Des tricheurs, des menteurs, des voleurs, des prévaricateurs et des obsédés sexuels

Mr-Smith-goes-to-Washington

La classe politique, dans son ensemble, s’ébaubit « Quoi comment le citoyen, les force vives de la nation, les électeurs s’abstiendraient ? Mais diantre qu’est-ce qui peut bien motiver ce désintérêt pour notre travail désintéressé, l’abnégation au quotidien dont nous faisons montre dans les épreuves douloureuses que nous traversons sur les bancs de l’assemblée et du Sénat ? Tiens, rien que l’autre jour Raffarin m’a piqué la dernière crème brûlée sous le nez à la cantine de l’assemblée, c’est dire tout de même comme c’est dur pour nous! ».

Bon je paraphrase un peu, mais vous voyez l’idée. Le politique, innocent comme l’agneau, s’étonne, au point que d’aucuns (je ne cite personne mais je pense à un député écolo qui cherchait à sortir de l’ombre) voudraient établir l’obligation de voter, fustiger l’abstentionniste, les coller au pilori et les bombarder de tomates pourries, les dénoncer à la vindicte populaire, leur raser la tête (Ok ok je m’emporte encore, mais vous voyez l’idée là aussi).

Et là, je voudrais rétorquer à nos amis dont c’est le métier de nous gouverner (déjà que ce soit un métier, passé quasiment de père en fils ça me chatouille de travers quelque part, y’a pas eu une espèce de protestation populaire y’a un peu plus de deux siècles à ce propos ?), je voudrais leur opposer donc ces quelques mots :

« Eh Pomme, si tu faisais ton boulot consciencieusement au lieu de te remplir les fouilles, de lutiner la gazelle ou de réfléchir à comment tu pourrais bien bourrer les urnes sans te faire prendre la main dans le sac, si t’agissais pour tes administrés au lieu de pour ton ton compte en banque, la nouvelle Jaguar de ta femme, le loyer que tu paies fictivement à une boite domiciliée à Vaduz pour ton modeste 36 pièces à Agadir.

Si t’arrêtais juste un peu de tous nous prendre pour des imbéciles ou des moutons pendant que tes mioches fréquentent les rallyes et le lycée Henry IV où ils apprendront l’esprit de caste.

Si au lieu de nous pourrir la vie en vendant ta voix (celle que NOUS t’avons donnée, le mandat que tu détiens en NOTRE nom) aux lobbies les plus offrants, qu’il soient pharmaceutiques, du divertissement, de l’armement, du nucléaire de l’alimentation ou de la surveillance, tu commençais à la place à réfléchir honnêtement à des solutions pour nous la rendre plus douce la vie, moins pénible.

Si tu nous démontrais, par tes actes, pas par tes postures bravaches devant les caméras de télé, que tu as à cœur nos intérêts et pas ceux de Monsanto ou de coca-cola, si tu venais de temps en temps poser ton gros cul bouffi par la bonne chère que tu t’enfiles à longueur de temps dans les bonnes cantines parisiennes, sur les bancs de l’Assemblée ou du Sénat pour voter en ton âme et conscience contre les lois scélérates que les gouvernements successifs nous imposent, fort de l’indifférence générale et des consignes du parti, alors ouais, peut être nous chatouillerait à nous autres de nouveau le désir d’exercer nos droits civiques (oui, droit au passage ducon, du genre, j’ai le droit, de vouloir – ou pas – voter pour ta face de raie). »

En d’autres termes, vous l’aurez compris je souffre, et pas que moi – non parce que si ce n’était que moi, ce serait pas grave, on me diagnostiquerai névrosé, on me foutrais dans un asile, on jetterais la clé et voilà, problème réglé. Mais nan, là c’est un peux dur de foutre 51 % des électeurs à l’asile ou en taule.. (remarque il faudrait en construire plein, ça relancerait l’emploi. Allez mon flamby, je te fais même pas payer le brevet sur l’idée, c’est cadeau) mais je digresse et je m’égare, qu’est-ce que je disais déjà ? Ah oui – Je souffre, donc, d’une grave crise de confiance dans la classe politique, toutes obédiences confondues hein, de Méluche à Marine, je jette dans le même sac.

Et pour répondre a l’édito de Charlie de cette semaine (ouais le cafetier de la brasserie où je déjeune s’est abonné après les attentats alors je le lis de nouveau) ce n’est pas l’utilité de mon vote que je met en question. C’est le fait que voter pour qui que ce soit de ces empaffés me dégoûte profondément.

Bon de là à cautionner un Chouard, petit maître de l’a peu-près, y’a aussi un gouffre genre le grand Canyon hein ? Me faite pas dire ce que je ne pense pas. Mais mon abstention (outre le fait que ça me permet de zoner en pantoufles un dimanche sans avoir à mettre le nez dehors, j’ai pas honte), c’est aussi une déclaration : j’ai tellement perdu confiance dans le système que même voter blanc, ça me hérisse.

Est-ce que j’ai une solution, une alternative ? une idée même vague de comment sortir de ce merdier ? Non, aucune. Mais je commence à être plus que sérieusement agacé dirons-nous.

(Vous noterez que je n’ai cité personne, hein ? Pour les détails croustillants de qui prévarique ou de qui viole qui, reportez vous aux entrefilets de 3e page de vos canards habituels, au Canard Enchaîné, à MediaPart à Reflets, et à deux trois autres, n’importe quel jour de la semaine, ou à peu près)