Des riens

Le doux visage de la tyrannie

Depuis plusieurs mois, je me tais. C’est une forme de lassitude qui est venue insidieusement, s’est glissée en moi sans que je m’en rende bien compte. C’est qu’on a tous une capacité d’indignation au-delà de laquelle, lorsqu’elle est atteinte, ne reste que la résignation.

A quoi bon en effet s’insurger, tous les jours à propos d’une nouvelle injustice, d’un nouveau scandale ? Le bruit qu’on fait ne sert plus a rien, il ne reste pas d’oreilles pour l’entendre, que ce soit celle de nos représentants, ou celles de nos concitoyens.

Nous sommes entrés dans une période très noire de notre histoire, et lorsque je dis cela c’est en pesant mes mots.

Le nazisme, le fascisme, le stalinisme, le franquisme et autres dictatures du vingtième siècle avaient au moins un avantage : le mal, pur et sans fard, ne se donnait pas la peine de se cacher. Les tyrans, sûrs de leur bon droit, y avançaient sans état d’âme massacrant à tour de bras, emprisonnant leurs opposants, usant de la torture, de la coercition, du meurtre et du génocide comme un moyen, efficace, de contrôler les masses.

Il est vrai que lorsque le moindre écart peut vous conduire à vous faire jeter du haut d’un hélicoptère pour servir de nourriture au requins, ou dans un camp de rééducation par le travail où vous finirez inéluctablement ou presque mort d’épuisement et de faim, vous avez tendance à mesurer vos paroles.

Tous, nous sommes bien heureux de vivre à une période et dans des contrées où ce type de barbarisme n’a plus court. Les occidentaux, dans leur grande majorité on renoncé à massacrer ouvertement leurs contemporains. C’est tant mieux me direz vous. Ouf tout ça est derrière nous et bon débarras !

C’est que, nos gouvernants sont civilisés.. Et quand je parle de nos gouvernants, je n’évoque pas forcément les politiciens. Civilisés, et hautement intelligents. On a bien compris de toutes parts (sauf chez quelques réfractaires) que le génocide c’est inefficace, le meurtre et l’emprisonnement politique assez mal vu dans l’ensemble, et surtout, c’est contre-productif : si on massacre une population on se prive d’une force de travail, si l’on emprisonne sans discernement les opposants, on suscite l’indignation, voire un climat de révolte parmi ceux qui les soutiennent.

Et du reste, pourquoi en effet adopter des méthodes qui n’auront pour résultat au final que de générer davantage d’opposants, de donner du grain à moudre à ceux qui ne sont pas d’accord voire, de leur faire prendre les armes ? Si l’occident désapprouve les méthodes de la junte Philippine, ce n’est pas tant par vertu que parce qu’elle donne un mauvais exemple.

Chez nous (et je parle au sens large des « démocraties » modernes) on a bien réalisé que ces méthodes sont au final plus coûteuses que celles qui se sont mises en places depuis quelques dizaines d’années.

Si l’on veut contrôler la plèbe, point n’est besoin de la battre, il suffit de la décerveler.

Lorsqu’on remplace dans l’esprit commun un idéal de liberté, de croissance de l’individu, d’échanges, de solidarité par une volonté de possession, un triomphe de l’individualisme, un repli sur soi-même ou sur sa petite communauté, on n’a plus besoin de chaînes ou de barbelés. Les chaines sont alors dans les esprits de tout un chacun.

On crée artificiellement des besoins, qui occupent l’esprit de tout le monde, et se garantit ainsi qu’occupé, le peuple ne songera pas à la révolte.

Certes, on sait bien que ça ne suffit pas, il reste toujours une poignée de mécontents. Et à ceux-là on donne aussi du grain à moudre. Loin de limiter comme on pourrait le craindre, la liberté d’expression, on la noie dans le bruit, et tant pis si un scandale gênant surgit de temps à autre, ça ne durera que le temps qu’on l’étouffe sous un bruit médiatique encore plus violent.

Bien sûr il ne sera pas question de tolérer les vrai opposants, ceux qui pourraient gêner le cours des affaires, mais pour ceux là, on pourra toujours créer un délit, les taxer de terrorisme, les piéger d’une façon ou d’une autre et les livrer à la vindicte populaire.

