Récréation

Après tout pour nombre d’entre vous, c’est les vacances, on va donc se faire quelques scènes mythiques, juste pour le plaisir (du moins celles que je peux trouver sur Youtube). Et aujourd’hui un extrait de Bande à Part, ou Claude Brasseur, Anna Karina, et Samy Frey, nous font une très belle démonstration chorégraphique.

Regardage de nombril

J’ai récemment refait ma liste de liens, le truc communément appelé blogroll, pour y inclure les blogs que je lis (et où je vais même parfois jusqu’à laisser un commentaire). Et à cette occasion, en (re)visitant les blogs que je voulais y mettre, je me faisais la réflexion que y’a quand même des plate-formes de blogs qui en prennent à leur aise avec les contenus qu’elles permettent de publier.

Je comprends les bloggeurs qui vendent leur cul prose pour trois centimes d’euros en écrivant des billets sponsorisés par Fleury-Michon ou la dernière marque de tampons à la mode, ce que je comprends moins c’est que nombre de gens dont l’écriture est talentueuse (non pas que les vendus sus-nommés soient dénués de talent), se galvaudent chez des hébergeurs de blogs qui truffent leurs pages de publicités qu’il n’ont pas souhaitées, rendant pour leurs afficionados la lecture parfois désagréable, voire carrément agaçante.

Une de mes amies par exemple, qui publie un blog fétichiste (nan cherchez pas il est pas dans ma liste de liens), se retrouve régulièrement afflublée de pub proposant des webcam voyeuses sur des articles qui traitent d’Aragon (c’est chez Canablog). Une bloggeuse qui commente chez Epidemik, est hébergée sur une plate forme qui ouvre carrément 4 popup (sans compter ceux que le bloqueur parvient à empêcher) à chaque clic sur un billet, voire à chaque clic accidentel en dehors d’une zone cliquable (ça c’est vraiment énervant, tu cliques sur une zone vide dans la fenêtre pour la refaire passer au premier plan et tu te chopes le site de la Redoute ou un Kelkoo quelconque en popup, et quand tu veux fermer le popup il en ouvre un autre) (C’est chez BlogSpot).

Sans compter les clauses abusives sur la propriété intellectuelle des contenus que les mêmes bloggeurs acceptent sans réfléchir (les plate-formes de TF1, de M6…).

Je comprends certes que tout le monde n’aie pas les compétences techniques pour se monter dans son coin son WordPress ou son Dotclear perso, mais je m’interroge sur la capacité des mêmes à accepter l’exploitation que font quelques requins de leur prose, au prétexte de leur fournir un environnement de publication facile d’utilisation.

Personnellement, j’ai choisi de me faire héberger chez wordrpress.com non pas parce que je n’ai pas la capacité à en monter un dans mon coin, (ça va merci, j’en ai fabriqué trois en deux mois, avec des thèmes maison), mais parce que j’avais la flemme d’en customiser un à mon goût, et que wordpress.com m’offrait un environnement simple d’utilisation et garanti sans pub malvenue.

Un blog, c’est avant tout un site web, où compte énormément le côté visuel. Je soigne toujours la présentation de mes articles, (texte justifié, taille des images unifiés, marges systématiquement identiques) et je considère que la publicité sur les blogs, si on ne l’a pas choisie c’est de la pollution visuelle (et parfois sonore) pure et simple. Ça me gâche le plaisir de la lecture, et je ne voudrais pas que mes 15 lecteurs (ouais j’en ai gagné un l’autre jour) se fassent la malle parce qu’on les agresse à coup de messages cherchant à vendre du Chanel ou du saucisson. En outre, le gus moyen chez canalblog, forcé d’accepter la pub sur sa prose, il ne voit pas la couleur d’un centime généré par les clic éventuels à partir de chez lui (bon d’accord, chez certains le taux de clic permettrait de se payer une bière tous les trois ans, mais tout de même) , ce qui est tout de même scandaleux.

Bref, je radote… mais c’est juste un truc qui m’agaçe.

La roue du temps s’est arrêtée.

