Politique

Mieux vaut entendre ça qu’être sourd, mais tout juste…

J’ai relevé dans un gratuit ce matin un extrait du discours de Nicolas Sarkozy évoquant l’attitude du président polonais à propos de la ratification du traité de Lisbonne :

« …Il a donné sa parole, une parole, ça doit s’honorer, c’est une question de morale ».

On appréciera l’ironie de la déclaration deux jours après que le même Nicolas ait, sans état d’âme particulier, renié la parole donnée par la France aux anciens activistes des Brigades Rouges réfugiés en France et confirmé (à grand renfort médiatique) l’extradition de Marina Petrella.

Le respect de la parole donnée est de toute évidence une notion sujette à de multiples interprétations dans l’esprit de monsieur Sarkozy.

Internet torpillé par l’Europe

Tout entiers le nez tourné vers le nombril national, et la politique catastrophique voulue par le chef de l’état et implémentée jour après jours à coup de rafles, de déclarations méprisantes, de déni de la parole donnée, et autres joyeusetés qui nous ramènent au plus belles heures des dictatures allemandes ou russes du siècle dernier, on oublie quelquefois de jeter un oeil à ce qui se fait au niveau européen. Et on a tort.

En ce moment, au parlement européen, se joue rien moins que l’avenir de l’internet tel que nous le connaissons, et, si rien n’est fait, d’ici la fin de l’année nous pourrions voir le paysage changer radicalement.

Lundi dernier, le 7 juillet, les commissions IMCO et ITRE du Parlement européen ont voté sur le projet de réforme du droit européen des communications électroniques, dit Paquet Télécom, et ont adopté une série d’amendements, qui pris individuellement n’ont l’air de rien, mais qui quand on les rapproche ont plusieurs effets pervers.

Concrètement l’adoption de ces amendements, glissés sournoisement dans ce vote où ils n’avaient pas grand chose à faire, permettraient à des autorités administratives de chacun des état membres de décider quels logiciels seraient autorisés pour accéder à ‘internet, en imposant en outre de la part des développeurs que ces logiciels comportent ‘certaines fonctionnalités’.

Si ces directives sont adoptées le 2 septembre en séance plénière, elle entreraient en application d’ici la fin 2008, et alors là, nous pouvons commencer à numéroter nos abattis.

Sous couvert de sécurité, de lutte contre le terrorisme, de lutte contre le piratage, je vous passe la liste des motifs habituels invoqués par nos édiles, c’est tout l’édifice du logiciel libre qui se trouve ainsi mis en péril.

Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas informaticiens, le logiciel libre, est un logiciel dont le code source est mis à disposition de tout un chacun, libre à chacun de l’éditer, triturer, recompiler, pour l’adapter à ses propres besoins. Firefox par exemple, est un logiciel libre typique, dont le succès n’est pas a démontrer.

Mais comment imposer ‘certaines fonctionnalités’ (soyons clairs, on parle ici de mouchards intégrés au programme, destinés à tracer l’activité de l’utilisateur, voire à l’empêcher) à un logiciel dont par essence tout le monde peut modifier la source ? On ne peut pas, et donc, la solution simple est de l’interdire, ou plus exactement d’imposer aux FAI d’empêcher que le trafic généré par ces logiciels puisse aboutir.

Ça vous ne vous effraie pas encore ? Parce que moi ça me fout les chocottes. L’Europe est en train de dessiner au travers de ces amendements un Internet à côté duquel le cyber-espace chinois commence à ressembler au Club Med. Si ces directives sont adoptées, on va vers l’extinction du libre en Europe, vers le fliquage généralisé, le contrôle absolu des contenus de vos ordis… Ça vous paraît une perspective engageante ? Non, à moi non plus.

