Le sénat n’est pas qu’un ramassis de vieux croutons

Les tribulations de la nouvelle loi sur l’immigration (j’ai perdu le compte c’est la 3e en 5 ans la 5e en trois ans, je ne sais plus) n’ont pas pu vous échapper.

Annoncés à grand renforts de média barouf, les test ADN obligatoires pour établir la filiation en cas de « doute ».

Manque de bol pour notre odieux ministre de l’immigration et de l’identité nationale, j’ai nommé le honnissable Brice Hortefeux (déjà rien que le nom du poste j’aurais honte de l’occuper, autant être ministre des Juifs sous dans l’Allemagne de 1934, y’a des politicards qui ne reculent devant rien), partisan acharné de la chose, l’article a été purement et simplement refusé par les sénateurs (pour lesquels pour le coup mon estime remonte), au passage ceux-ci ont sérieusement écorné le projet de loi, refusant de même l’instauration d’un test obligatoire de français pour les conjoints étrangers (arguant du fait qu’épouser un français suppose une certaine connaissance préalable de la langue, ce qui n’est pas complètement idiot, encore que je me sois marié en Russie sans comprendre un traître mot de ce que racontait l’officier d’état civil, comme quoi, mais on ne va pas cracher dans la soupe), et rabaissant au passage le niveau de revenu exigible pour le regroupement familial à une somme plus raisonnable.

Merci Messieurs les sénateurs de prouver au reste du monde que les français qui vivent en Sarkoland ne sont pas tous xénophobes et racistes.

Je me suis converti

Fievres en bleu sur bleuPas au bouddhisme, ni au catholicisme, encore moins à l’islam ou au judaïsme, ni même, encore que la notion d’être un aimable zozo taré de soucoupes volantes puisse être séduisante, au raélisme. Nan, je me suis converti au pass Navigo.

Bon pas n’importe lequel, l’anonyme, le dit «Découverte », celui qu’on peut payer en liquide, sans laisser son nom ni la taille de sa bite (ou celle de ses bonnets pour les dames). Celui qui fait que mes déplacements, mêmes s’ils sont tracés (du moins ceux de la puce RDIF) ne sont pas nominativement reliés à mon identité. Celui qui n’est pas remplacé en cas de perte (super avantage, depuis que j’habite Paris, s’il y a UN truc que je n’ai pas paumé c’est ma carte orange…).

Pour les néophytes, les béotiens et les habitants de Brives-La-Gaillarde, la chose se présente comme une carte orange, tu colles ta photo, t’inscris ton nom (au stylo-bille hein surtout des fois qu’un indélicat te la pique, pas de bol je n’ai que des crayons), et tu n’oublie pas de recharger au mois (comme la carte orange en somme), en payant en liquide au guichet (parce que si tu paies en carte, évidemment tu perds l’avantage de l’anonymat) et t’as même une petite case pour mettre ton adresse en cas de perte.

Mauvais esprit, comme d’habitude, dans la case nom prénom j’ai inscrit « Pourquoi faire » et dans celle de l’adresse en cas de perte « T’as gagné jusqu’à la fin du mois en transports gratos ». Parce que je n’imagine pas que si un clampin trouvait aujourd’hui ma carte orange il me la ramène, pourquoi en irait-il autrement avec le Navigo. Et pour la photo, comme je suis en rade d’encre noire sur mon imprimante, je l’ai imprimée dans les ton bleutés (cf l’illustration).

L’anonymat coute quand même 5 euros (mais une seule fois, les rechargements, eux, sont au prix normal), la paix de l’âme est à ce prix. Au moins ai-je l’assurance que mes déplacements ne seront pas tracés (pour les rafles éventuelles, malheureusement je suppose que je suis prioritaire, un anonyme, ça se contrôle forcément).