Dans le fond, en France, même si les méthodes de ce gouvernement laissent à désirer, nous avons de la chance : Le petit Nicolas est un maladroit, un énervé, un impulsif, un enfant colérique et capricieux dont l’autoritarisme incontrôlé dessert les buts. Il nous construit gentiment un état policier, à coup de novlangue, de décrets impopulaires, de lois plus ou moins scélérates, bâclées sans vraie réflexion sur leurs effets désirés à long terme.

Nicolas gouverne comme un empereur romain, comme une junte Philippine : il est dans la réaction, pas dans la réflexion. Certes, l’agitation perpétuelle, le sens du « JE fais quelque chose » (pour vos retraites, pour la protection contre les pédonazis, pour la sécurité, pour ..) donne de la matière aux médias mais au fond ce type ne restera qu’une petite tache sans importance dans le cours de l’histoire aussi oublié que le défunt René Coty.

L’influence en revanche des groupement d’intérêts qui le poussent lui et d’autres au travers du monde, elle, ne va pas cesser demain de se faire sentir.

Chez nous, demain ça se traduira probablement par une marionnette plus intelligente aux manettes de la législature, et probablement par l’ablation insidieuse et plus fondamentale de notre capacité de révolte, d’indignation, jusqu’à ce qu’enfin nous tendions volontairement nos poignets aux tyrans pour qu’ils nous enchaînent, et ce après nous être arraché nous-mêmes les yeux et bouché les oreilles.

La dictature camarade, de nos jours elle est photoshopée sur papier glacé, elle crache de l’euro-million en guise de rêves, elle distribue des paillettes éblouissantes sur tes écrans, elle invente tes besoins, elle t’empêche de penser, de réfléchir en parasitant ton « temps de cerveau disponible ».

Et si tu as besoin de t’indigner, ne ‘inquiète pas, il y aura toujours un terroriste, une mère congeleuse de bébé voire, quelle chance, une catastrophe naturelle pour retenir ton attention et exiger de ton député qu’il fasse quelque chose. Ton cerveau, distrait, occupé, n’aura jamais le temps de réfléchir aux raisons qui font que bien que toutes les conditions de ton bonheur soient réunies tu te sentes si malheureux, si inadéquat au fond de toi.

Au soir de ta mort, il ne te restera qu’à regretter alors de n’avoir pas vécu comme Sénèque l’enseignait et d’avoir gâché chacun de tes jours a des broutilles, tandis que se perpétuera sur tes descendants l’emprise des doux tyrans.

Le principe de précaution… et ses effets pervers

On vit une drôle d’époque.. Je m’en faisait l’autre jour la réflexion, faite à la fois d’avancées technologiques sans précédent dans tous les domaines et d’une trouille rampante digne des grandes peurs de l’an mil (et accessoirement de l’an 2000) face à ces avancées justement.

Remarquez, l’histoire récente (et un peu moins récente, que les moins de 20 ans me pardonnent) aurait tendance à donner raison à ceux qui préconisent la précaution.. Que ce soir la thalidomide, l’amiante, certaines substances n’ont pas eu que des effets bénéfiques sur l’ensemble de la société, c’est le moins qu’on puisse en dire.

Cependant, il y a un grand pas, qu’à mon avis nos sociétés sont en train de franchir, de la précaution à la frilosité. Qu’il s’agisse d’empêcher les gens de s’établir dans des zones potentiellement inondables, de bioéthique, de dangerosité supposée ou redoutée à tort ou à raison de malades mentaux, l’opinion publique ou plutôt ceux qui professent de la faire et de la défaire, voudrait qu’on applique dans tous les cas de figure possible le principe de précaution, qu’on n’envisage surtout pas la mise sur le marché d’un médicament, d’une substance, au motif qu’on ne connait pas les conséquence qu’elle pourrait engendrer à 10, 20 ans voire deux siècles de là. qu’on ne sait pas si une tempête pourrait frapper telle ou telle zone dans 3 mois ou 3 siècles.

C’est après tout en un sens assez louable. Qui ne voudrait se sentir en sécurité ?… Ah sécurité, voilà le mot qui fâche.. Car au fond ce « principe » n’est que l’expression d’une peur, pire même de la peur d’une chose qui pourrait ne même pas affecter ceux qui l’éprouvent.