On ne peut pas dire que ce soit une nouvelle fraîche, mais je ne l’ai apprise qu’hier en surfant à la recherche de tout autre chose (des informations sur TOR, the onion router, recherche qui m’a sorti le site de TOR books au passage), Mais voilà, Robert Jordan est mort.

Pour pas mal d’entre vous, je suppose que ça ne signifie pas grand chose, mais chez les lecteurs de fantasy, et particulièrement ceux qui suivaient la série « The Wheel of Time », c’est une nouvelle dévastatrice.

The Wheel of Time, c’est 11 tomes (en anglais, la traduction chez Rivages est découpée en deux tomes par tome d’origine) à ce jour d’environ 1200 pages chacun, d’une histoire aux ramifications particulièrement complexes, avec des douzaines de personnages, des intrigues secondaires, des convergences, parfois sur plusieurs tomes, et un rythme de publication suffisamment espacé pour qu’il soit nécessaire de tout reprendre du début lors de la parution d’un nouvel opus.

Pour un lecteur, même boulimique, The Wheel of time, ce sont des dizaines d’heures émerveillées, à tourner les pages en se demandant ce qui pourrait bien encore se passer. Je sais que la comparaison est galvaudée, mais sérieusement, je n’ai rien lu d’aussi riche dans le domaine de la fantasy depuis Tolkien (et de la fantasy, j’en ai lu pas mal, merci :)).

Et donc, j’y ai passé des heures, guettant la parution du prochain, du moins jusqu’au dixième tome, un peu lassé de reprendre l’histoire en son entier à chaque fois, et songeant que j’allais attendre la parution du dernier épisode pour enfin tout relire de bout en bout.

Seulement maintenant, on ne connaîtra jamais le fin mot de l’histoire, à moins que TOR, l’éditeur de Jordan, ne cède à la pression des fans et ne fasse rédiger par un quelconque tâcheron un dernier roman à partir des notes que celui-ci pourrait avoir laissées.

Ça pourrait apporter un sentiment de conclusion, mais c’est un peu comme le dernier film de Kubrick, monté par un autre, on veut le voir, mais ça laisse tout de même un sentiment d’inachevé, voire de trahison de l’oeuvre.

Quoi qu’il en soit, Robert Jordan a tenu au moins une promesse, celle d’écrire jusqu’à ce qu’on cloue son cercueil.

Mieux vaut entendre ça qu’être sourd, mais tout juste…

J’ai relevé dans un gratuit ce matin un extrait du discours de Nicolas Sarkozy évoquant l’attitude du président polonais à propos de la ratification du traité de Lisbonne :

« …Il a donné sa parole, une parole, ça doit s’honorer, c’est une question de morale ».

On appréciera l’ironie de la déclaration deux jours après que le même Nicolas ait, sans état d’âme particulier, renié la parole donnée par la France aux anciens activistes des Brigades Rouges réfugiés en France et confirmé (à grand renfort médiatique) l’extradition de Marina Petrella.

Le respect de la parole donnée est de toute évidence une notion sujette à de multiples interprétations dans l’esprit de monsieur Sarkozy.

Internet torpillé par l’Europe

Tout entiers le nez tourné vers le nombril national, et la politique catastrophique voulue par le chef de l’état et implémentée jour après jours à coup de rafles, de déclarations méprisantes, de déni de la parole donnée, et autres joyeusetés qui nous ramènent au plus belles heures des dictatures allemandes ou russes du siècle dernier, on oublie quelquefois de jeter un oeil à ce qui se fait au niveau européen. Et on a tort.

En ce moment, au parlement européen, se joue rien moins que l’avenir de l’internet tel que nous le connaissons, et, si rien n’est fait, d’ici la fin de l’année nous pourrions voir le paysage changer radicalement.

Lundi dernier, le 7 juillet, les commissions IMCO et ITRE du Parlement européen ont voté sur le projet de réforme du droit européen des communications électroniques, dit Paquet Télécom, et ont adopté une série d’amendements, qui pris individuellement n’ont l’air de rien, mais qui quand on les rapproche ont plusieurs effets pervers.

Concrètement l’adoption de ces amendements, glissés sournoisement dans ce vote où ils n’avaient pas grand chose à faire, permettraient à des autorités administratives de chacun des état membres de décider quels logiciels seraient autorisés pour accéder à ‘internet, en imposant en outre de la part des développeurs que ces logiciels comportent ‘certaines fonctionnalités’.