Je n’ai pas tellement l’habitude de lancer des appels à mes 14 lecteurs recensés, mais ce serait bien que vous relayiez cette info, avec les liens dessous. Il ne reste pas beaucoup de temps pour essayer d’influer sur l’issue de ce vote, mais si demain, vous voulez pouvoir blogger avec un soft qui ne filtre pas le contenu de vos articles (ou ne va pas les signaler avec un petit drapeau rouge dans quelque bases de données recensant des gens susceptibles d’émettre des opinions contraires à la pensés unique), si vous ne désirez pas que chacune de vos activités sur Internet puisse à terme être tracée en temps réel, si vous ne désirez pas utiliser des logiciels « approuvés par le gouvernement », il faut faire quelque chose maintenant.

Et ce quelque chose ça consiste à écrire à vos euro-députés, en protestant, en expliquant… La quadrature du Net donne les listes de députés à contacter et leurs emails, des modèles de lettres et des conseils.

Voilà les liens utiles :

Repompez cet article autant que vous voulez, copiez, diffusez, n’hésitez pas 🙂

Note de lecture : Jacques Généreux – La dissociété

Jacques Généreux - La dissociété

Mes familiers le savent, si je suis un lecteur boulimique, je m’aventure rarement dans les terres de l’essai, et encore moins souvent dans celles de l’essai politique. Toutefois, de temps à autre il m’arrive de lire autre chose qu’un bouquin de SF, un polar satirique ou quelque roman bien dcheu nous. En l’occurence, c’est sur les conseils d’un ami que je me suis plongé dans celui-là.

Bien m’en a pris, Je me suis embarqué pour quinze jours dans une visite passionnante des fondements de nos sociétés occidentales, des raisons qui ont conduit aux dérives néo-libérales que nous subissons aujourd’hui, et de ce qui fait que personne n’est dans la rue, les fusils à la main pour chasser les gouvernements qui nous oppressent. Loin d’être seulement un constat désespéré de l’état du monde, il ouvre à la fin de son ouvrage quelques pistes pour le moins intéressantes sur ce qu’il conviendrait de faire pour que l’offre politique se remette à refléter les aspirations des citoyens.

Originellement publié en 2006, l’auteur a cru bon ,et sans doute avec raison, de revoir sa copie et de la mettre à jour. C’est donc une édition augmentée qui a été publiée en janvier de cette année.

Pour vous donner une idée, voici ce qu’en dit lui-même Jacques Généreux sur la quatrième de couverture :

Ce livre est motivé par la conviction qu’à l’époque des risques globaux la plus imminente et la plus déterminante des catastrophes qui nous menacent est cette mutation anthropologique déjà bien avancée qui peut, en une ou deux générations à peine, transformer l’être humain en être dissocié, faire basculer les sociétés développées dans l’inhumanité de « dissociétés » peuplées d’individus dressés (dans tous les sens du terme) les uns contre les autres.


Éradiquer ce risque commande notre capacité à faire face à tous les autres…

C’est pourquoi, ici, j’entends moins faire œuvre de science politique que de conscience politique. Car la dissociété qui nous menace n’est pas un dysfonctionnement technique dont la correction appellerait l’invention de politiques inédites. Il s’agit d’une maladie sociale dégénérative qui altère les consciences en leur inculquant une culture fausse mais auto-réalisatrice.

Il faut noter que le livre, pour aride (et ambitieux) qu’en soit le sujet, reste très accessible, sans l’aide d’une encyclopédie à portée de main. (ce qui est heureux, parce que se trimballer l’encyclopédia Universalis dans le métro, ça reste assez compliqué)

Le livre lui même a généré de nombreux commentaires et critiques de-ci de là. Un bon point de départ pour aller voir : Jacques Généreux sur Wikipédia

RESF refuse de rencontrer Hortefeux

Ci-dessous un communiqué de RESF, reproduit dans son intégralité. Faire tourner, publiez chez vous, etc…

COMMUNIQUÉ

Le Réseau Éducation Sans Frontières a rejeté l’invitation du ministre qui souhaitait le rencontrer à la veille de la présidence française de l’Union Européenne. Le RESF s’en justifie dans une lettre.

Voir http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article14174 ou ci dessous.