L’emmerdement c’est que la peur est un marché.. pour les politiciens qui l’exploitent..( peur de mourir avant de partir en retraite, peur du voisin, du jeune, de l’étranger, du voleur de ton emploi ou de l’incendiaire de ta voiture), pour les médias qui en font leurs choux gras, y compris ceux que j’aurais tendance à considérer comme plus respectables que d’autres.

La peur institutionnalisée, fait vendre, fait voter « dans le bon sens », redonne du peps à une popularité politique déclinante. Qu’on agite le chiffon rouge de l’insécurité, et madame Michu s’empresse de trembler, et d’approuver qu’en haut lieu on se préoccupe d’elle.

Sauf que bien sur en haut lieu, on s’en fout de madame Michu. Ce dont on ne se fout pas c’est de son bulletin de vote, et lui faire peur dans un premier temps, et dans un second temps prétendre « résoudre le problème » à grand effets de manches et d’annonce est une des méthodes favorite des démagogues de tous bords.

Mais ce fameux « principe », n’est pas utilisé que par les politiques, loin s’en faut. Telle association revendiquera au nom du « principe de précaution » qu’on interdise telle ou telle avancée technologique. Pas plus tard qu’il y a quelques mois, les bibliothécaires parisiens se sont mis en grève au prétexte que les spots WiFi leur engendraient des migraines (à mon sens très certainement psychosomatiques) et la mairie de Paris a du reculer leur généralisation.

En son temps, le train aussi a été victime du « principe de précaution ». Nombre de voix s’élevaient contre les vitesses excessives des locomotives (à cette époque on devait tout de même friser le 40 km/h) qui allaient causer des dommages irrémédiables aux passagers.

Le principe de précaution, c’est la peur de l’inconnu, l’expression du repli sur soi, sur le connu. Si l’humanité l’avait appliqué depuis ses débuts dans son ensemble, on en serait encore à bouffer du steak de mammouth au fond d’une caverne confortable (non qu’il n’y ait pas quelque bon sens à désirer une vie simple).

Alors, bien sûr qu’avant la mise sur le marché de tel nouveau médicament, la généralisation d’une technologie, il convient de mener quelques études sérieuses (et indépendantes, parce qu’un tiers payé par ceux-là mêmes qui veulent commercialiser une nouveauté ne rendra jamais un rapport objectif, ou celui-ci sera enterré par le commanditaire) sur les conséquences éventuelles, on ne veut certainement pas revoir des horreurs du type Thalidomide. Mais une fois celles-ci menées honnêtement sans conclusion définitive dans un sens ou dans l’autre doit-on enterrer un progrès simplement parce qu' »on ne sait jamais » ?

Quelques googleries ça faisait un moment

Je ne me lasse pas de la page où s’affichent les mots-clés tapés pour venir ici. Ça se réparti en diverses catégories : les fans de cinoche qui cherchent une affiche, les inquiets divers les obsédés sexuels et les franchement bizarres. Rien que cette semaine :

  • magnifiques dessins corps de femmes
  • les belle image des femme apoile
    J’ai rapproché ces deux là parce que évidemment ils cherchaient la même chose, mais on sent la différence dans la motivation
  • femme a poile non payant
    pervers et radin, jte jure y’en a…
  • la boite d’une femme
    Comme vous je suis perplexe
  • petite filles punies movie
    des fois tu te demandes comment les moteurs font pour trouver ce genre de rapport
  • police pénélope jolicoeur
    D’ac j’ai parlé de police, et j’ai parlé de Pénélope, mais qui recherche les deux à la fois ?
  • combien de mort a vauvert
    Je ne sais pas non plus, mais je suis surpris qu’on me pose la question
  • secte boudhiste chapitre bastille
    C’est précis, mais j’aimerais bien savoir comment c’est arrivé ici…
  • nuisance pepe
    Un autre qui me laisse perplexe…
  • blog fetiche de la cigarette
    Non, je ne suis pas fétichiste de la clope, m’enfin faut arrêter avec ça, je suis juste drogué, y’a une nuance.
  • combien de clopes pour chopper le cancer
    Vous croyez qu’il a l’intention d’arrêter à (combien-1) ?