Si ces directives sont adoptées le 2 septembre en séance plénière, elle entreraient en application d’ici la fin 2008, et alors là, nous pouvons commencer à numéroter nos abattis.

Sous couvert de sécurité, de lutte contre le terrorisme, de lutte contre le piratage, je vous passe la liste des motifs habituels invoqués par nos édiles, c’est tout l’édifice du logiciel libre qui se trouve ainsi mis en péril.

Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas informaticiens, le logiciel libre, est un logiciel dont le code source est mis à disposition de tout un chacun, libre à chacun de l’éditer, triturer, recompiler, pour l’adapter à ses propres besoins. Firefox par exemple, est un logiciel libre typique, dont le succès n’est pas a démontrer.

Mais comment imposer ‘certaines fonctionnalités’ (soyons clairs, on parle ici de mouchards intégrés au programme, destinés à tracer l’activité de l’utilisateur, voire à l’empêcher) à un logiciel dont par essence tout le monde peut modifier la source ? On ne peut pas, et donc, la solution simple est de l’interdire, ou plus exactement d’imposer aux FAI d’empêcher que le trafic généré par ces logiciels puisse aboutir.

Ça vous ne vous effraie pas encore ? Parce que moi ça me fout les chocottes. L’Europe est en train de dessiner au travers de ces amendements un Internet à côté duquel le cyber-espace chinois commence à ressembler au Club Med. Si ces directives sont adoptées, on va vers l’extinction du libre en Europe, vers le fliquage généralisé, le contrôle absolu des contenus de vos ordis… Ça vous paraît une perspective engageante ? Non, à moi non plus.

Je n’ai pas tellement l’habitude de lancer des appels à mes 14 lecteurs recensés, mais ce serait bien que vous relayiez cette info, avec les liens dessous. Il ne reste pas beaucoup de temps pour essayer d’influer sur l’issue de ce vote, mais si demain, vous voulez pouvoir blogger avec un soft qui ne filtre pas le contenu de vos articles (ou ne va pas les signaler avec un petit drapeau rouge dans quelque bases de données recensant des gens susceptibles d’émettre des opinions contraires à la pensés unique), si vous ne désirez pas que chacune de vos activités sur Internet puisse à terme être tracée en temps réel, si vous ne désirez pas utiliser des logiciels « approuvés par le gouvernement », il faut faire quelque chose maintenant.

Et ce quelque chose ça consiste à écrire à vos euro-députés, en protestant, en expliquant… La quadrature du Net donne les listes de députés à contacter et leurs emails, des modèles de lettres et des conseils.

Voilà les liens utiles :

Repompez cet article autant que vous voulez, copiez, diffusez, n’hésitez pas 🙂

Pfff je me croyais malin…

J’ai attendu un certain temps après la fatale interdiction de fumer dans les lieux publics, pour voir publiée dans les stations de métro la nouvelle mouture de l’arrêté du 9 décembre 1968 concernant le réseau ferré métropolitain de la R.A.T.P.

Et c’est donc de façon tout à fait jubilatoire qu’en mai, j’ai enfin vu apparaître les nouvelles affiches, notées « avril 2008 », notant qu’au titre trois, article 15 alinéa 4, il était toujours interdit de fumer dans les rames et les stations « à l’exception des stations et gares situés en aérien« .

Tout content de moi, je décide de rechercher le texte de l’arrêté en question de l’imprimer et de le coller sous le nez du prochain contrôleur qui me prend le chou si l’envie me prend d’allumer une clope en sortant de la rame, ou en patientant sur un quai en plein air.

Déjà accroche toi pour trouver le texte intégral… Toutefois Google est votre ami… Et à force d’acharnement je trouve un lien qui m’y conduit.. Mais porte aussi la mention de l’arrêté n° 2007-20074 modifiant l’arrêté du 9 décembre 1968 un lien que je me dépêche de suivre. Et là, pan dans mes dents. Non seulement la PP de Paris y a pensé à ce foutu arrêté, mais la modification est applicable depuis janvier 2007.