Allez hop, tous avec moi : « j’emmerde les gendarmes, et la maréchaussée »

Une paire de Googleries

Dans la série, « Mais qu’est-ce qu’ils cherchent à la fin ? » nous avons aujourd’hui

 

DESSINS DROGUE ET TABAC

en majuscules s’il vous plait. Et quoique je me soit répandu a l’envi sur le prix des cigarettes, et ait une fois commenté un petit mickey d’une blogueuse réputée, je m’interroge toutefois sur la pertinence de la réponse du moteur de recherche à la question de cet internaute. (Sans compter évidemment que je m’interroge aussi sur l’objet de sa recherche. Espérait-il trouver une illustration de poumon de fumeur dans l’espoir de décourager un proche de persister dans son addiction ? Nous ne le saurons jamais…).

Toujours en majuscules cet autre internaute à demandé à Google de lui trouver des pages relatives à :

 

INSULTE AGENT RATP

Là aussi je me demande ce que cherchait l’internaute… Un thésaurus d’insultes à resservir à son prochain contrôle sans billet peut être ? Comme je suis gentil, en voici en vrac quelques unes comme elles me viennent : « pignouf, gredin, sac à puce, abruti, valetaille, parasite, larbin (du capital, si on est communiste), communiste (si on est de droite), corniaud, faux-jeton, canaille, sacripant, forban, vaurien ». Pour une liste plus extensive, prière de se reporter aux albums de Tintin ou à votre dictionnaire favori…

La température de la patate

blogueur.jpgJ’avais jusque là réussi à échapper à cet exercice commun à la blogosphère, « rédige un billet selon tel et tel termes », manque de bol, à force de ratiociner de-ci, de-là, de commenter à tort et à travers en laissant mon adresse, de bavasser dans des chats peu avouables (du moins à certains de mes lecteurs, y’a des petits là bas qui lisent), j’ai fini par me faire rattraper par le jeu, et ce matin, en lisant un billet chez bàb, je me vois en toute lettre cité comme l’un des destinataires de la chaîne blogosphérique suivante :

 

Pourquoi je blogue, en cinq réponses.

Tu parles d’un cadeau. Nous voici revenu sur les bancs de la primaire, « raconte tes vacances en deux pages ». Déjà à l’époque je débordais. Je n’ai jamais su faire court. Je suis capable de partir sur le sujet grave du pourquoi je blogue en 5 réponses, et avant d’y arriver de faire un détour par Kodjoviakopé (un bien agréable quartier de Lomé pour ceux qui connaissent, et pour ceux qui connaissent pas tant pis pour vous, sortez vos googles maps (on voit pas grand chose sur la photo satellite, c’est comme ça, zavez qu’à y aller), ça vous permettra de situer). En tous cas, ça nous fournit déjà un élément de réponse : lorsque je me colle au clavier dans l’intention d’écrire, je suis rapidement atteint de logorrhée m’en veuillez pas, c’est intentionnel, et ça m’amuse.

Ah oui, la réponse numéro deux alors : ça m’amuse. Que je peste contre un politicard foireux (là vous faites votre choix, y’en a pas des masses à trouver grâce à mes yeux, prenez en un que vous détestez, y’a des chances que moi aussi, comme ça nous sommes d’accord et vous pouvez poursuivre votre lecture en toute quiétude avec le réconfortant sentiment que vous partagez mes opinions, ce qui vous met dans de bonnes dispositions à mon égard, et c’est bien normal, c’est le but recherché, jveux qu’on m’aime) , ou que je commente un film (que j’ai aimé ou pas, c’est pas le problème, encore qu’il soit souvent plus drôle de dire du mal que de dire du bien, c’est bien connu), me coller devant mon clavier à déblatérer ou à ciseler (si, si ça m’arrive de ciseler, même si on ne le dirait pas à lire ce billet) , me rempli d’aise. Je vais souvent me prendre un fou-rire tout seul en écrivant quelque chose. Et le rire, c’est une évidence, c’est bon pour l’âme.