Monsieur le ministre,

Vous avez souhaité rencontrer des représentants du Réseau Éducation Sans Frontières avant la présidence française de l’Union européenne. Dans le contexte actuel, une telle entrevue nous semble inutile. Nous ne répondrons pas à votre invitation.

Malgré les fortes réticences de certains d’entre nous, dues entre autres à l ‘intitulé de votre ministère, nous avions accepté d’être reçus l’an dernier pour ne pas condamner votre politique avant que vous l’ayez officiellement énoncée.

Depuis lors vous avez fait vos preuves, au-delà de tout ce qu’on pouvait redouter.

Vous avez fait voter une loi destinée à empêcher les parents et les enfants de vivre ensemble et jetant l’opprobre sur une immigration dont votre texte insinue, par son existence même, qu’elle serait trop prolifique et aux filiations si douteuses qu’il faudrait recourir aux tests ADN pour les établir –pratique jusqu’alors réservée aux affaires criminelles.

Vous avez assigné à vos services l’objectif de 25 000 expulsions en 2007, 26 000 en 2008, 28 000 en 2009, précisant à l’unité près, les quotas dus par chaque préfecture, comme s’il s’agissait de fret. Que n’exprimez-vous vos objectifs en têtes ou en quintaux ?

Une expulsion est un cataclysme. C’est tout à la fois une arrestation inopinée, un emprisonnement, la privation de son logement, un licenciement minute, la spoliation de la totalité de ses biens, parfois la séparation brutale d’avec son conjoint et ses enfants, la dislocation de tout lien avec son milieu et ses amis et une reconduite contrainte, éventuellement assortie de violences. C’est une humiliation totale dont on ne se remet pas.

Le pays dans lequel on avait placé son espoir d’une existence nouvelle, qu’on avait parfois bataillé des années pour rejoindre, vous rejette, vous expulse et vous dépose comme un déchet, sans bagage, sur un tarmac où personne ne vous attend. Même quand les expulsés ont des proches au pays, il arrive que la honte les empêche de les rejoindre : celui qui faisait vivre toute une famille est devenu une charge. Nombre d’expulsés finissent désespérés, désocialisés, à la rue, mendiants, fous ou suicidés.

Ces ravages ne sont ni des accidents, ni des faux frais de votre politique. Ils sont son essence même.

Définissant le rôle de votre ministère dans une lettre aux évêques de France, vous assuriez : « Il faut […] adresser un message clair aux candidats à l’émigration, en leur démontrant que la clandestinité est une voie sans issue ». Comment faire cette démonstration ? Toute l’histoire en témoigne, les seuls « messages clairs » susceptibles de faire fuir une population de là où elle est établie ou de l’empêcher de se rendre là où elle espère un avenir sont la violence et la terreur. La société française n’est aujourd’hui pas prête à accepter le recours à la violence ouverte. Heureusement. Mais la longue liste des situations choquantes de brutalité engendrées par votre politique témoigne du risque d’une dérive.

Quelques exemples, en quelques mois, à Paris. 20 janvier 2008, Sena, 9 ans, passait 24h, seul, enfermé chez lui, terrorisé. Son père sans papiers était en garde à vue au commissariat du 10e. 8 février, Osman, 2 ans et demi était seul pendant 3 jours, son père en rétention à Vincennes, sa mère à l’hôpital en train d’accoucher. 4 mars, Cécile, 6 ans et Sylvie, 5 ans, étaient seules, leurs parents en garde à vue au commissariat du 20e… Mars, Jennifer, 2 ans et Yasmina, 2 mois et demi, seules pendant 15 jours,leurs parents en rétention, lui à Vincennes, elle à Cité… 27 mai 2008, Jeanne, 2 ans seule, son père en rétention à Vincennes, sa mère alors au Sénégal…

A chaque fois, la police était informée que les enfants étaient seuls. A chaque fois, des parents, amis, militants du RESF ont veillé à la sécurité des enfants ; Samir, 19 ans, élève du LP de Villeneuve sur Lot expulsé moins de 24 heures après son arrestation sur une convocation piège. Des arrestations au domicile de familles entières.