Donc rien à dire, lorsque je grille une cigarette, même en plein air a la sortie d’une station du métro aérien, je suis en tort. Soit.

Cela dit, et vous pouvez vérifier la prochaine fois que vous prendrez le métro, ni la mise à jour de juillet 2007, ni celle d’avril 2008, sur les affiches du règlement apposées dans les stations ne font mention de la suppression des termes « à l’exception des stations et gares situés en aérien » à l’article 15 alinéa 4. Ils sont toujours imprimés en toutes lettres, bien visibles. Et donc, en deux éditions successives, aucun correcteur n’a décelé cet oubli… et ça m’agace parce que je me suis fait avoir.

Note de lecture : Jacques Généreux – La dissociété

Jacques Généreux - La dissociété

Mes familiers le savent, si je suis un lecteur boulimique, je m’aventure rarement dans les terres de l’essai, et encore moins souvent dans celles de l’essai politique. Toutefois, de temps à autre il m’arrive de lire autre chose qu’un bouquin de SF, un polar satirique ou quelque roman bien dcheu nous. En l’occurence, c’est sur les conseils d’un ami que je me suis plongé dans celui-là.

Bien m’en a pris, Je me suis embarqué pour quinze jours dans une visite passionnante des fondements de nos sociétés occidentales, des raisons qui ont conduit aux dérives néo-libérales que nous subissons aujourd’hui, et de ce qui fait que personne n’est dans la rue, les fusils à la main pour chasser les gouvernements qui nous oppressent. Loin d’être seulement un constat désespéré de l’état du monde, il ouvre à la fin de son ouvrage quelques pistes pour le moins intéressantes sur ce qu’il conviendrait de faire pour que l’offre politique se remette à refléter les aspirations des citoyens.

Originellement publié en 2006, l’auteur a cru bon ,et sans doute avec raison, de revoir sa copie et de la mettre à jour. C’est donc une édition augmentée qui a été publiée en janvier de cette année.

Pour vous donner une idée, voici ce qu’en dit lui-même Jacques Généreux sur la quatrième de couverture :

Ce livre est motivé par la conviction qu’à l’époque des risques globaux la plus imminente et la plus déterminante des catastrophes qui nous menacent est cette mutation anthropologique déjà bien avancée qui peut, en une ou deux générations à peine, transformer l’être humain en être dissocié, faire basculer les sociétés développées dans l’inhumanité de « dissociétés » peuplées d’individus dressés (dans tous les sens du terme) les uns contre les autres.


Éradiquer ce risque commande notre capacité à faire face à tous les autres…

C’est pourquoi, ici, j’entends moins faire œuvre de science politique que de conscience politique. Car la dissociété qui nous menace n’est pas un dysfonctionnement technique dont la correction appellerait l’invention de politiques inédites. Il s’agit d’une maladie sociale dégénérative qui altère les consciences en leur inculquant une culture fausse mais auto-réalisatrice.

Il faut noter que le livre, pour aride (et ambitieux) qu’en soit le sujet, reste très accessible, sans l’aide d’une encyclopédie à portée de main. (ce qui est heureux, parce que se trimballer l’encyclopédia Universalis dans le métro, ça reste assez compliqué)

Le livre lui même a généré de nombreux commentaires et critiques de-ci de là. Un bon point de départ pour aller voir : Jacques Généreux sur Wikipédia

RESF refuse de rencontrer Hortefeux

Ci-dessous un communiqué de RESF, reproduit dans son intégralité. Faire tourner, publiez chez vous, etc…

COMMUNIQUÉ

Le Réseau Éducation Sans Frontières a rejeté l’invitation du ministre qui souhaitait le rencontrer à la veille de la présidence française de l’Union Européenne. Le RESF s’en justifie dans une lettre.

Voir http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article14174 ou ci dessous.

Monsieur le ministre,

Vous avez souhaité rencontrer des représentants du Réseau Éducation Sans Frontières avant la présidence française de l’Union européenne. Dans le contexte actuel, une telle entrevue nous semble inutile. Nous ne répondrons pas à votre invitation.