Nos lecteurs attentifs (enfin ceux qui sont encore là, que le cheminement tortueux de ma pensée, les 36 parenthèses imbriquées (technique que je revendique avoir piqué à Jaenada, sans aucun remords, lui il les a piquée au langage LISP (là j’en vois déjà qui googlent pour savoir ce que c’est) et donc je vois pas pourquoi je me gênerait) n’ont pas encore découragés) auront remarqué que j’ai lâchement glissé la troisième raison en plein milieu du paragraphe précédent. Ai-je vraiment besoin de développer ? Si ? Vous êtes impitoyables. Ben oui, c’est tout simple : je m’amuse, et ce faisant j’espère en amuser d’autres, qui me le rendront alors sinon par un amour débordant du moins par une marque de sympathie de temps à autre (comme la patate ici présente, merci bàb, jeme demande si finalement c’est une aussi bonne raison que ça).

Bien entendu il y a aussi là-dessous un certain narcissime. D’aucun vont me trouver fat, mais j’aime bien me relire, de préférence quelques mois (voire années) après. Je suis encore mon lecteur le plus fidèle, et mon seuil critique à mon égard est particulièrement bas. L’autre jour je suis retombé sur un billet, publié sur un forum il y a deux ou trois ans, et je me suis moi même pété de rire, en m’envoyant au passage des fleurs. (Ça vaut toujours mieux que d’en espérer de la part d’autres sans les recevoir…).

Et finalement (parce que là on arrive à cinq), parce que j’aime bien râler, gueuler, protester, vilipender, encenser (plus rarement vous l’aurez compris), partager mes émois (légitimes colères et coups de coeur), à la face d’un monde qui n’en a cure mais ça me soulage.

Voilà nous avons nos cinq raisons, et la patate, je la refile à H.A , Jesrad, Pauline et s-entielle, parce qu’il n’y a pas de raison que ce soit que moi qui m’y colle nan mé !

(ps : l’image qui illustre ce billet provient de Linux-france.org)

 

La politique de la réaction.

Je n’ai pas trop suivi l’actu ces temps derniers, mais le bruit de fond des médias n’est jamais bien loin, et je n’ai pu manquer d’entendre parler de cette affaire de kidnapping et de viol d’un enfant de cinq ans. Crime odieux, indignation et barouf médiatique habituel pour ce genre de fait divers, jusque là, rien que de très normal, surtout l’été, où les journaux n’ont pas grand chose à se mettre sous la dent et où il devient facile de monter en épingle la moindre histoire un tant soit peu vendeuse (qu’on vienne une seconde me dire que le crime pédophilique ne fait pas vendre du papier et de la pub à la TV….).

Rien qui vaille cependant la peine qu’on s’y arrête plus d’une minute, histoire de déplorer le sort du gamin, l’angoisse des parents et de cracher sur le criminel. Du moins jusqu’a cette manchette du Figaro d’hier, aperçue par hasard dans la rue sur les mesures gouvernementales adoptées pour lutter contre la pédophilie.

Et là, je me marre… Ou je pleure, c’est selon. Pas tant sur le fait qu’on veuille adopter des mesures pour circonvenir tel ou tel crime, mais sur le fait que leur annonce provient directement de la pression médiatique à la suite d’un fait divers.

Sommes nous tombés si bas que les édiles qui gèrent nos destinées ne soient plus capables que de nous pondre des lois en réaction à l’indignation populaire ? Ce genre de mesure, concoctée dans l’urgence, sans la moindre réflexion à long ou même à moyen terme sur leur efficacité, juste calculée pour leur effet d’annonce a-t-elle le moindre sens ? (sans compter les possibilités qu’elles interfèrent avec des mesures déjà en place, créant un foutoir judiciaire de plus).

De plus en plus, depuis quelques années (pour une fois je ne met pas que le gouvernement de Sarkozy en cause), c’est la façon dont le gouvernement se comporte pour légiférer. (Il y a quelques mois, un récidiviste récidive, mesure contre la récidive (tiens elles ont pas empêché le pédophile de récidiver), et d’autres à l’avenant).