Ce qu’il y a de curieux, c’est que mes diatribes anti-sarkozystes, elles, ne ramènent quasiment rien. Tu me diras, maintenant qu’il y a un petit con au gouvernement pour visiter les blogs qui causent du nain, ça pourrait changer… (tain, si tu réfléchis bien, j’ai mis les mots «Sarkozy», «pervers»,«secte», «femmes à poil», «drogué», «nuisance» et «fétiche» dans le même billet. J’entends déjà les chemises brunes qui frappent à ma porte :D))

Des tics, des tocs, mais pas de pendule

des-tics-et-des-toc.jpgJe suis un abruti. Si si faut bien l’admettre, se résigner, je suis un abruti. Explication, démonstration : Hier soir, je rentre du taf après une semaine plutôt active (doux euphémisme), et je rattrape la lecture des commentaires d’epidemik (que je recommande au passage d’ailleurs, c’est bon pour la santé epidemik, la santé mentale au moins). Et là, comme un con, je laisse un commentaire sur ce post, en me réjouissant d’avoir évité le missile. Et Choléra, indigne qu’elle est, change aussi sec le dernier tag, pour le remplacer par, ouais par le mien.

Techniquement, je pourrais dire qu’elle a triché, en plus elle ne m’a même pas envoyé un mail pour me prévenir (ce qui nullifierai mon obligation de réponse, mais comme elle a ajouté un commentaire dans mon dernier billet, je m’exécute).

La règle du jeu donc, pour rappel

  • Mettre le lien de la personne qui vous tague (voir ci-dessus)
  • Mettre le règlement sur votre blog (vous êtes en train de le lire)
  • Mentionner six choses/habitudes/tics importants chez votre petite personne (ça vient, ça vient pas d’impatience)
  • Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant le lien de leur page perso (six ? tain va falloir que je me creuse)
  • Avertir directement les personnes taguées (oki, oki)

Bon ayant satisfait à toutes les préconditions, me reste qu’à jouer et à vous livrer en direct live mes honteuses petites manies.

  1. Déjà une, le petit déj, c’est café/clope. je suis un junkie du tabac, un addict du café, et il me faut les deux à hautes doses, donc matin, pas à tortiller, avant même d’aller pisser, c’est mise en marche de la cafetière (filtre) et allumage de la première cigarette. Pas la peine de songer à m’interpeller avant que la première gorgée de café n’ait atteint mon estomac, je mordrais. Pas la peine non plus d’imaginer que je sorte avant la deuxième pleine mug et la cinquième clope
  2. Dans le métro, je ramasse compulsivement tous les gratuits du jour que je peux trouver, et je parcours avidement les brèves, et compare les horoscopes (ce qui des fois me fait bien poiler)
  3. Je n’utilise ni ciseau, ni coupe-ongles pour me raccourcir les ongles, juste les dents (et nan je les ronge pas, je fais juste ça quand ils sont trop longs (et pour les orteils, comme schuis pas yogi, je me contente de tire dessus jusqu’à ce que ça vienne, de préférence après la douche quand ils sont encore ramollis)
  4. Je classe les fichiers multimédia dans mon ordi avec un soin carrément maniaque (les films par auteur, année et titre, la musique par artiste album.. et j’ai des images pour tous les illustrer (et des logiciels de cataloguage)
  5. Quand j’ai trouvé un restau pour le déjeuner, je n’en change pas avant de changer de boulot ou que ma boite déménage. (Je ne vais ailleurs que si j’ai une bonne raison ou qu’on m’invite).
  6. Je lis Libé en déjeunant, tous les jours, d’un bout à l’autre (sauf si on m’a invité ailleurs que dans ma cantine habituelle)
  7. Je prends systématiquement deux desserts (m’en fous je prends pas un gramme et je suis gaulé comme une alumette, ça énerve toutes mes copines, et il me faut bien le temps de manger le deuxième si je veux finir le libé sus-mentionné)
  8. Je lis toujours les annonces perso de Libé (« t’avais un chapeau vert, tu m’as souri à Nation, t’es descendu à Argentine, se revoir ?»), une fois j’y ai même reconnu une copine à moi qui en avait passé une (je me suis foutu d’elle pendant un mois, en m’amusant à expédier des réponses farfelues à l’adresse mail qu’elle avait laissée)

Bon ça en fait huit ça, y’a même du bonus. Et je tague:

Ca n’en fera que 5, les autres que j’aurais pu tagger n’ont pas de blog 🙂

Les dictateurs meurent souvent dans leur lit…

The Great DictatorAppris aujourd’hui la mort de Suharto, 86 ans, qui s’en va rejoindre la cohorte de ses collègues qui l’ont précédé. 86 balais pépé, et tout son pouvoir de nuisance intact.