Malgré les fortes réticences de certains d’entre nous, dues entre autres à l ‘intitulé de votre ministère, nous avions accepté d’être reçus l’an dernier pour ne pas condamner votre politique avant que vous l’ayez officiellement énoncée.

Depuis lors vous avez fait vos preuves, au-delà de tout ce qu’on pouvait redouter.

Vous avez fait voter une loi destinée à empêcher les parents et les enfants de vivre ensemble et jetant l’opprobre sur une immigration dont votre texte insinue, par son existence même, qu’elle serait trop prolifique et aux filiations si douteuses qu’il faudrait recourir aux tests ADN pour les établir –pratique jusqu’alors réservée aux affaires criminelles.

Vous avez assigné à vos services l’objectif de 25 000 expulsions en 2007, 26 000 en 2008, 28 000 en 2009, précisant à l’unité près, les quotas dus par chaque préfecture, comme s’il s’agissait de fret. Que n’exprimez-vous vos objectifs en têtes ou en quintaux ?

Une expulsion est un cataclysme. C’est tout à la fois une arrestation inopinée, un emprisonnement, la privation de son logement, un licenciement minute, la spoliation de la totalité de ses biens, parfois la séparation brutale d’avec son conjoint et ses enfants, la dislocation de tout lien avec son milieu et ses amis et une reconduite contrainte, éventuellement assortie de violences. C’est une humiliation totale dont on ne se remet pas.

Le pays dans lequel on avait placé son espoir d’une existence nouvelle, qu’on avait parfois bataillé des années pour rejoindre, vous rejette, vous expulse et vous dépose comme un déchet, sans bagage, sur un tarmac où personne ne vous attend. Même quand les expulsés ont des proches au pays, il arrive que la honte les empêche de les rejoindre : celui qui faisait vivre toute une famille est devenu une charge. Nombre d’expulsés finissent désespérés, désocialisés, à la rue, mendiants, fous ou suicidés.

Ces ravages ne sont ni des accidents, ni des faux frais de votre politique. Ils sont son essence même.

Définissant le rôle de votre ministère dans une lettre aux évêques de France, vous assuriez : « Il faut […] adresser un message clair aux candidats à l’émigration, en leur démontrant que la clandestinité est une voie sans issue ». Comment faire cette démonstration ? Toute l’histoire en témoigne, les seuls « messages clairs » susceptibles de faire fuir une population de là où elle est établie ou de l’empêcher de se rendre là où elle espère un avenir sont la violence et la terreur. La société française n’est aujourd’hui pas prête à accepter le recours à la violence ouverte. Heureusement. Mais la longue liste des situations choquantes de brutalité engendrées par votre politique témoigne du risque d’une dérive.

Quelques exemples, en quelques mois, à Paris. 20 janvier 2008, Sena, 9 ans, passait 24h, seul, enfermé chez lui, terrorisé. Son père sans papiers était en garde à vue au commissariat du 10e. 8 février, Osman, 2 ans et demi était seul pendant 3 jours, son père en rétention à Vincennes, sa mère à l’hôpital en train d’accoucher. 4 mars, Cécile, 6 ans et Sylvie, 5 ans, étaient seules, leurs parents en garde à vue au commissariat du 20e… Mars, Jennifer, 2 ans et Yasmina, 2 mois et demi, seules pendant 15 jours,leurs parents en rétention, lui à Vincennes, elle à Cité… 27 mai 2008, Jeanne, 2 ans seule, son père en rétention à Vincennes, sa mère alors au Sénégal…

A chaque fois, la police était informée que les enfants étaient seuls. A chaque fois, des parents, amis, militants du RESF ont veillé à la sécurité des enfants ; Samir, 19 ans, élève du LP de Villeneuve sur Lot expulsé moins de 24 heures après son arrestation sur une convocation piège. Des arrestations au domicile de familles entières.

240 enfants en rétention en 2007. Yvan, Tchétchène de 12 ans, rendu invalide après être passé par la fenêtre à Amiens en août 2007 pour n’avoir pas affaire à la police française. Chunlan Zhang tuée à Belleville dans les mêmes circonstances. John Maïna, 19 ans, suicidé en février 2008 en apprenant que l’asile lui était refusé, Baba Traoré, 29 ans, noyé dans la Marne en avril 2008 pour échapper à un contrôle de police.