240 enfants en rétention en 2007. Yvan, Tchétchène de 12 ans, rendu invalide après être passé par la fenêtre à Amiens en août 2007 pour n’avoir pas affaire à la police française. Chunlan Zhang tuée à Belleville dans les mêmes circonstances. John Maïna, 19 ans, suicidé en février 2008 en apprenant que l’asile lui était refusé, Baba Traoré, 29 ans, noyé dans la Marne en avril 2008 pour échapper à un contrôle de police.

Ces morts, ces drames, ces automutilations, ce désespoir qu’engendre votre action ne vous hantent-ils pas ? Etes-vous fier d’imposer de telles missions à vos services ?

Il vous arrive d’en dire peut-être plus que vous ne le souhaiteriez. C’est ainsi que vous déclariez dans Le Figaro du 25 avril 2008 : « Si mon souci est de répondre aux besoins des secteurs en pénurie de main d’oeuvre, j’ai aussi le devoir d’accompagner l’ensemble de la communauté nationale vers l’emploi. […] Dois-je laisser sur le bord de la route des étrangers qui ont fait l’effort d’entrer légalement sur le territoire, de satisfaire le parcours d’intégration ? Faut-il sacrifier leurs enfants nés ici ? […].

Discours stupéfiant. Est-ce à dire qu’il y aurait des emplois « réservés » ? Occupés par des sans papiers aujourd’hui, ils seraient « offerts » aux immigrés en situation régulière ou à « leurs enfants nés ici », c’est-à-dire Français pour la plupart mais n’ayant pas la tête à l’être assez pour qu’on ne leur propose pas les emplois dévolus aux immigrés. Jusqu’à combien de générations ? A trop finasser on s’expose à laisser échapper une sottise … ou le fond de sa pensée ? Il serait utile que vous vous expliquiez clairement et le cas échéant, vous corrigiez ces propos.

La directive « retour » que vous avez adoptée avec vos collègues de l’Union européenne place les étrangers sans papiers dans des conditions proches de celle de l’état de siège : jusqu’à dix-huit mois d’internement pour le seul fait d’avoir franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe ; rétention et expulsion de mineurs et de personnes vulnérables (femmes enceintes, personnes âgées, victimes de torture…) ; possibilité d’expulser des personnes vers un pays de transit, même en l’absence de lien avec ce pays ; interdiction de retour sur le territoire européen pour une durée de cinq ans de ceux ayant été expulsés ; absence d’obligation de fournir un titre de séjour aux étrangers souffrant de maladies graves ; application aux mineurs isolés de l’ensemble de ces mesures.

Les objectifs que vous dites vouloir assigner à la présidence française (interdiction des régularisations, renforcement des actions policières, discours sur l’aide au développement, identiques depuis 1970) sont dangereux et, de plus, inefficaces.

Selon les chiffres de votre ministère, de 200 à 400 000 étrangers sans papiers vivent en France. Il vous faudrait de 8 à 16 ans pour les expulser tous, au rythme de 25 000 par an, à supposer qu’il n’y ait ni naissance, ni entrée nouvelle.

L’action du RESF depuis quatre ans a contribué à mettre en évidence une évolution profonde de la société française, l’acceptation de ce qu’elle est, une société diversifiée du point de vue de ses origines.

Le courant auquel vous vous rattachez prétend par calcul politicien enrayer cette tendance de fond. A cette fin, il recourt à des moyens attentatoires aux droits de l’Homme et à la dignité. Nous sommes convaincus que si d’aventure un manuel d’histoire consacre un jour quelques lignes à votre action, elles ne vous feront pas honneur.

Ajoutons, pour finir que rien dans vos récentes déclarations ne laisse augurer un changement de votre politique ni même l’ouverture d’un dialogue dont la seule fonction à vos yeux semble être une opération de communication en prélude à la présidence française de l’Union européenne.