Ça semble être une longue tradition, le dictateur meurt vieux. Franco (83 ans), Eyadéma (70 ans, un jeunot), Pinochet (91 ans) , Kim Il Sung (82 ans), Mao Zedong (83 ans), Fidel Castro (81 ans) , qui ne devrait pas tarder à suivre, même s’il a l’indécence de s’accrocher, Salazar (81 ans), Khomeini (87 ans), pour ne citer que les plus notoires.

Non seulement ces types sont nuisibles, mais en plus il le sont longtemps (et encore, je ne parle même pas des papes de l’église catholique, putain Jean-Paul II qu’est-ce que j’ai pu attendre qu’il crève ce vieux pourri, mais le pape, c’est comme le dictateur, ca s’accroche).

Quand même, on se demande comment tous ces vieillards réussissent à tenir si longtemps. Vous croyez que les survivants autoriseraient des recherches médicales ?

On va pas sortir le champagne non plus, des empaffés il en reste un certain nombre à s’accrocher, sans compter ceux qui prennent la relève, mais c’est toujours un salaud de moins, faut pas cracher sur les petits bonheurs.

Archéologie

J’ai pu récupérer certains textes d’un ancien blog, et après avoir fait un tri impitoyable, décidé d’en republier ici une partie, ceux dont j’étais plutôt content. Pour ceux que ça intéresse, ce sont les archives de décembre 2004 et janvier 2005, avec leurs dates d’origine.

Froid dans le dos

glacier.jpgDans le Libé du jour, cet entrefilet, probablement passé inaperçu : Aux États-Unis, un homme a été viré pour avoir fumé… chez lui. Le fumeur concerné attaque son entreprise pour violation de la vie privée.

De prime abord, certains, suivez mon regard, vont penser que j’enfourche encore le cheval de bataille du pauvre fumeur brimé. Mais pour une fois, ce n’est pas là que le bât me blesse. (Quoique le gus ait toute ma sympathie, croyez m’en)

Au delà de l’incident isolé (ou pas), je trouve inqualifiables plusieurs choses dans cette affaire.

D’une part, que l’entreprise ait eu vent du fait que son employé fumait chez lui. De quelle manière ? Au moyen de caméras espions ? Par la délation d’un de ses collègues ? C’est déjà en soi une intrusion dans la sphère privée qui n’a pas lieu d’être. (Passons sur les test anti-drogue, anti-alcool couramment pratiqués par des entreprises américaines, qui pourraient, eux, éventuellement se justifier dans le cas d’un employé tenant un poste à risque, mais dont l’extension à l’ensemble du personnel d’une boite ne se justifie pas : vireriez vous votre concierge parce qu’il a pris une cuite le week-end dernier ?)

L’autre chose qui me gêne aux entournures dans cette histoire est de façon plus générale la tendance qu’ont les corporations américaines à imposer leurs diktats sur ce qui est socialement acceptable de la part de leurs employés, en dehors de la sphère du travail.

Naguère, c’était (et c’est encore pour une grande part) l’état, une émanation du consensus populaire donc, du moins dans ce qui se veut une démocratie, qui dictait les grandes lignes de ce qu’il était « convenable » ou non de faire en société. L’ivresse publique, se promener tout nu au milieu de la ville à 4 heures de l’après-midi sont ainsi des exemples de comportements devant lesquels la majeure partie des citoyens froncent les sourcils, et qui sont plus ou moins sévèrement réprimés par un corpus législatif clairement défini.

Outre ce corpus, le contrevenant se verra le plus souvent mis au ban de ses pairs, en réprimande de son attitude inconvenante. Une attitude de rejet sociale assez courante.

Mais il semble que désormais nous devions faire face à une troisième forme de punition, celle de l’entreprise qui, alors même que peut-être aucun tabou social n’existe, aucune loi ne soit violée, décrète à part elle que telle ou telle forme de comportement n’est pas conforme à la politique qu’elle entend poursuivre quant au recrutement et à la conservation de ses employés.

Et insidieusement, depuis plusieurs années aux Etats-Unis, mais l’Europe ne saurait tarder à suivre ce déplorable exemple, quand ce n’est pas déjà fait ici et là, ces règles parallèles en viennent à régir l’existence de millions de personnes hantées par le spectre du chômage, mort sociale définitive et bien plus douloureuse que de se voir infliger une amende de quelques dizaines d’euros, ou refuser une invitation à dîner, pour des « fautes » que la plupart d’entre nous considéreraient comme vénielles quand elles ne sont pas purement et simplement imaginaires.