Pour ma part, ça m’inquiète. Un gouvernement responsable devrait pouvoir se détacher de ce genre de pression, et prendre le temps de la réflexion avant de se lancer dans une législation dont ils ne mesurent ni les effets, ni le coût, ni l’efficacité, juste pour donner l’impression qu’« ils font quelque chose »

Paranoiak (Disturbia)

Poster Paranoiak (Disturbia) - 1013x1500Sortie ce 22 août de Paranoiak (Disturbia).

Contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, tout n’est pas mauvais dans ce film, qui réussit, à entretenir un certain suspense, même si, comme quasiment toutes les productions hollywoodienne, il ne fait aucun doute, que les bons vont gagner à la fin. (Bon sang, comme j’aimerais de temps en temps que les méchants s’en sortent, mais il semble qu’Hollywood n’aie pas appris la leçon d’Usual Suspects et continue inlassablement à nous resservir la même soupe, les bons sont récompensés de leurs efforts et les méchants toujours punis (de préférence de façon violente)).

De ce point de vue, Disturbia ne fait pas exception à la règle, mais a au moins le mérite de nous offrir un arrière-plan et des motivations au héros.

Le film s’ouvre sur une scène paisible de partie de pêche entre un père et son fils, qui s’achève par la mort du père dans un accident de voiture lors de leur retour. Perturbé par cet accident, Kale (Shia LaBeouf) sombre dans une dépression adolescente qui culmine un an plus tard lorsqu’il se jette sur son professeur d’espagnol. Le professeur porte plainte, et notre héros se retrouve confiné chez lui, porteur d’un bracelet électronique qui l’empêche de s’éloigner de plus plus de 30 mètres des limites de sa maison.

Rapidement mort d’ennui, Kale, après avoir exploité toutes les possibilités qui s’offrent à un teenager coincé chez lui (pizza, internet, jeux vidéo, TV…) commence à se lancer dans le voyeurisme domestique, et muni de paires de jumelles entreprend d’observer son voisinage, surtout motivé par l’apparence de sa nouvelle voisine Ashley (Sarah Roemer) dont il finit par faire la connaissance et qui se prend à son tour au jeu. C’est alors qu’ils s’aperçoivent que le comportement de leur voisin, Mr. Turner (David Morse), est quelque peu étranges, et qu’il pourrait bien être un tueur en série…

Basé grosso-modo sur le même argument que Fenêtre sur Cour le film souffre, à mon sens de l’orientation teenager que lui ont donné les scénaristes, et la romance naissante entre Kale et Ashley n’est pas des plus convaincantes. En revanche, la montée du suspense est efficace, et les apparitions de l’élégant Mr Turner au sein même de la maison de Kale, en compagnie de sa mère (Carrie-anne Moss, cantonnée ici à un rôletrès secondaire), sans qu’on sache s’il soupçonne déjà le jeune homme de l’espionner sont des plus inquiétantes.

D.J. Caruso dont le nom vous dira surement quelque chose si vous avez suivi « The Shield » à la TV dans la mesure où il en est un des réalisateurs principaux, filme l’histoire sinon avec inspiration, du moins avec compétence.

L’un dans l’autre, dans la misère estivale qui sévit, Paranoiak est un bon petit polar sans prétention qui vous tiendra (un peu) en haleine, sans trop vous surprendre. Si vous avez deux heures à perdre, vous pourriez faire pire que d’aller le voir.

(Mais sinon aujourd’hui il y a Boarding Gate, d’Olivier Assayas qui sort aussi. Je ne l’ai pas vu, donc pas d’avis pour le moment, et malgré qu’on m’en ait dit un peu de mal, je suis toujours tenté, j’ai un faible pour les films d’Assayas)

Vos Papiers !

