie pas les compétences techniques pour se monter dans son coin son WordPress ou son Dotclear perso, mais je m’interroge sur la capacité des mêmes à accepter l’exploitation que font quelques requins de leur prose, au prétexte de leur fournir un environnement de publication facile d’utilisation.

Personnellement, j’ai choisi de me faire héberger chez wordrpress.com non pas parce que je n’ai pas la capacité à en monter un dans mon coin, (ça va merci, j’en ai fabriqué trois en deux mois, avec des thèmes maison), mais parce que j’avais la flemme d’en customiser un à mon goût, et que wordpress.com m’offrait un environnement simple d’utilisation et garanti sans pub malvenue.

Un blog, c’est avant tout un site web, où compte énormément le côté visuel. Je soigne toujours la présentation de mes articles, (texte justifié, taille des images unifiés, marges systématiquement identiques) et je considère que la publicité sur les blogs, si on ne l’a pas choisie c’est de la pollution visuelle (et parfois sonore) pure et simple. Ça me gâche le plaisir de la lecture, et je ne voudrais pas que mes 15 lecteurs (ouais j’en ai gagné un l’autre jour) se fassent la malle parce qu’on les agresse à coup de messages cherchant à vendre du Chanel ou du saucisson. En outre, le gus moyen chez canalblog, forcé d’accepter la pub sur sa prose, il ne voit pas la couleur d’un centime généré par les clic éventuels à partir de chez lui (bon d’accord, chez certains le taux de clic permettrait de se payer une bière tous les trois ans, mais tout de même) , ce qui est tout de même scandaleux.

Bref, je radote… mais c’est juste un truc qui m’agaçe.

La température de la patate

blogueur.jpgJ’avais jusque là réussi à échapper à cet exercice commun à la blogosphère, « rédige un billet selon tel et tel termes », manque de bol, à force de ratiociner de-ci, de-là, de commenter à tort et à travers en laissant mon adresse, de bavasser dans des chats peu avouables (du moins à certains de mes lecteurs, y’a des petits là bas qui lisent), j’ai fini par me faire rattraper par le jeu, et ce matin, en lisant un billet chez bàb, je me vois en toute lettre cité comme l’un des destinataires de la chaîne blogosphérique suivante :

 

Pourquoi je blogue, en cinq réponses.

Tu parles d’un cadeau. Nous voici revenu sur les bancs de la primaire, « raconte tes vacances en deux pages ». Déjà à l’époque je débordais. Je n’ai jamais su faire court. Je suis capable de partir sur le sujet grave du pourquoi je blogue en 5 réponses, et avant d’y arriver de faire un détour par Kodjoviakopé (un bien agréable quartier de Lomé pour ceux qui connaissent, et pour ceux qui connaissent pas tant pis pour vous, sortez vos googles maps (on voit pas grand chose sur la photo satellite, c’est comme ça, zavez qu’à y aller), ça vous permettra de situer). En tous cas, ça nous fournit déjà un élément de réponse : lorsque je me colle au clavier dans l’intention d’écrire, je suis rapidement atteint de logorrhée m’en veuillez pas, c’est intentionnel, et ça m’amuse.

Ah oui, la réponse numéro deux alors : ça m’amuse. Que je peste contre un politicard foireux (là vous faites votre choix, y’en a pas des masses à trouver grâce à mes yeux, prenez en un que vous détestez, y’a des chances que moi aussi, comme ça nous sommes d’accord et vous pouvez poursuivre votre lecture en toute quiétude avec le réconfortant sentiment que vous partagez mes opinions, ce qui vous met dans de bonnes dispositions à mon égard, et c’est bien normal, c’est le but recherché, jveux qu’on m’aime) , ou que je commente un film (que j’ai aimé ou pas, c’est pas le problème, encore qu’il soit souvent plus drôle de dire du mal que de dire du bien, c’est bien connu), me coller devant mon clavier à déblatérer ou à ciseler (si, si ça m’arrive de ciseler, même si on ne le dirait pas à lire ce billet) , me rempli d’aise. Je vais souvent me prendre un fou-rire tout seul en écrivant quelque chose. Et le rire, c’est une évidence, c’est bon pour l’âme.

Nos lecteurs attentifs (enfin ceux qui sont encore là, que le cheminement tortueux de ma pensée, les 36 parenthèses imbriquées (technique que je revendique avoir piqué à Jaenada, sans aucun remords, lui il les a piquée au langage LISP (là j’en vois déjà qui googlent pour savoir ce que c’est) et donc je vois pas pourquoi je me gênerait) n’ont pas encore découragés) auront remarqué que j’ai lâchement glissé la troisième raison en plein milieu du paragraphe précédent. Ai-je vraiment besoin de développer ? Si ? Vous êtes impitoyables. Ben oui, c’est tout simple : je m’amuse, et ce faisant j’espère en amuser d’autres, qui me le rendront alors sinon par un amour débordant du moins par une marque de sympathie de temps à autre (comme la patate ici présente, merci bàb, jeme demande si finalement c’est une aussi bonne raison que ça).

Bien entendu il y a aussi là-dessous un certain narcissime. D’aucun vont me trouver fat, mais j’aime bien me relire, de préférence quelques mois (voire années) après. Je suis encore mon lecteur le plus fidèle, et mon seuil critique à mon égard est particulièrement bas. L’autre jour je suis retombé sur un billet, publié sur un forum il y a deux ou trois ans, et je me suis moi même pété de rire, en m’envoyant au passage des fleurs. (Ça vaut toujours mieux que d’en espérer de la part d’autres sans les recevoir…).

Et finalement (parce que là on arrive à cinq), parce que j’aime bien râler, gueuler, protester, vilipender, encenser (plus rarement vous l’aurez compris), partager mes émois (légitimes colères et coups de coeur), à la face d’un monde qui n’en a cure mais ça me soulage.

Voilà nous avons nos cinq raisons, et la patate, je la refile à H.A , Jesrad, Pauline et s-entielle, parce qu’il n’y a pas de raison que ce soit que moi qui m’y colle nan mé !

(ps : l’image qui illustre ce billet provient de Linux-france.org)