Ces morts, ces drames, ces automutilations, ce désespoir qu’engendre votre action ne vous hantent-ils pas ? Etes-vous fier d’imposer de telles missions à vos services ?

Il vous arrive d’en dire peut-être plus que vous ne le souhaiteriez. C’est ainsi que vous déclariez dans Le Figaro du 25 avril 2008 : « Si mon souci est de répondre aux besoins des secteurs en pénurie de main d’oeuvre, j’ai aussi le devoir d’accompagner l’ensemble de la communauté nationale vers l’emploi. […] Dois-je laisser sur le bord de la route des étrangers qui ont fait l’effort d’entrer légalement sur le territoire, de satisfaire le parcours d’intégration ? Faut-il sacrifier leurs enfants nés ici ? […].

Discours stupéfiant. Est-ce à dire qu’il y aurait des emplois « réservés » ? Occupés par des sans papiers aujourd’hui, ils seraient « offerts » aux immigrés en situation régulière ou à « leurs enfants nés ici », c’est-à-dire Français pour la plupart mais n’ayant pas la tête à l’être assez pour qu’on ne leur propose pas les emplois dévolus aux immigrés. Jusqu’à combien de générations ? A trop finasser on s’expose à laisser échapper une sottise … ou le fond de sa pensée ? Il serait utile que vous vous expliquiez clairement et le cas échéant, vous corrigiez ces propos.

La directive « retour » que vous avez adoptée avec vos collègues de l’Union européenne place les étrangers sans papiers dans des conditions proches de celle de l’état de siège : jusqu’à dix-huit mois d’internement pour le seul fait d’avoir franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe ; rétention et expulsion de mineurs et de personnes vulnérables (femmes enceintes, personnes âgées, victimes de torture…) ; possibilité d’expulser des personnes vers un pays de transit, même en l’absence de lien avec ce pays ; interdiction de retour sur le territoire européen pour une durée de cinq ans de ceux ayant été expulsés ; absence d’obligation de fournir un titre de séjour aux étrangers souffrant de maladies graves ; application aux mineurs isolés de l’ensemble de ces mesures.

Les objectifs que vous dites vouloir assigner à la présidence française (interdiction des régularisations, renforcement des actions policières, discours sur l’aide au développement, identiques depuis 1970) sont dangereux et, de plus, inefficaces.

Selon les chiffres de votre ministère, de 200 à 400 000 étrangers sans papiers vivent en France. Il vous faudrait de 8 à 16 ans pour les expulser tous, au rythme de 25 000 par an, à supposer qu’il n’y ait ni naissance, ni entrée nouvelle.

L’action du RESF depuis quatre ans a contribué à mettre en évidence une évolution profonde de la société française, l’acceptation de ce qu’elle est, une société diversifiée du point de vue de ses origines.

Le courant auquel vous vous rattachez prétend par calcul politicien enrayer cette tendance de fond. A cette fin, il recourt à des moyens attentatoires aux droits de l’Homme et à la dignité. Nous sommes convaincus que si d’aventure un manuel d’histoire consacre un jour quelques lignes à votre action, elles ne vous feront pas honneur.

Ajoutons, pour finir que rien dans vos récentes déclarations ne laisse augurer un changement de votre politique ni même l’ouverture d’un dialogue dont la seule fonction à vos yeux semble être une opération de communication en prélude à la présidence française de l’Union européenne.

Ces raisons, entre autres, nous font décliner votre proposition d’audience.

Nous vous prions, Monsieur le ministre, d’agréer l’expression de la considération que mérite votre politique.