Passe NavigoL’info avait transpiré depuis décembre dernier. Mais c’est rue89 qui la remet sur le devant de la scène : Le passe Navigo «anonyme» sera vendu 5€ de plus à partir du 1er septembre.

Jusque-là, néanmoins c’était le silence radio à la RATP (j’avais tenté de me renseigner en février, chez eux, les agents n’étaient pas au courant).

Quoiqu’il en soit, dans la mesure où la carte orange (anonyme, ben voui, vous avez déjà vu un agent RATP vous demander vos papiers pour l’établir vous ? Pour peu qu’on paie en liquide…) va disparaître, les 5€ de plus, je vais finir par les les payer.

Ça me gonfle gravement que, afin qu’on ne trace pas individuellement mes déplacements (ils sont vachement intéressants mes déplacements, maison, boulot… mais c’est le principe) on décide de me faire casquer. Mais je préfère encore me délester des 5€ que de me trimballer un marqueur à rafles policières.

Remarque si on va par là, en cas d’utilisation des passes Navigo pour des rafles (c’est un super outil pour ça, tu colle une compagnie de CRS dans le métro, et tous les suspects habituels (BenMachin, Cohen…) tu les embarque, t’as déjà leur nom.

D’un autre côté si j’étais flicard de base chargé d’une rafle, je raflerais bien évidemment tous les porteurs de Navigo anonyme, vu que ces dangereux individualistes sont probablement des terroristes en puissance et qu’il va falloir contrôler un peu de près tout ça.

Cela dit, l’anonymat du nouveau passe « Navigo découverte» est tout relatif, puisqu’il est probable que le rechargement du dit passe s’effectue par CB, qui est tout ce qu’on veut sauf anonyme. (Si le passe a un identifiant unique, et que cet identifiant unique du passe peut être corrélé à l’auteur du paiement par CB, ton anonymat, tu te le remet sous le bras, ou alors tu paies en liquide, mais les guichets sont en voie de disparition, et les automates de paiement n’acceptent les paiements en billet/pièces qu’en dessous d’une certaine somme.)

Notons d’autre part que l’argument du STIF concernant la nécessité de responsabiliser les usagers en cas de perte/vol pour justifier du coût supplémentaire de 5€ en cas de remplacement du passe ne tient pas : le remplacement en cas de perte du passe Navigo « normal » est déjà facturé 8€ à l’usager ( en fait on ne facture QUE 5 euros à l’anonyme, mais d’avance ! L’anonyme est étourdi, il arrête pas de perdre sa carte orange, c’est connu :))

Mais ne nous plaignons pas, les Malais par exemple sont bien en avance sur nous : leur carte d’identité nationale « MyKad » incorpore depuis 2005 une puce RFID dont les données sont accessibles non seulement au gouvernement mais aussi au secteur privé, et est obligatoire à partir de 12 ans.

Evan tout puissant

Affiche Evan Tout-Puissant (Evan almighty)Sortie aujourd’hui d’un énième nanar à la sauce Bible Belt, « Evan Tout Puissant » (Evan Almighty). Autant le premier de la série avec un Jim Carrey toujours aussi déjanté pouvait s’apprécier, autant celui-ci déçoit, tant par la minceur de son scénario, que par la performance inexistante de Steve Carell qui tient le rôle d’Evan.

L’intrigue (on devrait plus parler d’argument) tient en peu de choses : Dieu (toujours interprété, sans conviction excessive, par Morgan Freeman), ordonne à Evan, un congressiste nouvellement élu, de construire une arche. D’abord réticent, Evan se met au boulot, sous l’oeil goguenard et incrédule des caméras, et malgré les injonctions contraires de son parrain au congrès, Long, (John Goodman, qui dans ses quelques scènes relève un tant soit peu le niveau).

Le ressort comique est donné par la transformation progressive d’Evan en Noé de pacotille et par le fait qu’il est suivi partout (jusque dans les chambres du congrès), par toutes les bestioles censées prendre place à bord de l’arche.

