Gueulantes dans le vide

Les anachorètes commencent à me les brouter menu

Photo by Alejandro (creative commons)

On va encore dire, à raison du reste, que je m’énerve pour rien, mais je commence sérieusement à me fatiguer d’être assailli à tous les coins de rue par des pub jouant sur le malaise et la culpabilité sous-jacente de celui à qui on les inflige. La dernière en date pour du jambon moins salé c’est moins salé, donc « plus de plaisir ».

Je voudrais bien tenir le petit con de créatif qui a pondu ce concept. D’abord qu’est-ce qu’il en sait si mon plaisir à moi, c’est pas de faire disparaitre mon jambon ou mes frites sous une couche de sel épaisse comme celle du lac salé, justement ?

Mais plus insidieusement on m’indique quelque part que le sel c’est mauvais pour ma santé, qu’il faut que je bouffe 5 fruits et légumes par jour (eh pomme t’as de la chance si j’en bouffe 5 par an…), que je mange équilibré et nanana et nananère.

Puritain de la santé, t’as déjà réussi à me faire cesser de cloper au troquet, tu voudrais maintenant que j’y mange du céleri branche. Sache le bien mon coco, t’es pas au bout de tes peines. Pas que je fasse de la résistance, mais juste que je n’en ai rien à battre. Le bio j’ignore (jvois pas pourquoi je vais payer 20% plus cher une salade bio qui a pour moi le même gout qu’une salade transgénique standardisée), les incitations à ménager mon corps, avec ce que je m’enfile dans les poumons à longueur de journée tu t’imagines que je vais faire gaffe à ce que je me fourre dans le gosier ?

Mais la répétition et l’omniprésence du message commencent sérieusement à me faire chier. Et encore, j’ai du bol, je regarde pas la TV, je suis au moins épargné de ce côté là.

Pour ma part, je n’ai rien contre les gens qui veulent prendre soin d’eux, au travers de leur bouffe, du sport, de l’absence de tabac et autres pratiques destinées à leur conserver la jeunesse et la santé. Ils peuvent bien se torturer tant qu’ils veulent des toutes les façons qui leur plaisent dans l’espoir de parvenir à l’age de la retraite (bonne chance, à l’allure ou c’est repoussé tous les ans, le temps qu’ils y arrivent faudra être bicentenairre) en pétant la forme, je m’en tamponne royalement le coquillard.  Mais là où ça me gonfle c’est quand on essaie de me fourguer le lot en prétendant que c’est la seule « bonne » manière.

Je suis désolé mais non. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de vivre, il n’y a que les choix qu’on opère, et j’ai fait les miens merci. Aussi j’aimerai que ces témoins de Jéhovah au petit pied cessent d’essayer de me refourguer leurs bibles sanitaires ou de prétendre que j’irais dans l’enfer métaphorique des petits vieux obèses et cancéreux parce que je ne respecte pas le dogme.

Non mais c’est vrai quoi, à ce rythme on va bientôt se refiler le cassoulet en contrebande à Barbès.