Ces raisons, entre autres, nous font décliner votre proposition d’audience.

Nous vous prions, Monsieur le ministre, d’agréer l’expression de la considération que mérite votre politique.

Pour le Réseau Éducation Sans Frontières

Richard Moyon

Amère victoire

Bon, ca y est, la droite s’est pris une pilée aux municipales. C’est réjouissant dans un sens, certes. le PS reprends du poil de la bête et parade un peu, le nain se fait discret, voire digne (un quasi exploit). Mais et maintenant ?

Maintenant on a 4 ans devant nous sans échéance électorale. Une campagne pour la présidentielle, ça commence un an avant, et c’est la période où le gouvernement flatte la plèbe. Donc, pour les 3 ans à venir le gouvernement, doté d’une confortable majorité à la chambre a les mains entièrement libres pour mener la politique qu’il entend.

Et il ne s’est pas privé de le faire savoir et d’expliquer que la défaite de l’UMP aux municipales c’est parce que les français attendent davantage de réformes et qu’ils vont s’empresser de les faire. En d’autre termes, « on continue comme si de rien n’était et si vous n’êtes pas contents qu’est-ce que vous voulez que ça nous fasse ? »

A gauche, on se la pète : on a gagné, on a gagné. Mais de programme j’en entends pas trop parler par les socialistes. Pour le moment ils en sont toujours à discrètement se bouffer le nez pour savoir qui va mener leur barque après le congrès. Incapables de se choisir une direction, incapables de proposer une alternative viable au niveau national, le PS est à mes yeux tout aussi inexistant aujourd’hui qu’il y a 15 jours, et ce n’est pas le résultat des municipales qui va y changer grand chose.

La seule note positive dans tout ça c’est qu’aux cantonales la gauche s’est gavée. Et que les sénatoriales sont en septembre. Comme les sénateurs sont élus par un collège de grands électeurs où les représentants des conseils généraux et municipaux figurent en bonne place, il n’est pas impossible que le Sénat se teinte fortement en rose, d’autant que si j’ai bien tout suivi en 2008 le sénat inaugure une nouvelle répartition électorale en deux séries qui va renouveler sa composition non plus par tiers, mais par moitié tous les 6 ans, l’autre moitié étant élue en 2011.

On pourrait donc se retrouver avec une forte progression à gauche du Sénat, voire dès 2011 un sénat tout à gauche, un fait inédit dans l’histoire de la Ve république, qui serait alors en position de contrebalancer la politique gouvernementale.

L’opposition systématique du sénat à sa politique avait déjà conduit de Gaulle à la démission en 1969… On peut rêver non ?

Mais en attendant ce scénario un peu utopique, messieurs Bouygues, Bolloré et consorts se frottent les mains, le nain leur réserve de beaux jours et nous on va s’en prendre plein la gueule pour pas un rond (oui oui, là il faut entendre « pas un rond » dans son sens le plus littéral).

Élection, piège à cons

Dimanche on y retourne. Presque un an après que mes compatriotes aient porté aux nues élyséennes le nabot que l’on sait (et nabot pas seulement au physique le petit monsieur), je suis toujours fumasse, et assez d’accord avec Badiou sur le fait que les élections sont dans nos démocraties occidendales un miroir aux alouettes. Je vais y aller quand même, mais cette fois, quitte à voter à gauche, j’irais voter carrément à gauche.

C’est donc — au moins au premier tour, après je voterai contre Panafieu — au Parti des Travailleurs qu’ira mon suffrage. Ces gens n’ont aucune chance d’être élus, professent en matière d’économie des opinions brindezingues, prônent la rupture totale d’avec l’UE (ben voyons..) et sont légèrement plus radicaux que Cohn-Bendit à 20 balais quand son gros cul mou ne hantait pas encore la députation européenne.

Mais… leur prospectus électoral (on s’étonne qu’il ne soit pas ronéotypé) reprend ce passage de la déclaration du comité central de la garde nationale de la Commune de Paris du 25 mars 1871 : (y’a 137 ans tout de même les mise en gras sont de moi).