Petit à petit, les corporations en viennent donc à étendre sur la population qu’elles emploient une dictature de fait, en dehors de tout contrôle étatique, et qui commence à déborder de manière injustifiable sur le temps que l’individu ne passe pas au service de l’entreprise qui l’emploie.

Je ne sais pas à vous, mais à moi, ça me fait froid dans le dos.

Je me suis converti

Fievres en bleu sur bleuPas au bouddhisme, ni au catholicisme, encore moins à l’islam ou au judaïsme, ni même, encore que la notion d’être un aimable zozo taré de soucoupes volantes puisse être séduisante, au raélisme. Nan, je me suis converti au pass Navigo.

Bon pas n’importe lequel, l’anonyme, le dit «Découverte », celui qu’on peut payer en liquide, sans laisser son nom ni la taille de sa bite (ou celle de ses bonnets pour les dames). Celui qui fait que mes déplacements, mêmes s’ils sont tracés (du moins ceux de la puce RDIF) ne sont pas nominativement reliés à mon identité. Celui qui n’est pas remplacé en cas de perte (super avantage, depuis que j’habite Paris, s’il y a UN truc que je n’ai pas paumé c’est ma carte orange…).

Pour les néophytes, les béotiens et les habitants de Brives-La-Gaillarde, la chose se présente comme une carte orange, tu colles ta photo, t’inscris ton nom (au stylo-bille hein surtout des fois qu’un indélicat te la pique, pas de bol je n’ai que des crayons), et tu n’oublie pas de recharger au mois (comme la carte orange en somme), en payant en liquide au guichet (parce que si tu paies en carte, évidemment tu perds l’avantage de l’anonymat) et t’as même une petite case pour mettre ton adresse en cas de perte.

Mauvais esprit, comme d’habitude, dans la case nom prénom j’ai inscrit « Pourquoi faire » et dans celle de l’adresse en cas de perte « T’as gagné jusqu’à la fin du mois en transports gratos ». Parce que je n’imagine pas que si un clampin trouvait aujourd’hui ma carte orange il me la ramène, pourquoi en irait-il autrement avec le Navigo. Et pour la photo, comme je suis en rade d’encre noire sur mon imprimante, je l’ai imprimée dans les ton bleutés (cf l’illustration).

L’anonymat coute quand même 5 euros (mais une seule fois, les rechargements, eux, sont au prix normal), la paix de l’âme est à ce prix. Au moins ai-je l’assurance que mes déplacements ne seront pas tracés (pour les rafles éventuelles, malheureusement je suppose que je suis prioritaire, un anonyme, ça se contrôle forcément).

Allez hop, tous avec moi : « j’emmerde les gendarmes, et la maréchaussée »

Une paire de Googleries

Dans la série, « Mais qu’est-ce qu’ils cherchent à la fin ? » nous avons aujourd’hui

 

DESSINS DROGUE ET TABAC

en majuscules s’il vous plait. Et quoique je me soit répandu a l’envi sur le prix des cigarettes, et ait une fois commenté un petit mickey d’une blogueuse réputée, je m’interroge toutefois sur la pertinence de la réponse du moteur de recherche à la question de cet internaute. (Sans compter évidemment que je m’interroge aussi sur l’objet de sa recherche. Espérait-il trouver une illustration de poumon de fumeur dans l’espoir de décourager un proche de persister dans son addiction ? Nous ne le saurons jamais…).

Toujours en majuscules cet autre internaute à demandé à Google de lui trouver des pages relatives à :

 

INSULTE AGENT RATP

Là aussi je me demande ce que cherchait l’internaute… Un thésaurus d’insultes à resservir à son prochain contrôle sans billet peut être ? Comme je suis gentil, en voici en vrac quelques unes comme elles me viennent : « pignouf, gredin, sac à puce, abruti, valetaille, parasite, larbin (du capital, si on est communiste), communiste (si on est de droite), corniaud, faux-jeton, canaille, sacripant, forban, vaurien ». Pour une liste plus extensive, prière de se reporter aux albums de Tintin ou à votre dictionnaire favori…

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