Dégoulinant de bien-pensance, baveux de politiquement correct, sirupeux au possible, Evan Tout-Puissant nous conseille de ne jamais douter de Dieu (qui a toujours raison hein, faut pas déconner c’est Dieu tout de même) et de nous abandonner sans restriction à Sa Sagesse Infinie pour nous voir au final gratifié d’un bon point en attendant de le rejoindre à Sa Droite (on se demande ce qu’il y a à gauche de Dieu pour que personne ne veuille y aller… (« – Et alors toi ? – Oh ben schuis à gauche de Dieu.. – Taiiiiin la zoooooone »).

Bien sur tout est bien qui finit bien, la famille unie, les méchants (Goodman) punis, la catastrophe évitée, le spectateur délesté d’une dizaine d’euros qu’il aurait pu investir dans un bon bouquin à la place.

Enfin vous faites comme vous voulez mais à votre place, j’attendrais la semaine prochaine et j’irais plutôt voir Boarding Gate. D’accord c’est pas une comédie, mais quand est-ce que vous avez été déçus par un film d’Assayas vous ?

Ceux qui viennent ici chercher la réponse à la question « en combien de temps Evan construit l’Arche » peuvent encore chercher… ailleurs, je n’en ai foutrement aucune idée (il devait finir le 22 septembre à midi si ça peut vous aider)

Un dessin de Pénélope Jolicoeur

le dessin est là:

Moui, ça pue…

M’enfin en janvier 2008, faudra remplacer PMU par « la rue », vu que ce sera le dernier endroit où nous autres drogués auront encore le droit d’en griller une. Enfin… jusqu’à la prochaine loi.

Je pense que ça commencera par l’interdiction dans les jardins publics et dans un périmètre d’un kilomètre autour des lieux d’enseignement (pour pas enfumer les têtes blondes, enfin voyons, soyez raisonnable vous voudriez pas faire du mal au enfants), avant l’interdiction pure et simple dans tout lieu autre que son domicile.

Et puis la loi se durcira, et il faudra bientôt disposer d’un appareil spécial chez soi, pour être autorisé à fumer sans risquer d’enfumer ses voisins. Les cigarettes ne seront alors plus vendues que sur la production d’un certificat délivré par la préfecture de police, après vérification que l’appareillage adéquat a bien été installé.

Le permis de fumer sera alors soumis à une visite médicale (non remboursée par la SS) périodique de vous et de tous vos proches et pourra vous êtes retiré sans autre forme.

Bientôt, on établira des ZDF (Zones Domiciliaires Fumeur) loin de la périphérie des grandes villes, seuls endroit où les drogués du tabac seront autorisés à habiter (entre eux). Des contrôles seront effectués aux sorties de ces zones par des milices d’Etat chargées de s’assurer que les fumeurs n’essaient pas de faire sortir en douce le produit interdit de la zone pour en fumer une ailleurs qu’a un endroit autorisé.

Une fois ces restrictions bien entrées dans les moeurs, il deviendra simple de procéder à l’interdiction totale, et d’appliquer de lourdes peines de prison aux contrevenants, puis de rétablir la peine de mort pour les trafiquants de tabac.

Moi je m’en fous, je serais mort avant d’une des multiples affections provoquées par la consommation effrénée de l’herbe à Nicot, ayant joyeusement empuanti l’atmosphère autour de moi tout au long de mon existence, sans aucun remords ni aucun égard pour les nombreuses victime de cancer du poumon que j’aurais infectées à cause de ma répugnante habitude.

Fidèle à moi-même, je refuserais de me faire enterrer, préférant de loin la crémation, en compagnie d’un dernier paquet de cigarette qu’on aura placé sur ma requête dans mon cercueil. Je partirais alors en fumée et en cendres et mon seul regret sera alors de ne pouvoir empuantir une dernière fois ces putains de non-fumeurs qui m’auront fait chier toute ma vie.

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