CITOYENS,
Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre vie, souffrant des mêmes maux.

Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables.

Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un beau discours, à un effet oratoire ou à un mot spirituel. Évitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère.

Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux ci de se présenter.

CITOYENS,
Nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèreront jamais comme vos maitres.

Je ne veux pas dire mais des gens qui se réclament de la Commune de Paris, j’adhère. Il auront de la chance s’ils font 1 % cela dit, n’empêche qu’en ces temps d’exhibitionnisme outrancier de la richesse décomplexée, de chasse aux immigrés, de rafles, de retour des camps et de la déportation, ça fait comme une bouffée d’air frais.

 

La voix de son maître

Je regarde très peu la télévision, vraiment très peu, mais enfin ça m’arrive. Une fois n’est pas coutume, là j’avais envie de voir comment les chaînes d’infos nationales (le 13 haures sur la 2 en l’occurence) allaient traiter les dérapages du nain au salon de l’agriculture, et à propos de sa tentative de coup de force sur sa loi inique.
C’est assez simple : rien, pas un mot, silence radio, non-événement, ça n’est pas arrivé.
Bon, je retourne écouter la BBC parce que « radio Paris ment, radio Paris ment, radio Paris est allemand »

« Je suis le président je fais ce que je veux, na !»

Finalement le « Casse toi pauvre con » du nain, n’est peut-être pas si maladroit qu’il y parait à première vue. L’info qui m’avait échappée avant, c’est que notre fuhrer président a décidé de passer outre la décision du conseil constitutionnel refusant d’appliquer la rétroactivité à la loi sur la « rétention de sûreté » (qui en soi est déjà une belle saloperie).

Dans ce contexte, alors qu’il se retrouve attaqué de toutes part (et avec juste raison) sur ce point, il est intéressant de noter qu’il se permet alors un écart langagier qui est sûr de faire la une des diverses rédactions, masquant peut-être la levée de bouclier contre sa décision digne du guide suprême d’une quelconque république bananière.

Le nain a prouvé maintes fois qu’il est le maître du rideau de fumée… Mais la fumée, ça a un inconvénient, ça vient souvent avec le feu, et j’aurais tendance à dire que ça crame un peu dans tous les coins en ce moment…

L’élégance éternelle du bouffon de l’Elysée

A l’heure qu’il est la vidéo est partout sur le net… je vais pas vous l’infliger. C »est sur le site du Parisien, si vous voulez la voir.

Mais je me marre. C’est le même mec qui veut remettre la morale et l’instruction civique sur les bancs des écoles, donner des leçons de respect et de politesse qui s’autorise ce genre d’écart de langage public.

Gageons que ce matin, il doit y avoir un paquet de candidats UMP aux municipales qui cherchent un moyen de se désolidariser complètement du nain (sans en avoir trop l’air, parce qu’après il faudra quand même se le manger encore un peu plus de quatre ans, et que le nain, c’est bien connu, est vindicatif et rancunier).

Une semaine ordinaire en Sarkoland

Le conseil constitutionnel retoque la loi sur la rétention de sureté. Ah on se dit que ça pourrait-être une bonne chose, mais non. En fait la rétroactivité voulue par le nain et sa ministre de l’injustice est déclarée inconstitutionnelle, mais pas la loi. Et donc, la taule sans jugement pour ces gens qui pourraient commettre un crime. Le Canard Enchainé de cette semaine relève que la dite loi s’inspire d’un dispositif similaire en Allemagne, toujours en vigueur, et signé par personne d’autre que le chancelier Adolf Hitler. L’exemple vient de haut…

A propos de sureté, il est toujours question de porter de 32 jours à 18 mois la durée de mise en rétention pour les « étrangers en situation illégale ». Si ça ne vous fait pas bondir, moi ça m’interpelle. Il est tout bonnement question de foutre en taule sans jugement non pas des criminels dangereux, mais des gens parfaitement innocents (vous m’excuserez de penser que d’être un étranger sans-papier, ça ne fait pas de vous automatiquement un délinquant). Le silence de l’opposition (quelle opposition ?) sur le sujet est assourdissant. Camps, vous avez dit camps ?

