Amère victoire

Bon, ca y est, la droite s’est pris une pilée aux municipales. C’est réjouissant dans un sens, certes. le PS reprends du poil de la bête et parade un peu, le nain se fait discret, voire digne (un quasi exploit). Mais et maintenant ?

Maintenant on a 4 ans devant nous sans échéance électorale. Une campagne pour la présidentielle, ça commence un an avant, et c’est la période où le gouvernement flatte la plèbe. Donc, pour les 3 ans à venir le gouvernement, doté d’une confortable majorité à la chambre a les mains entièrement libres pour mener la politique qu’il entend.

Et il ne s’est pas privé de le faire savoir et d’expliquer que la défaite de l’UMP aux municipales c’est parce que les français attendent davantage de réformes et qu’ils vont s’empresser de les faire. En d’autre termes, « on continue comme si de rien n’était et si vous n’êtes pas contents qu’est-ce que vous voulez que ça nous fasse ? »

A gauche, on se la pète : on a gagné, on a gagné. Mais de programme j’en entends pas trop parler par les socialistes. Pour le moment ils en sont toujours à discrètement se bouffer le nez pour savoir qui va mener leur barque après le congrès. Incapables de se choisir une direction, incapables de proposer une alternative viable au niveau national, le PS est à mes yeux tout aussi inexistant aujourd’hui qu’il y a 15 jours, et ce n’est pas le résultat des municipales qui va y changer grand chose.

La seule note positive dans tout ça c’est qu’aux cantonales la gauche s’est gavée. Et que les sénatoriales sont en septembre. Comme les sénateurs sont élus par un collège de grands électeurs où les représentants des conseils généraux et municipaux figurent en bonne place, il n’est pas impossible que le Sénat se teinte fortement en rose, d’autant que si j’ai bien tout suivi en 2008 le sénat inaugure une nouvelle répartition électorale en deux séries qui va renouveler sa composition non plus par tiers, mais par moitié tous les 6 ans, l’autre moitié étant élue en 2011.

On pourrait donc se retrouver avec une forte progression à gauche du Sénat, voire dès 2011 un sénat tout à gauche, un fait inédit dans l’histoire de la Ve république, qui serait alors en position de contrebalancer la politique gouvernementale.

L’opposition systématique du sénat à sa politique avait déjà conduit de Gaulle à la démission en 1969… On peut rêver non ?

Mais en attendant ce scénario un peu utopique, messieurs Bouygues, Bolloré et consorts se frottent les mains, le nain leur réserve de beaux jours et nous on va s’en prendre plein la gueule pour pas un rond (oui oui, là il faut entendre « pas un rond » dans son sens le plus littéral).

1 Comment

  1. May Nat · 1 avril 2008

    ben et les Eurockéennes, c’est pas une échéance electrorâle, ça ?