Pour le Réseau Éducation Sans Frontières

Richard Moyon

Quelques googleries ça faisait un moment

Je ne me lasse pas de la page où s’affichent les mots-clés tapés pour venir ici. Ça se réparti en diverses catégories : les fans de cinoche qui cherchent une affiche, les inquiets divers les obsédés sexuels et les franchement bizarres. Rien que cette semaine :

  • magnifiques dessins corps de femmes
  • les belle image des femme apoile
    J’ai rapproché ces deux là parce que évidemment ils cherchaient la même chose, mais on sent la différence dans la motivation
  • femme a poile non payant
    pervers et radin, jte jure y’en a…
  • la boite d’une femme
    Comme vous je suis perplexe
  • petite filles punies movie
    des fois tu te demandes comment les moteurs font pour trouver ce genre de rapport
  • police pénélope jolicoeur
    D’ac j’ai parlé de police, et j’ai parlé de Pénélope, mais qui recherche les deux à la fois ?
  • combien de mort a vauvert
    Je ne sais pas non plus, mais je suis surpris qu’on me pose la question
  • secte boudhiste chapitre bastille
    C’est précis, mais j’aimerais bien savoir comment c’est arrivé ici…
  • nuisance pepe
    Un autre qui me laisse perplexe…
  • blog fetiche de la cigarette
    Non, je ne suis pas fétichiste de la clope, m’enfin faut arrêter avec ça, je suis juste drogué, y’a une nuance.
  • combien de clopes pour chopper le cancer
    Vous croyez qu’il a l’intention d’arrêter à (combien-1) ?

Ce qu’il y a de curieux, c’est que mes diatribes anti-sarkozystes, elles, ne ramènent quasiment rien. Tu me diras, maintenant qu’il y a un petit con au gouvernement pour visiter les blogs qui causent du nain, ça pourrait changer… (tain, si tu réfléchis bien, j’ai mis les mots «Sarkozy», «pervers»,«secte», «femmes à poil», «drogué», «nuisance» et «fétiche» dans le même billet. J’entends déjà les chemises brunes qui frappent à ma porte :D))

Amère victoire

Bon, ca y est, la droite s’est pris une pilée aux municipales. C’est réjouissant dans un sens, certes. le PS reprends du poil de la bête et parade un peu, le nain se fait discret, voire digne (un quasi exploit). Mais et maintenant ?

Maintenant on a 4 ans devant nous sans échéance électorale. Une campagne pour la présidentielle, ça commence un an avant, et c’est la période où le gouvernement flatte la plèbe. Donc, pour les 3 ans à venir le gouvernement, doté d’une confortable majorité à la chambre a les mains entièrement libres pour mener la politique qu’il entend.

Et il ne s’est pas privé de le faire savoir et d’expliquer que la défaite de l’UMP aux municipales c’est parce que les français attendent davantage de réformes et qu’ils vont s’empresser de les faire. En d’autre termes, « on continue comme si de rien n’était et si vous n’êtes pas contents qu’est-ce que vous voulez que ça nous fasse ? »

A gauche, on se la pète : on a gagné, on a gagné. Mais de programme j’en entends pas trop parler par les socialistes. Pour le moment ils en sont toujours à discrètement se bouffer le nez pour savoir qui va mener leur barque après le congrès. Incapables de se choisir une direction, incapables de proposer une alternative viable au niveau national, le PS est à mes yeux tout aussi inexistant aujourd’hui qu’il y a 15 jours, et ce n’est pas le résultat des municipales qui va y changer grand chose.

La seule note positive dans tout ça c’est qu’aux cantonales la gauche s’est gavée. Et que les sénatoriales sont en septembre. Comme les sénateurs sont élus par un collège de grands électeurs où les représentants des conseils généraux et municipaux figurent en bonne place, il n’est pas impossible que le Sénat se teinte fortement en rose, d’autant que si j’ai bien tout suivi en 2008 le sénat inaugure une nouvelle répartition électorale en deux séries qui va renouveler sa composition non plus par tiers, mais par moitié tous les 6 ans, l’autre moitié étant élue en 2011.

On pourrait donc se retrouver avec une forte progression à gauche du Sénat, voire dès 2011 un sénat tout à gauche, un fait inédit dans l’histoire de la Ve république, qui serait alors en position de contrebalancer la politique gouvernementale.

L’opposition systématique du sénat à sa politique avait déjà conduit de Gaulle à la démission en 1969… On peut rêver non ?

Mais en attendant ce scénario un peu utopique, messieurs Bouygues, Bolloré et consorts se frottent les mains, le nain leur réserve de beaux jours et nous on va s’en prendre plein la gueule pour pas un rond (oui oui, là il faut entendre « pas un rond » dans son sens le plus littéral).

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