Sarkoland sort ses muscles à Villiers-le Bel, ça a été commenté en long en large et en travers. Ce qu’on a moins commenté, c’est la réaction de Michèle Alliot-Marie et de son affidée, procureure du Val-d’Oise, Marie-Thérèse de Givry, qui a déclaré que la photo, publiée dans Match, de policiers retournant un plumard avec un gus en slip et menotté «portait gravement atteinte à la dignité humaine». On veut bien la croire. Mais on se demande, c’est de montrer la photo qui est indigne pour l’humain hein ? Pas de foutre le souk dans un apprtement à 6 heures du matin et de menotter les gens en slip ? (En tout cas, y’a des chances que le photographe se fasse virer de Match, vu la sympathie déclarée de l’hebdo pour le nain). A suivre…

Une stat marrante relevée dans Libé : entre 1995 et 2005 on note que 35% des immigrés détenteurs d’un emploi le sont aussi d’un diplôme d’études supérieures, alors que les natifs détenteurs d’un emploi ne sont que 17% dans ce cas… (on ne dit pas si les immigrés en question on trouvé un boulot en rapport avec leurs compétences où s’ils sont plongeurs au Fouquet’s).

Xavier Darcos présente les nouveaux programmes pour l’école primaire. Retour de l’instruction civique et de la morale à l’école. Faudra se lever devant le drapeau, le buste de Marianne, et la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » (c’est pas « Travail Famille Patrie » la devise à la mode ?). Franchement quand on voit la liberté bafouée par des lois déjà votées ou en préparation comme ci-dessus, l’égalité entre les potes de Bolloré et le reste du monde, et le merveilleux élan de fraternité qui porte nos amis au gouvernement dans leurs actions quotidiennes, on se dit qu’ils ont pas honte de vouloir donner des leçons sur le sujet à nos mômes.

Je vous passe la polémique sur la Shoah et les gamins, rideau de fumée sarkozyste, juste une note : et la mémoire des mômes assassinés indirectement par la France au Rwanda on colle pudiquement un mouchoir dessus ? Et celle des victimes du massacre d’octobre 1961 ? Ou les fusillades massives de soldats de la guerre de 14 ?

« Les sectes ne sont pas un problème » selon la directrice de cabinet du nain. Ben voyons…

Un militant de RESF condamné pour outrage au nain (c’était la semaine dernière, mais j’ai accumulé un peu de retard). Il avait comparé la politique de son ministère lorsqu’il était encore à l’intérieur, à celle de Pétain sous Vichy. Fort de son impunité (le président à le droit d’attaquer en justice, mais ne peut, lui, être pousuirvi), le nain à déclenché les foudres. On attend qu’il attaque Alain Badiou qui n’hésite pas lui non plus dans son excellent «De quoi Sarkozy est-il le nom» à comparer la politique actuelle à celle du régime pétainiste dans une démonstration brillante et fondée (d’ailleurs si vous n’avez pas lu ce bouquin, faites une petite note, moi ça m’a quelque peu rassuré sur le fait qu’il existe toujours une pensée de gauche aujourd’hui et que les lavettes du PS (toutes tendances confondues) feraient bien d’en prendre de la graine).

Et pour finir, je me demande si Rama Yade (que par ailleurs je trouve bien mignonne, mais c’est un autre débat) n’en a pas marre de jouer la bonne conscience d’un gouvernement raciste. On devrait changer son titre en « Ministre déléguée pour dire des conneries qui occuperont les journalistes pendant qu’on fait autre chose ».

Tout ça (et plein d’autres, z’avez qu’à lire un peu les journaux au lieu de vous abrutir devant la TV) en une semaine… Je me souviens d’une période où une seule de ces news aurait fait bondir. C’est l’accumulation qui assomme la conscience politique vous croyez ?

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